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La droite adoube Barnier et exige une "rupture", Macron plaide pour une "ère nouvelle" et des "compromis"
La droite annonce la couleur, Emmanuel Macron espère des "compromis": en promettant à Michel Barnier leur "soutien très clair" en échange d'une politique de "rupture", Les Républicains (LR) ont engagé jeudi le rapport de force avec le camp macroniste, partenaire pourtant indispensable dans le futur gouvernement.
Dans sa première prise de parole sur ce dossier depuis la nomination du nouveau Premier ministre, le président de la République a évoqué une "ère nouvelle" avec un Parlement fragmenté, situation qui va "supposer des compromis" entre les forces politiques.
Mais à l'autre bout de la France, en Haute-Savoie où ils organisaient leurs journées parlementaires, Les Républicains ont tenu tout sauf un discours de "compromis", après avoir reçu Michel Barnier en grande pompe au bord du lac d'Annecy, dans une atmosphère de réunion de famille.
"Les Français ne veulent pas que ça continue comme avant. Ils veulent qu'il y ait de la rupture (...) On a besoin d'une politique de droite pour qu'il n'y ait pas de hausse d'impôts, pour qu'il y ait plus de sécurité, pour qu'il y ait moins d'immigration", a martelé le chef des députés LR Laurent Wauquiez, promettant à M. Barnier le "soutien très clair" de tous ses parlementaires.
"Désormais on a la certitude qu'on aura un Premier ministre qui ne sera pas un collaborateur mais un Premier ministre de plein exercice" avec "les coudées franches", a poursuivi le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, estimant que cette nomination ouvrait le chapitre d'une "cohabitation".
Ce même parti qui refusait encore catégoriquement d'entrer au gouvernement il y a de cela quelques jours, s'y engouffre désormais sans tergiverser...
- "Domaines partagés" -
Le discours du nouveau locataire de Matignon, fermé à la presse, semble avoir séduit la droite. "Vous êtes maintenant les bienvenus à Matignon" et "Matignon sera votre maison", leur a-t-il notamment dit, selon plusieurs participants.
Le Premier ministre a également indiqué qu'il reprendrait une partie du "pacte législatif" préparé durant l'été par la droite. Et relancé le débat sur la répartition des rôles avec l'Elysée: à ses yeux, il n'y a "pas de domaines réservés" au président de la République, mais des "domaines partagés"...
Voilà qui devrait alimenter encore la gourmandise des Républicains, dont les noms fleurissent pour de nombreux ministères depuis plusieurs jours - M. Wauquiez à l'Intérieur, M. Retailleau à la Justice, la secrétaire générale Annie Genevard à l'Education...
En début de soirée, une source LR, ambitieuse, réclamait "entre un quart et un tiers des ministres", mais aussi "une cohérence entre l'Intérieur, la Justice et Bercy".
Mais avec seulement 47 élus à l'Assemblée, bien loin des 166 députés du "bloc central" et encore plus de la majorité absolue fixée à 289 élus, la droite pourra-t-elle obtenir tous ces postes ?
Or entre le parti macroniste Renaissance, le parti Horizons d'Edouard Philippe et le MoDem, tous rencontrés entre mardi et mercredi, le nouveau chef de gouvernement doit composer avec des nuances très diverses.
- "Eviter les surenchères" -
Le chef des députés MoDem, Marc Fesneau, a en effet insisté jeudi sur la nécessité "d'éviter les surenchères". "Personne n'imaginerait que Les Républicains à eux seuls préemptent les postes importants", a-t-il prévenu, exigeant un "équilibre gouvernemental".
Le bureau exécutif de Renaissance, réuni mercredi soir, n'a lui toujours pas acté sa participation, préférant poursuivre les "discussions programmatiques" et érigeant en "impératif" la présence de la gauche comme de la droite et du centre dans la nouvelle équipe...
Une équation complexe, alors que la gauche balaye pour le moment toutes les approches et aura du mal à être convaincue par la position droitière assumée de Laurent Wauquiez.
"Je vais constituer le gouvernement la semaine prochaine avec des ministres sérieux et un gouvernement qui sera équilibré, représentatif, pluriel et naturellement (avec) ma famille politique", a-t-il affirmé, promettant par exemple de "maîtriser" l'immigration avec "de la rigueur et de la ténacité" mais aussi avec "humanité".
arz-are-bpa-gbh-ama/hr/cbn
P.Hernandez--AT