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Séoul relance sa propagande par haut-parleurs vers le Nord, Pyongyang promet une "nouvelle réponse"
La Corée du Sud a relancé dimanche ses campagnes de propagande par haut-parleurs en direction du Nord, Pyongyang lui envoyant encore des ballons d'immondices tout en promettant une "nouvelle réponse".
Les relations entre les deux Corée sont à l'un de leurs plus bas niveaux depuis des années. Des analystes avertissent d'un risque que cette escalade conduise à de véritables affrontements militaires.
Si Séoul "choisit de se livrer à des provocations par distribution de tracts et de haut-parleurs (...), il ne fait aucun doute qu'elle sera témoin de notre nouvelle réponse", a déclaré Kim Yo Jong, la puissante sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.
La relance de la campagne sud-coréenne est "un prélude à une situation très dangereuse", a-t-elle ajouté, citée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA.
La Corée du Sud a annoncé plus tôt la reprise de ses campagnes de propagande par haut-parleurs, qui remontent à la guerre de Corée (1950-53), en direction du Nord.
Bien qu'elles "puissent être difficiles à supporter pour le régime" de Kim Jong Un, ces mesures "transmettront des messages de lumière et d'espoir à l'armée et aux citoyens nord-coréens", a justifié Séoul. "La responsabilité de l'escalade de la tension entre les deux Corées incomberait entièrement au Nord".
Selon la présidence sud-coréenne, il s'agit de "mesures correspondantes" après l'envoi par Pyongyang samedi de plus de 300 ballons remplis d'immondices - qui contenaient du plastique et du papier usagé selon l'armée sud-coréenne -, après près d'un millier déjà lancés fin mai-début juin.
Alors qu'elle y avait mis fin le 2 juin, la Corée du Nord a recommencé samedi à envoyer ces ballons-poubelles, en réaction à l'envoi cette semaine vers le Nord par des militants sud-coréens de nouveaux ballons avec de la K-pop, des billets en dollars et de la propagande hostile au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.
Une émission par haut-parleur a eu lieu dès "cet après-midi", a indiqué dimanche l'armée sud-coréenne, qui a annoncé que le Nord avait "à nouveau envoyé des ballons", soupçonnés de "transporter des immondices vers le Sud", conseillant de ne pas y toucher et de les signaler aux autorités.
- Risque de "conflit armé" -
"La Corée du Nord effectue une nouvelle provocation de bas étage avec des ballons d'immondices contre nos zones civiles", a écrit le maire de Séoul Oh Se-hoon sur Facebook.
Le président sud-coréen, Yoon Suk Yeol, a suspendu mardi l'intégralité d'un accord militaire de détente conclu en 2018 avec la Corée du Nord, après l'envoi fin mai et début juin par Pyongyang de près d'un millier de ballons lestés de sacs pleins de détritus, allant de mégots de cigarettes à des excréments d'animaux.
La suspension totale de l'accord de 2018 permet à Séoul de reprendre les exercices de tirs réels et de relancer les campagnes de propagande contre le régime du Nord par haut-parleurs le long de la frontière.
Le Sud dit mener ce type de propagande en représailles à ce qu'il considère comme des provocations nord-coréennes continuelles. Il l'avait utilisée la dernière fois en 2016, après le quatrième essai nucléaire de Pyongyang.
Lors de ces campagnes, Séoul utilise d'immenses mégaphones pour diffuser notamment de la K-pop ou de la propagande antirégime dans des zones proches de la zone démilitarisée séparant les deux pays, qui restent techniquement en guerre.
Ces diffusions de messages exaspèrent Pyongyang, qui a déjà menacé de viser les haut-parleurs avec son artillerie s'ils n'étaient pas éteints.
Le Parti démocratique (PD, opposition sud-coréenne) a critiqué le gouvernement de Séoul pour n'avoir pas fait davantage contre les envois de ballons par les militants sud-coréens, les accusant dimanche d'utiliser "+la liberté d'expression+ comme un moyen de compromettre la sécurité de notre peuple".
Le PD a également critiqué la reprise de la propagande par haut-parleurs car "l'initiative du gouvernement pose un risque d'escalade vers une guerre régionale", selon un porte-parole.
"Il est fort possible que la reprise des messages par haut-parleurs conduise à un conflit armé" et que "la Corée du Nord reprenne ses tirs en mer Jaune ou qu'elle tire sur les ballons si le Sud en envoie à nouveau", a estimé auprès de l'AFP Cheong Seong-chang, directeur de la stratégie pour la péninsule coréenne à l'Institut Sejong.
La Corée du Nord aurait par ailleurs essayé de brouiller les signaux GPS pendant plusieurs jours fin mai, sans apparemment parvenir à entraver d'activité militaire sud-coréenne.
"Il est probable que ce type de provocation apparaisse sous une forme beaucoup plus forte également en mer de l'Ouest " (mer Jaune), a ajouté Cheong Seong-chang.
A.O.Scott--AT