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Reçues par Macron, les oppositions dénoncent sa position sur l'Ukraine
Emmanuel Macron a accueilli jeudi les responsables de parti pour évoquer le conflit en Ukraine en amont d'un vote parlementaire qui s'annonce tumultueux, les oppositions ayant unanimement dénoncé les propos "irresponsables" du président sur la possibilité d'envoyer des militaires sur le terrain.
"Je l'invite à un peu plus de mesure", a déclaré le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard devant la presse à son arrivée à l'Elysée, déplorant un discours qui a "décrédiblisé", "isolé" et "affaibli" la France.
Le patron des socialistes Olivier Faure a accusé le chef de l'Etat d'avoir réalisé "l'unité de tous" les Occidentaux "contre la France" et offert "une clarté inédite" au président russe Vladimir Poutine sur le fait "qu'aucun de ces pays n'a envie d'engager de troupes au sol".
"C'est vraiment un problème d'amateurisme à ce stade-là", a renchéri la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, évoquant une "déclaration viriliste".
Les autres opposants avaient aussi fait connaître leur désaccord, à l'instar du président du Rassemblement national Jordan Bardella qui avait estimé qu'Emmanuel Macron avait fait "le jeu du Kremlin" en "étalant au grand jour les divisions de l'Europe".
Le retour d'un clivage sur l'Ukraine, qui avait déjà été au coeur de la présidentielle de 2022 avant de s'estomper, est assumé par le président de la République à l'approche des élections européennes de juin.
"Je pense que ça clarifiera" les positions, a-t-il dit mardi en marge d'un déplacement à Prague. "C'est un moment de vérité", abonde son entourage, évoquant des fissures dans "l'unanimité" constatée encore l'été dernier sur le soutien à Kiev.
- "Pas une Game Boy" -
En déplacement à La Haye, le Premier ministre Gabriel Attal a d'ailleurs de nouveau accusé mercredi le RN de "soutenir davantage la Russie que l'Ukraine".
Alors que la liste d'extrême droite menée par Jordan Bardella fait la course largement en tête dans les sondages, Emmanuel Macron a demandé mercredi à ses ministres de se "battre pied à pied" dans la campagne des européennes de son camp qui sera lancée samedi lors d'un meeting à Lille.
"Ne laissez pas entrer les nationalistes. Ils étaient déjà la guerre. Ils sont désormais la défaite face à la Russie", a-t-il martelé devant son gouvernement.
Le camp présidentiel espère creuser ce sillon à la faveur d'une série de rendez-vous.
Le président, qui a promis de se rendre en Ukraine avant mi-mars, s'est ainsi entretenu mercredi à l'Elysée avec ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, juste avant la réunion de ce jeudi.
Il doit présenter à huis clos aux responsables des partis les résultats de la conférence internationale pour amplifier le soutien militaire à l'Ukraine organisée la semaine dernière à Paris.
La stratégie française fera ensuite l'objet d'un débat, suivi d'un vote, au Parlement - mardi à l'Assemblée nationale, puis mercredi au Sénat.
Or, ce débat s'annonce agité. Non pas tant au sujet de l'accord bilatéral de sécurité signé mi-février par Emmanuel Macron avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, sur lequel porte formellement le vote, mais en raison des récentes déclarations du président, qui a aussi appelé les alliés occidentaux à ne pas "être lâches", renforçant l'ire de l'Allemagne.
Si les Ecologistes et le Parti socialiste hésitent, le reste de la gauche penche pour une opposition franche.
"Pour nous, c'est non. Il est hors de question de livrer à l'Ukraine des missiles de longue portée qui prendraient le risque que la France, demain, devienne engagée contre la Russie", a dit le dirigeant communiste Fabien Roussel. Manuel Bompard a aussi expliqué que LFI s'opposera à l'accord soumis au Parlement s'il y "figure la perspective de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne ou à l'Otan".
Un vote contre des autres partis d'opposition pourrait mettre l'exécutif en position délicate.
A.Taylor--AT