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Les manoeuvres s'accélèrent dans le camp présidentiel, Macron s'adresse aux Français
Mains tendues vers la droite, appels du pied à gauche: le camp présidentiel s'active mercredi pour dégager une large coalition pour gouverner la France, mais différentes visions s'affrontent au risque de fragiliser le groupe macroniste à l'Assemblée nationale.
Emmanuel Macron, muet depuis le second tour, sort, lui, de son silence: le chef de l'Etat, qui s'est envolé pour Washington où il doit participer à un sommet de l'Otan, va adresser une lettre aux Français publiée dans la presse régionale.
Principale cible: le Nouveau Front populaire, arrivé en tête des législatives de dimanche avec 190 à 195 députés, et tout particulièrement La France insoumise, avec laquelle le bloc central refuse catégoriquement de gouverner.
Dans un communiqué, les députés Renaissance ont plaidé pour "des alliances programmatiques" au sein d'une "coalition de projet allant des sociaux-démocrates à la droite de gouvernement", sans LFI.
"On est un peu plus de 160 aujourd'hui (...) et j'entends des députés LR, divers droite, UDI (centre-droit, ndlr), même divers gauche, qui seraient prêts à nous rejoindre, ce qui veut dire qu'on pourrait numériquement dépasser le bloc de gauche", avait affirmé un peu plus tôt sur France 2 Aurore Bergé, ministre de l'Egalité.
Mais dans le détail, plusieurs lignes se chevauchent dans les rangs macronistes.
Certains, menés notamment par Gérald Darmanin, lorgnent essentiellement la droite pour trouver des alliés. "Il peut y avoir un Premier ministre de droite, ça ne me gênerait en rien", a ainsi déclaré le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur CNews et Europe 1, affirmant clairement qu'il ne pourra même pas accepter d'Ecologistes au gouvernement.
- Matignon pour la droite ? -
Cela rejoint la posture de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, qui plaide lui pour la signature d'un "accord technique" avec Les Républicains, en vue "d'avancer et de gérer les affaires du pays pendant au moins un an".
Mais une autre frange du camp présidentiel, notamment son aile gauche, voit plus large, quitte à se désolidariser de la ligne historique.
Sacha Houlié, marcheur de la première heure et ex-président de la commission des Lois, a annoncé qu'il ne "siégera pas" au groupe Renaissance, préférant tenter de créer un groupe "qui aille de la droite sociale à la gauche socialiste" tout en affirmant qu'au moins "quarante" députés macronistes ne se sont pas encore rattachés au futur groupe Renaissance.
Dans la même veine, le patron du MoDem François Bayrou a martelé auprès de l'AFP qu'on "ne peut pas faire un gouvernement d'union nationale avec un seul camp", plaidant pour la désignation par Emmanuel Macron d'un Premier ministre capable de "rassembler", sans s'exclure lui-même de ce scénario.
Les mains tendues peuvent-elle aboutir ? Certains responsables de la droite semblent peu à peu s'ouvrir à l'idée, comme le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand et l'ancien chef des députés LR Olivier Marleix.
Mais Laurent Wauquiez, autre ténor largement élu président du nouveau groupe parlementaire de la "droite républicaine", né sur les cendres du groupe LR, défend lui une ligne "sans compromission", ce qui pourrait compliquer la donne.
- "Partie remise" pour le RN -
Devant ces tractations, la gauche, qui continue de revendiquer Matignon, a dénoncé les "manigances" du camp présidentiel. Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a accusé Emmanuel Macron de "multiplier les manoeuvres" pour "détourner le résultat" des élections législatives.
Mais le NFP bataille aussi en interne entre ses deux principales composantes, des Insoumis à peu près stables entre 70 et 80 élus, et un Parti socialiste (PS) revigoré qui espère faire au moins jeu égal pour proposer un Premier ministre issu de ses rangs, comme son premier secrétaire Olivier Faure.
En attendant, les socialistes ont réélu à la tête de leur groupe le député des Landes Boris Vallaud.
Face à ce désordre, Marine Le Pen a fustigé le "bourbier" consécutif aux législatives anticipées, à son entrée au Palais Bourbon.
Dans une ambiance tendue au milieu des caméras, les nouveaux députés RN - qui seront environ 143 avec leurs alliés - ont ainsi pris leurs marques à l'Assemblée dans la matinée.
"Un certain nombre de manœuvres, notamment de désistements massifs, nous ont privés de la majorité absolue. Ce n'est que partie remise", s'est justifiée Marine Le Pen, réélue présidente du groupe RN à l'Asssemblée.
R.Garcia--AT