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Intimidation et provocation, Trump n'a pas changé de ton diplomatique
Donald Trump a continué mardi à avancer l'idée d'une vaste expansion territoriale des Etats-Unis, sans qu'il soit possible de dire s'il s'agit de projets sérieux ou de provocations destinées à arracher des concessions économiques ou politiques.
Il a proféré des menaces économiques contre le Canada, et refusé d'exclure l'option militaire pour le canal de Panama et le Groenland, dans des déclarations qui sont remontées jusqu'aux Nations-Unies.
Interrogé sur le scénario inouï d'une annexion par la force de ces deux territoires par les Américains, le porte-parole du secrétaire général de l'ONU a dit: "La charte (des Nations-unies) pose très clairement la nécessité pour tout Etat-Membre de respecter l'intégrité territoriale des autres membres."
Concernant l'axe maritime très stratégique d'Amérique centrale et l'immense territoire arctique, Donald Trump a jugé que tous deux étaient "très importants pour la sécurité économique" des Etats-Unis pendant une conférence de presse.
"Je ne peux pas vous l'assurer sur aucun des deux", a en particulier déclaré le président élu, interrogé sur un éventuel recours aux forces armées pour annexer le canal de Panama et le Groenland.
"C'est la Chine, la Chine, qui gère" le canal de Panama, a assuré le républicain de 78 ans, qui prêtera serment le 20 janvier, à propos de cette artère qui appartient à l'Etat souverain du Panama.
Concernant le Groenland, il a assuré qu'en prendre le contrôle était une question de "sécurité nationale", en évoquant des mouvements de bateaux russes et chinois, et a menacé le Danemark de droits de douanes "très élevés" s'il ne renonçait pas à ce territoire autonome.
Si la fixation de Donald Trump sur le Panama est relativement nouvelle, son intérêt pour le Groenland ne l'est pas: il avait déjà évoqué l'idée d'acheter l'île pendant son premier mandat, s'attirant un sec refus des autorités locales. Son fils Donald Jr. s'y trouvait en voyage privé mardi.
Concernant le Canada, en pleine transition politique depuis que le Premier ministre Justin Trudeau a annoncé lundi sa démission, Donald Trump a exclu d'envoyer l'armée. Mais il a menacé de faire usage de la "force économique" après avoir affirmé la veille qu'il était dans l'intérêt du pays de devenir le "51e Etat" américain.
"Ce serait vraiment quelque chose de se débarrasser de cette ligne artificiellement tracée", a-t-il lancé à propos de la frontière américano-canadienne, avant de détailler ses griefs contre le grand voisin du Nord, accusé de profiter à bon compte d'une très coûteuse protection militaire des Etats-Unis.
Pendant son premier mandat déjà, le républicain avait développé un discours présentant les alliés des Etats-Unis sous les traits de profiteurs qu'il allait remettre au pas, en jonglant comme il l'a fait mardi, entre ambiguïté et provocation.
Il est impossible de dire à ce stade si Donald Trump, qui va devenir le 47ème président américain le 20 janvier, envisage sérieusement d'augmenter le territoire des Etats-Unis, y compris en utilisant l'armée, ou si ces sorties fracassantes servent seulement à établir un rapport de force pour obtenir des concessions économiques ou politiques.
M.King--AT