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A Prague, Macron doit préciser sa position sur l'Ukraine et les munitions
Emmanuel Macron se rend mardi à Prague où il devrait préciser son soutien à une initiative tchèque en vue d'acheter des munitions non européennes pour l'Ukraine et écarter toute "logique d'escalade" après ses propos controversés sur la possibilité d'envoyer des troupes occidentales dans ce pays en guerre.
La visite en République tchèque vise à mettre en scène cette "attention particulière" portée à l'Europe centrale par le président français, a expliqué son entourage à la presse.
A un moment où il semble de plus en plus vouloir imposer son leadership dans le soutien à Kiev et le bras de fer avec la Russie, il va rencontrer son homologue Petr Pavel, qu'il avait reçu à Paris en décembre et avec lequel il va donner une conférence de presse en début d'après-midi. Et signer avec le Premier ministre Petr Fiala un plan d'action 2024-2028 pour le partenariat stratégique bilatéral.
Emmanuel Macron se sait attendu. Au cours d'une conférence internationale organisée le 26 février au palais présidentiel de l'Elysée, il avait esquissé plusieurs pistes pour renforcer l'appui militaire fourni à l'armée ukrainienne, qui essuie des revers sur le front, face à ce qu'il a dénoncé comme un "durcissement" du Kremlin.
Plus de 25 pays, essentiellement européens, doivent maintenant détailler ces solutions nouvelles, toujours sous la houlette de la France, et le président français doit ensuite se rendre d'ici à la mi-mars en Ukraine.
Parmi les idées qui ont pris la lumière à Paris la semaine dernière figure une initiative tchèque visant à acheter des munitions hors Union européenne, en raison de la pénurie actuelle qui complique la vie des soldats ukrainiens sur le champ de bataille, pour ensuite les leur livrer. Dès la mi-février, Petr Pavel avait évoqué quelque 800.000 munitions qui pourraient être envoyées en Ukraine "en quelques semaines" si les financements nécessaires (1,5 milliard de dollars, soit 1,38 milliard d'euros, selon le Financial Times) étaient rassemblés.
- "Ambiguïté stratégique" -
Longtemps réservé, Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière que son pays participerait à cette initiative mais sans chiffrer sa contribution contrairement à d'autres Etats comme les Pays-Bas, qui ont promis 100 millions d'euros. Les autorités tchèques espèrent qu'il le fera mardi.
La visite "sera l'occasion de discuter de cette initiative" et éventuellement d'apporter ces "précisions", s'est borné à dire un conseiller français. Tout en relativisant la portée de ce mécanisme "ad hoc" et "d'urgence" sur la base de participations "bilatérales", tandis que Paris plaide toujours pour que l'argent européen serve à financer la production d'armes au sein de l'Union européenne, au nom de sa souveraineté et du développement de son industrie de défense.
Mais il y a une semaine, Emmanuel Macron a aussi semé le trouble parmi les autres alliés de Kiev.
En appelant à un "sursaut" des Occidentaux, il a voulu rétablir une "ambiguïté stratégique" pour que le président russe Vladimir Poutine sache que tout sera fait pour l'empêcher de "gagner cette guerre".
Et il a donc expliqué que l'envoi en Ukraine de militaires occidentaux ne pouvait pas "être exclu" à l'avenir, même s'il a reconnu qu'il n'existait pas de "consensus" à l'heure actuelle. Le gouvernement français a ensuite précisé qu'il s'agirait de missions non combattantes.
Mais des Etats-Unis à l'Allemagne en passant par la grande majorité des autres alliés, les dirigeants se sont succédé pour se démarquer des propos du président français et assurer qu'il n'était pas question d'envoyer des soldats sur le sol ukrainien, offrant une image de division dans le camp occidental.
Vladimir Poutine a quant à lui mis en garde contre une "menace réelle" de guerre nucléaire en cas d'escalade.
"Nous ne sommes pas en guerre contre le peuple russe et nous refusons d'entrer dans une logique d'escalade", a répondu à distance lundi Emmanuel Macron dans un entretien au journal tchèque Pravo, tout en assumant de lancer ce "débat" sur "tout ce qu'il est possible de faire pour soutenir l'Ukraine".
Sur le plan économique, sa visite vise aussi à appuyer la candidature du groupe d'électricité français EDF qui ambitionne de rafler le marché d'un programme nucléaire civil tchèque pouvant inclure la construction de jusqu'à quatre réacteurs.
Y.Baker--AT