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Espagne: l'épouse de Pedro Sánchez devant un juge dans une affaire de corruption
Au coeur d'une enquête pour corruption et trafic d'influence, Begoña Gómez, l'épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, est entendue vendredi matin par un juge qui l'a citée à comparaître, nouvel épisode d'une affaire qui empoisonne la vie du dirigeant socialiste.
La femme de Pedro Sánchez est arrivée peu avant 10H30 (08H30 GMT) au tribunal, à Madrid, vêtue d'un tailleur noir et accompagnée de quatre personnes, a constaté l'AFP.
L'épouse du Premier ministre avait emprunté une entrée discrète pour éviter la presse qui l'attendait devant le bâtiment.
En début de semaine, son mari avait redit sur la radio Cadena SER son "absolue tranquillité et (sa) confiance, parce qu'il n'y a rien" dans le dossier, fustigeant "une stratégie judiciaire de harcèlement et de démolition de ce gouvernement ou de (sa) personne".
Avec la loi sur l'amnistie des indépendantistes catalans, l'affaire est au centre de toutes les attaques de l'opposition de droite depuis des semaines.
Et Miguel Tellado, porte-parole du Parti populaire (PP, conservateur), n'a pas manqué de répliquer au Premier ministre, dont le frère est également visé par une enquête judiciaire.
"Que (Pedro Sánchez) se contente de dire qu'il n'y a rien est une insulte à l'intelligence de tous les Espagnols", a-t-il lancé en conférence de presse.
Fin avril, l'annonce de l'ouverture d'une enquête préliminaire après une plainte de l'association "Manos limpias" (Mains propres), un collectif proche de l'extrême droite également à l'origine de la plainte visant le frère de M. Sánchez, avait fait l'effet d'un coup de tonnerre.
M. Sánchez avait alors suspendu son activité pendant cinq jours, affirmant envisager de démissionner, avant de finalement rester à son poste, au grand dam de l'opposition.
Début juin, à quelques jours des élections européennes, l'annonce par le Tribunal supérieur de justice (TSJ) de Madrid de la citation à comparaître de Begoña Gomez avait donné à l'affaire encore plus d'ampleur et relancé les appels à la démission de M. Sánchez émanant de la droite.
Les enquêteurs s'attachent notamment aux relations professionnelles de Begoña Gomez avec Juan Carlos Barrabés, un homme d'affaires dont les entreprises négociaient des aides publiques ou participaient à des appels d'offres publics.
- "Je ne suis pas naïf" -
Leur champ est limité à la période depuis laquelle Pedro Sánchez est chef du gouvernement espagnol et aux faits visés par la "plainte initiale" de Manos limpias, a précisé mardi le juge Juan Carlos Peinado, répondant en partie positivement à une requête de la défense de Mme Gomez.
Le Parquet européen s'est saisi de son côté d'un pan de cette enquête, portant sur l'utilisation de fonds européens, a confirmé l'institution à l'AFP.
Titulaire d'une licence de marketing obtenue au sein de l'université privée madrilène Esic et d'un master en management, l'épouse de M. Sánchez s'est spécialisée dans la collecte de fonds, notamment pour des fondations et des ONG.
Son parcours l'a conduite à occuper plusieurs postes à responsabilité, notamment chez Inmark Europa, société de conseil aux entreprises, et au sein d'un département de la célèbre Université Complutense de Madrid.
"Le responsable de tout ce qui arrive et qui a trait aux affaires ou aux activités commerciales de sa femme, c'est son mari", a assuré mardi le leader du PP, Alberto Núñez Feijóo, sur la radio Onda Cero.
"Son comportement est totalement inapproprié, au moins du point de vue éthique", a encore lancé M. Feijóo en évoquant le chef du gouvernement, dont la démission a plusieurs fois été réclamée par le PP depuis l'éclatement de l'affaire.
"Je ne suis pas naïf", a assuré M. Sánchez, répétant des arguments déjà utilisés. "Ils ont essayé, sur le plan politique, d'en finir avec ce gouvernement de coalition progressiste".
"Sánchez dit (...) qu'on le poursuit parce qu'il est progressiste", a rétorqué Miguel Tellado, le porte-parole du PP. "Il se trompe, parce que tous les progressistes n'ont pas une épouse et un frère impliqués dans des affaires louches".
La question, a-t-il souligné, "est de savoir jusqu'à quel point Sánchez lui-même était au courant ou (...) y participait".
W.Morales--AT