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Les Républicains adoubent Barnier et exigent une "politique de droite"
La droite annonce la couleur: en promettant à Michel Barnier leur "soutien très clair" en échange d'une "politique de droite" et de "rupture", Les Républicains (LR) ont engagé jeudi le rapport de force avec le camp macroniste, partenaire pourtant indispensable dans le futur gouvernement, dont l'équilibre reste périlleux à trouver.
Une réunion en grande pompe au bord du lac d'Annecy, des sourires et des accolades chaleureuses. Le nouveau Premier ministre a été reçu comme un membre de la famille lors des journées parlementaires du parti gaulliste, dont il est issu.
Ce même parti qui refusait encore catégoriquement d'entrer au gouvernement il y a de cela quelques jours, s'y engouffre désormais sans tergiverser... Mais avec ses idées.
"Les Français ne veulent pas que ça continue comme avant. Ils veulent qu'il y ait de la rupture (...) On a besoin d'une politique de droite pour qu'il n'y ait pas de hausse d'impôts, pour qu'il y ait plus de sécurité, pour qu'il y ait moins d'immigration", a lancé le chef des députés LR Laurent Wauquiez après la visite de Michel Barnier, lui promettant le "soutien très clair" de tous ses parlementaires.
"Désormais on a la certitude qu'on aura un Premier ministre qui ne sera pas un collaborateur mais un Premier ministre de plein exercice" qui aura "les coudées franches", a poursuivi le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, estimant que cette nomination ouvrait le chapitre d'une "cohabitation".
- "Domaines partagés" -
Le discours du nouveau locataire de Matignon, fermé à la presse, semble avoir séduit la droite. "Vous êtes maintenant les bienvenus à Matignon" et "Matignon sera votre maison", leur a-t-il notamment dit, selon plusieurs participants.
Le Premier ministre a également indiqué qu'il reprendrait une partie du "pacte législatif" préparé durant l'été par la droite. Et relancé le débat sur la répartition des rôles avec l'Elysée: à ses yeux, il n'y a "pas de domaines réservés" au président de la République, mais des "domaines partagés"...
Voilà qui devrait alimenter encore la gourmandise des Républicains, dont les noms fleurissent pour de nombreux ministères depuis plusieurs jours - M. Wauquiez à l'Intérieur, M. Retailleau à la Justice, la secrétaire générale Annie Genevard à l'Education...
En début de soirée, une source LR, ambitieuse, réclamait "entre un quart et un tiers des ministres", mais aussi "une cohérence entre l'Intérieur, la Justice et Bercy".
Mais avec seulement 47 élus à l'Assemblée, bien loin des 166 députés du "bloc central" et encore plus de la majorité absolue fixée à 289 élus, la droite pourra-t-elle obtenir tous ces postes ?
C'est tout le casse-tête auquel se heurte Michel Barnier au coeur d'une semaine d'intenses consultations avec les différentes forces politiques.
Et face à la montée des enchères de la droite, certains s'interrogent.
- "Eviter les surenchères" -
Le chef des députés MoDem, Marc Fesneau, a en effet insisté jeudi sur la nécessité "d'éviter les surenchères". "Personne n'imaginerait que Les Républicains à eux seuls préemptent les postes importants. Ce n'est pas la logique des choses", a-t-il prévenu, assurant qu'il n'y aurait "pas de majorité qui se construise sans qu'il y ait un équilibre gouvernemental".
Si le président du MoDem, François Bayrou, a assuré que ses troupes pourraient participer au gouvernement, le bureau exécutif de Renaissance, réuni mercredi soir, ne l'a en revanche pas formellement acté.
Le mouvement souhaite en effet poursuivre les "discussions programmatiques" et a érigé en "impératif" la présence de la gauche comme de la droite et du centre dans la nouvelle équipe... Une équation complexe, alors que la gauche balaye pour le moment toutes les approches et aura du mal à être convaincue par la position droitière assumée de Laurent Wauquiez.
De son côté, Michel Barnier a promis que "chacun aura sa place" dans la future équipe.
"Je vais constituer le gouvernement la semaine prochaine avec des ministres sérieux et un gouvernement qui sera équilibré, représentatif, pluriel et naturellement (avec) ma famille politique", a-t-il affirmé, promettant par exemple de "maîtriser" l'immigration avec "de la rigueur et de la ténacité" mais aussi avec "humanité".
Pendant ce temps, Emmanuel Macron, qui a promis d’être en retrait, sera néanmoins jeudi soir au Havre aux côtés d'Edouard Philippe, un allié avec lequel les relations se sont à nouveau refroidies depuis l’annonce par le patron d’Horizons de sa candidature à l’Elysée.
arz-are-bpa-gbh-ama/hr/vk
W.Morales--AT