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L'opposant vénézuélien González Urrutia en Espagne pour continuer "la lutte"
Soutenu par Madrid, qui a de nouveau assuré lundi que l'asile politique lui serait accordé, l'opposant vénézuélien Edmundo González Urrutia a promis de continuer "la lutte pour la liberté" depuis son exil en Espagne, où il espère rencontrer prochainement le Premier ministre Pedro Sánchez.
M. González Urrutia, poursuivi dans son pays après avoir contesté la réélection controversée en juillet du chef de l'Etat Nicolas Maduro, a quitté le Venezuela avec son épouse à bord d'un avion militaire espagnol qui s'est posé dimanche après-midi à la base aérienne de Torrejon de Ardoz, près de Madrid.
Dans un court message audio de 40 secondes, l'ancien ambassadeur de 75 ans a dans la soirée fait part "d'épisodes de pression, de coercition et de menaces de ne pas (le) laisser partir", sans donner de détails.
M. Gonzalez Urrutia avait ignoré trois convocations devant les procureurs, estimant que sa comparution aurait pu lui coûter sa liberté.
Il a souhaité "demander l'asile" politique, "qui va lui être bien entendu accordé", a souligné lundi le chef de la diplomatie espagnol, José Manuel Albares, sur la radio Onda Cero.
"Il n'y a eu aucune négociation politique d'aucune sorte entre le gouvernement espagnol et le gouvernement vénézuélien, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de contrepartie pour qu'Edmundo González puisse quitter le pays", a aussi assuré José Manuel Albares.
Mis à part son court message diffusé dimanche en fin de journée, Edmundo González Urrutia est resté discret depuis son arrivée en Espagne. Des sources proches de l'opposant vénézuélien ont expliqué à l'AFP qu'il ne ferait pas de déclaration publique avant de rencontrer José Manuel Albares et le Premier ministre Pedro Sánchez, tous les deux actuellement en visite officielle en Chine.
- "Aucun scrupule" -
Les Etats-Unis, par la voix du chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, avaient apporté dès dimanche leur soutien dès dimanche à Edmundo González Urrutia, condamnant "fermement la décision de (Nicolas) Maduro de recourir à la répression et à l'intimidation pour s'accrocher au pouvoir".
Après un mois de clandestinité, Edmundo Gonzalez Urrutia a dû fuir pour "préserver sa liberté et sa vie", selon la cheffe de l'opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, fustigeant sur X un "régime (qui) n'a aucun scrupule ni aucune limite dans son obsession de le faire taire et de tenter de le briser".
A Caracas, le procureur général du Venezuela Tarek William Saab, considéré comme aux ordres du pouvoir, a au contraire ironisé sur le départ en Espagne du candidat de l'opposition, évoquant la fin "de saison d'une oeuvre humoristique".
L'opposant vénézuélien était visé depuis le 2 septembre par un mandat d'arrêt, le parquet ayant ouvert des enquêtes pour "désobéissance aux lois", "conspiration, "usurpation de fonctions" et "sabotage".
"Après s'être réfugié volontairement à l'ambassade d'Espagne à Caracas il y a quelques jours, il a demandé l'asile politique au gouvernement espagnol", avait écrit la vice-présidente Delcy Rodriguez sur les réseaux sociaux, assurant que le Venezuela avait accordé les sauf-conduits nécessaires pour son départ "dans l'intérêt de la paix et de la tranquillité politique du pays".
M. Gonzalez Urrutia avait accepté de remplacer au pied levé comme candidat Mme Machado, déclarée inéligible.
- Débat parlementaire à Madrid -
Pour l'opposition espagnole, sa venue en Espagne ne "règle" pas le problème: Alberto Núñez Feijóo, chef de file du Parti populaire (droite), a estimé sur X qu'Edmundo González Urrutia devait être reconnu "président élu" du Venezuela et Nicolas Maduro poursuivi devant la CPI.
Le groupe parlementaire du PP a d'ailleurs déposé une proposition de loi qui sera débattue mardi au Congrès des députés pour faire reconnaître la victoire de M. González Urrutia. Mais le gouvernement, par la voix de sa porte-parole Pilar Alegría, a insisté une nouvelle fois sur l'"absolue nécessité" d'avoir accès aux procès-verbaux des bureaux de vote pour garantir "des résultats fiables" du scrutin.
Nicolas Maduro a été proclamé vainqueur avec 52% des voix par le Conseil national électoral (CNE), qui n'a pas rendu publics les procès-verbaux des bureaux de vote.
Selon l'opposition, qui a publié les procès-verbaux fournis par ses scrutateurs, M. Gonzalez Urrutia a obtenu plus de 60% des voix.
Les Etats-Unis, l'Union européenne et plusieurs pays d'Amérique latine ne reconnaissent pas la réélection de M. Maduro. Une grande partie de la communauté internationale n'avait déjà pas reconnu sa réélection en 2018, à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition qui avait crié à la fraude.
Après l'annonce de la réélection de M. Maduro, des manifestations spontanées ont éclaté. Leur répression a fait 27 morts et 192 blessés, tandis que quelque 2.400 personnes ont été arrêtées, de source officielle.
bur-pgf-vab-mig/mdm/ybl
E.Hall--AT