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Les discussions patinent à gauche sur un nom pour Matignon, Attal prépare son retour à l'Assemblée
Les négociations patinaient vendredi à gauche pour proposer un nom de Premier ministre, sur fond de désaccords entre Insoumis et socialistes, tandis que l'actuel locataire de Matignon Gabriel Attal est bien parti pour prendre la tête du groupe macroniste à l'Assemblée.
Un cinquième jour de tractations débute pour les leaders du Nouveau front populaire, qui ne se hasardent plus à promettre un nom d'ici la fin de semaine.
"Je préfère ne pas fixer de deadline" car "il peut y avoir plus de temps nécessaire pour la discussion", a admis Manuel Bompard sur TF1.
Le calendrier pourrait même s'étirer jusqu'au 18 juillet, quand les députés reviendront à l'Assemblée pour élire leur président, a indiqué le coordinateur de la France insoumise, pour qui Emmanuel Macron a "imposé à tout le monde (cette) date limite" car il aura "besoin de faire démissionner le gouvernement" sortant avant cette échéance.
En attendant, "ce n'est pas parce que la question du Premier ministre n'est pas tranchée que rien n'avance", a assuré Marine Tondelier sur BFMTV/RMC.
"C'est normal que ça prenne un peu de temps", a ajouté la cheffe des écologistes, tout en exposant des divergences au sein de l'alliance: "tout le monde revendique d'être le plus grand groupe", cela "montre que c'est pas un critère évident" pour le choix du futur Premier ministre.
Or c'est bien sur la méthode que "ça coince", explique une source socialiste.
Selon cette source, les Insoumis campent sur la position "le plus grand groupe propose" et sont "arrivés en posant quatre noms sur la table" : le coordinateur national, Manuel Bompard ; la coprésidente de l’Institut La Boétie et députée du Val-de-Marne, Clémence Guetté ; la présidente du groupe à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot; et surtout le fondateur du mouvement, Jean-Luc Mélenchon, très contesté au sein des autres formations de gauche.
"Pour l'instant, les Insoumis ne veulent pas totalement se résoudre à laisser ce poste à un socialiste", reconnaît un proche des négociateurs.
- réunion à l'Elysée -
Le Nouveau Front populaire persiste donc à s'estimer vainqueur des législatives, bien qu'avec 195 députés il lui manque une centaine de sièges pour atteindre la majorité absolue.
Cette situation l'expose à un risque immédiat de censure s'il parvient à former un gouvernement. La patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, a d'ailleurs prévenu que son parti "censurera tout gouvernement où des LFI et des écologistes auraient des responsabilités ministérielles".
Menace également proférée par plusieurs responsables du bloc central, à commencer par Gabriel Attal, qui s'est engagé vendredi à "protéger les Français de tout gouvernement qui compterait des ministres issus du RN ou de LFI", dans sa profession de foi pour la présidence du groupe Renaissance à l'Assemblée.
Le Premier ministre sera "probablement le seul candidat", a indiqué sur France 2 l'ex-chef des députés macronistes Sylvain Maillard. Ce vote, qui devrait donc être sans suspense, est prévu samedi matin.
En attendant, Emmanuel Macron, à peine rentré d'un sommet de l'Otan à Washington, va recevoir à l'Elysée à 11H30 plusieurs ténors du groupe, selon des sources concordantes. Gabriel Attal, Gérald Darmanin et Elisabeth Borne devraient notamment être présents, a précisé l'une d'entre elles.
Gabriel Attal pourrait prochainement présenter sa démission mais être maintenu par Emmanuel Macron encore quelques temps pour gérer les "affaires courantes", et notamment la période cruciale des JO.
Le chef de l'Etat a esquissé cette hypothèse cette semaine dans une "lettre aux Français", le temps aussi que "les forces républicaines" puissent "bâtir des compromis".
Une volonté de temporiser partagée par le président du Sénat Gérard Larcher qui a suggéré de maintenir l'équipe en place jusqu'en septembre, afin "d'enjamber" les Jeux olympiques et paralympiques.
Ce que conteste évidemment la gauche. "On peut pas passer tout l'été à attendre", a soupiré Marine Tondelier, jugeant que "le gouvernement Attal n'a plus de légitimité".
"Aucune solution n'est satisfaisante, à part au mieux une sorte de gouvernement technique sans étiquette politique", a pour sa part estimé le vice-président du RN, Sébastien Chenu, accusant sur RMC Emmanuel Macron d'avoir "réussi à bloquer les institutions de la cinquième république".
R.Garcia--AT