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Législatives: dernier jour de campagne, les candidats appellent à la mobilisation
Quelques heures avant le silence : à minuit vendredi soir la campagne des législatives prendra officiellement fin, les responsables politiques profitant de ce dernier jour pour multiplier les prises de parole avant de retenir leur souffle face à un scrutin historique.
L'extrême droite va-t-elle obtenir une majorité absolue pour la première fois en France ? La stratégie de désistement de ses opposants va-t-elle lui barrer la route ? Le camp présidentiel va-t-il sauver les meubles ?
"Il y a 16 millions d'abstentionnistes et c'est eux qui font la décision", a appelé jeudi soir le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. "Nous pouvons gagner", a-t-il martelé sur TF1 au nom de l'alliance de gauche du Nouveau Front populaire, avant d'avertir "que madame (Marine) Le Pen aussi peut gagner".
A ce stade de la campagne les sondages prédisent davantage une majorité relative au RN et à ses alliés.
Un sondage Ifop paru jeudi pour LCI, Le Figaro et Sud Radio, estime que l'extrême droite pourrait avoir entre 210 et 240 députés, une progression qui serait spectaculaire par rapport aux 88 députés RN sortants, mais insuffisante pour atteindre seul la majorité absolue (289 députés).
Le même sondage voit le Nouveau Front populaire deuxième avec 170 à 200 députés, devant le camp présidentiel (entre 95 et 125 députés), qui profiterait notamment des nombreux désistements de candidats hostiles au RN.
De son côté le président du Rassemblement national Jordan Bardella s'est dit "confiant". "Je pense que les Français veulent tourner la page de sept années de macronisme, de sept années de brutalité", a-t-il argué, appelant les électeurs à lui confier une majorité absolue. "Ou alors le pays est bloqué".
Un argumentaire que devrait répéter vendredi matin la présidente sortante du groupe RN Marine Le Pen, invitée sur Europe 1 et CNews.
Dans un communiqué jeudi, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a lui fustigé le "populisme" et "le nationalisme", qui "n'ont jamais été dans l'Histoire un rempart contre l'antisémitisme", et appelé à ne voter ni pour le RN ni pour LFI.
- "Aucune voix ne doit manquer" -
Capitaine d'un contingent macroniste à qui les sondages prédisent une centaine de pertes, Gabriel Attal multipliera les apparitions dans les médias vendredi (France Bleu à midi, TF1 à 13H00 et France 2 à 20H00).
"J'assume dans cette campagne de me jeter de toutes mes forces pour empêcher le Rassemblement national d'avoir une majorité absolue", a déclaré le chef du gouvernement, qui fera aussi campagne à Paris et dans les Hauts-de-Seine.
Alors que la participation a été très forte au premier tour, les dirigeants politiques de tous bords semblent vouloir éviter toute forme de relâchement dans l'électorat.
"Ne cédez pas à tous ceux qui tentent de vous empêcher de gagner", a lancé Jordan Bardella à ses partisans, fustigeant la pratique du désistement contre le RN.
"Il n'y a aucune raison de baisser notre degré de vigilance. Aucune voix ne doit manquer", a appelé la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier. "Je lance un appel pour qu'il n'y ait pas une seule voix qui manque dimanche", a abondé son homologue socialiste Olivier Faure.
Saluant l'"effort" des retraits à gauche et chez les macronistes, l'ancien président François Hollande a lui aussi alerté contre un excès de confiance : "ça ne veut pas dire que, parce que des états-majors ou des candidats se sont eux-mêmes désistés, les électrices et les électeurs vont suivre les consignes".
"Il n'y a rien d'indigne dans l'idée de voter contre (...) en acceptant de voter pour des gens dont on ne partage pas les idées simplement pour éviter une catastrophe", a aussi appelé Raphaël Glucksmann, qui ira vendredi à Marseille soutenir Pascaline Lécorché, candidate Place publique dans les Bouches-du-Rhône.
Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru jeudi, 52% des Français désapprouvent la pratique du désistement, une légère majorité qui masque une véritable fracture selon les opinions politiques : 79% des électeurs du Nouveau Front populaire et 74% de ceux du camp présidentiel disent l'approuver, contre seulement 32% de ceux des Républicains et 15% des électeurs du Rassemblement national.
R.Garcia--AT