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Gaza: au moins 19 morts dans un raid israélien sur une zone humanitaire selon le Hamas
Le ministère de la Santé du Hamas a affirmé qu'au moins 19 personnes avaient été tuées mardi dans une frappe israélienne sur une zone humanitaire à Gaza, Israël affirmant y avoir visé des chefs militaires du mouvement palestinien, au 12e mois de la guerre.
Le patron de l'ONU Antonio Guterres a condamné les frappes dans la zone d'Al-Mawassi abritant des déplacés palestiniens et jugé "inadmissible le recours aux armes lourdes dans des zones densément peuplées". Londres a jugé les décès "choquants", la Turquie a dénoncé un "crime de guerre", l'Egypte a condamné "la poursuite des massacres israéliens" et l'Arabie saoudite "la poursuite du génocide israélien".
La guerre à Gaza a été déclenchée par une attaque sans précédent menée le 7 octobre par le mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien à partir de Gaza. En riposte, Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de bombardements aériens suivie d'une offensive terrestre qui ont dévasté le territoire palestinien et fait des dizaines de milliers de morts.
Désormais, le Hamas mène une "guérilla et nous combattons toujours les terroristes du Hamas et traquons" ses dirigeants, a-t-il dit.
Alors que la guerre ne connaît pas de répit, le ministère de la Santé du Hamas a affirmé qu'au moins 19 Palestiniens avaient été tués dans des frappes israéliennes avant l'aube qui ont touché des tentes de déplacés à Al-Mawassi (sud).
Les morts ont été identifiés dans divers hôpitaux, a-t-il ajouté dans un communiqué. Mais "des victimes se trouvent toujours sous les décombres, sous le sable et sur les routes. Les ambulances et les équipes de la protection civile ne peuvent pas les atteindre".
Plus tôt, un responsable de la Défense civile, Mohammed Al-Mughair, a fait état de 40 morts dans ces frappes.
- "Cratères profonds" -
"Des familles entières ont disparu sous le sable, dans des cratères profonds", a déclaré un porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal.
L'armée a indiqué avoir mené une "frappe de précision" contre des "cadres du Hamas" à al-Mawassi, un secteur côtier qu'elle avait désigné "zone humanitaire" où se sont réfugiés des Palestiniens appelés à évacuer les secteurs ciblés par les bombardements israéliens.
Le Hamas a démenti la présence de combattants dans la zone proche de Khan Younès.
- "Qu'ils nous exterminent!" -
"Ils (l'armée israélienne) nous ont dit de venir à al-Mawassi, nous sommes venus. Il n'y a que des tentes ici, des abris, et puis les missiles tombent sur nos têtes", a dit à l'AFP un déplacé palestinien.
Devant l’hôpital Nasser de Khan Younès, où des victimes ont été transférées, Taghreed Abou Assi, désespérée, raconte avoir identifié le corps de sa soeur. "Mon message au monde: s'ils veulent nous exterminer, qu'ils le fassent, parce que nous sommes épuisés et impuissants."
L'armée israélienne a précédemment ciblé al-Mawassi. En juillet, selon les autorités sanitaires, plus de 90 personnes avaient péri dans des frappes, Israël affirmant ensuite y avoir tué le chef militaire du Hamas, Mohammed Deif.
Ailleurs dans la bande de Gaza, des bombardements israéliens meurtriers ont touché al-Bureij (centre) et Khan Younès.
"Nous avons été tués de toutes les manières imaginables, nous avons connu toutes sortes de mort (...) Le monde ne réagit pas. Nous n'avons que Dieu pour nous aider", a déclaré un habitant, Mohammed Awad, au milieu des destructions à Bureij.
Le 7 octobre, des commandos du Hamas ont mené une attaque dans le sud d'Israël qui a entraîné la mort de 1.205 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.
Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 97 sont toujours retenues à Gaza, dont 33 ont été déclarées mortes par l'armée.
Les représailles israéliennes ont fait au moins 41.020 morts à Gaza,selon un bilan du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, provoqué un désastre humanitaire et sanitaire et le déplacement de la quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants assiégés.
S.Jackson--AT