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"Ni résignés, ni défaitistes": réunion à Paris des alliés de l'Ukraine
Une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement, essentiellement européens, se réunissent lundi à Paris à l'initiative du président français Emmanuel Macron pour réaffirmer leur soutien à l'Ukraine, en situation critique face à Moscou et dont le sort est suspendu à l'aide occidentale.
La victoire ou la défaite de l'Ukraine "dépend de vous", a lancé dimanche à ses alliés le président Volodymyr Zelensky, qui s'adressera en visioconférence à la réunion organisée au palais présidentiel de l'Elysée.
La grande majorité des dirigeants européens, dont le chancelier allemand Olaf Scholz et le président polonais Andrzej Duda, et les Premiers ministres d'une quinzaine de 15 pays de l'UE, seront présents à cette réunion.
"La Russie du président Poutine ne doit pas compter sur une quelconque lassitude des Européens", avait assuré sur X le chef de l'Etat français samedi, jour anniversaire des deux ans de l'invasion russe.
Au moment où le soutien américain, crucial pour Kiev, est toujours bloqué au Congrès, et où la possibilité d'un retour de Donald Trump à la Maison Blanche donne des sueurs froides à l'UE, M. Macron appelle l'Europe à un "sursaut collectif" face à la Russie.
La recrudescence des attaques cyber et informationnelles d'une Russie "de plus en plus agressive" sera d'ailleurs évoquée lors de la réunion, selon l'Elysée, qui fustige les manoeuvres d'"intimidation" russes.
Des représentants américain et canadien participeront à la réunion, ainsi que le chef de la diplomatie britannique David Cameron.
- "Casser l'idée d'une défaite" -
Le but est de "remobiliser et examiner tous les moyens de soutenir l'Ukraine efficacement", indique l'Elysée, au moment où Kiev, en manque d'armes et de munitions, se trouve dans une situation très difficile face à la Russie.
"Il s'agit de contredire l'impression que les choses sont en train de se déliter, de réaffirmer que nous ne sommes pas fatigués et que nous sommes déterminés à faire échec à l'agression russe. Nous voulons envoyer le message clair à Poutine qu'il ne l'emportera pas en Ukraine", insiste la présidence française.
"Nous ne sommes ni résignés, ni défaitistes", martèle l'Elysée, "il n'y aura pas de victoire de la Russie en Ukraine".
Si de nouvelles annonces d'aide ne sont pas prévues, les participants vont examiner les moyens de "faire mieux et de manière plus décisive", alors que Kiev a affirmé dimanche que la moitié des armes occidentales promises sont livrées en retard.
"Chacun fait tout ce qu'il peut en matière de livraison d'armes. Il faut que nous puissions tous ensemble faire mieux, chacun selon ses capacités", selon la présidence française, alors que certains Européens, notamment Paris et Berlin, s'accusent plus ou moins ouvertement de ne pas en faire assez.
Plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne et l'Italie, ont signé des accords de sécurité bilatéraux avec Kiev ces dernières semaines, mais l'UE, qui a livré depuis le début de la guerre 28 milliards d'euros d'aide militaire, peine à tenir ses engagements notamment en matière de livraisons d'obus.
"Les Européens ont les moyens de faire des choses significatives", a relevé l'ancienne diplomate américaine Debra Cagan lors d'une conférence de l'Atlantic Council vendredi.
Mais "si l'Ukraine avait déjà eu les avions de combat F16, si elle avait les (missiles) Taurus de l'Allemagne, nous verrions un conflit entièrement différent aujourd'hui", a-t-elle ajouté.
"L'indécision cause davantage de morts et de destructions", a-t-elle mis en garde.
L'aide américaine de 60 milliards de dollars est par ailleurs bloquée au Congrès depuis des mois.
L'Ukraine est persuadée que les Etats-Unis ne l'"abandonneront pas" face à la Russie et finiront par voter, a déclaré dimanche le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal.
A.Taylor--AT