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Gaza: deux otages libérés dans une opération israélienne nocturne à Rafah
Israël a annoncé lundi avoir libéré deux otages détenus à Rafah, ultime cible affichée de son offensive dans la bande de Gaza, dans le cadre d'une vaste opération nocturne ayant fait une centaine de morts, selon le Hamas au pouvoir dans ce territoire palestinien.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné la semaine dernière à l'armée de préparer une offensive sur cette ville du sud de Gaza, devenue le dernier refuge pour des centaines de milliers de Palestiniens ayant fui la guerre qui fait rage depuis quatre mois entre Israël et le mouvement islamiste.
Benjamin Netanyahu a réaffirmé lundi sa détermination à vaincre le Hamas. "Seule la poursuite de la pression militaire, jusqu'à la victoire complète, aboutira à la libération de tous nos otages", a-t-il déclaré.
Cette offensive annoncée sur la ville surpeuplée suscite de vives inquiétudes à l'étranger et le président américain Joe Biden, dont le pays est le principal allié d'Israël, a exhorté dimanche Benjamin Netanyahu à "garantir" la sécurité de la population.
Les forces israéliennes ont fait irruption "avec des explosifs" au deuxième étage d'un bâtiment où étaient détenus ces otages, "ont ouvert le feu sur des cibles aux alentours et ont libéré les otages", ont indiqué l'armée et le gouvernement.
"Des tirs ont alors éclaté depuis ce bâtiment et des bâtiments voisins suivis de longs combats, pendant lesquels des dizaines de cibles du Hamas ont été visées par des frappes aériennes afin de permettre aux soldats de quitter les lieux", a déclaré le bureau du Premier ministre.
Selon l'armée, deux soldats ont été tués dans une autre opération.
Le ministère de la Santé du Hamas a fait état "d'environ 100 morts" dans une "attaque", incluant des frappes contre de nombreux bâtiments à Rafah, où environ 1,4 million de Palestiniens, selon l'ONU, soit cinq fois la population d'origine de la ville, sont à présent piégés contre la frontière fermée avec l'Egypte.
- "Le temps presse" -
Les deux otages ont ensuite été héliportés à l'hôpital Sheba de Ramat Gan, près de Tel-Aviv, où ils "sont dans un état stable", selon Arnon Afek, le directeur de l'établissement.
"Nous les avons vus (...) il y avait beaucoup de larmes, des embrassades et peu de mots", a raconté Idan Bejerano, le gendre de Luis Har, devant l'hôpital.
"Nous sommes heureux aujourd'hui mais nous n'avons pas gagné. Ce n'est qu'une étape de plus vers le retour à la maison" des otages encore détenus à Gaza, a-t-il souligné, faisant écho aux familles qui exhortent le gouvernement à accepter un nouvel accord de trêve avec le Hamas incluant la libération des otages.
"Le temps presse pour les otages. Leurs vies sont en danger à chaque instant qui passe. Le gouvernement doit mettre en oeuvre toutes les options sur la table pour les libérer", a affirmé lundi le Forum des familles d'otages.
Environ 250 personnes ont été enlevées en Israël le 7 octobre et emmenées à Gaza. Une trêve d'une semaine en novembre avait permis la libération de 105 otages et de 240 Palestiniens détenus par Israël.
Avant ces deux libérations, Israël estimait que 132 otages étaient toujours détenus à Gaza, dont 29 seraient morts.
Le Hamas a prévenu dimanche qu'une offensive sur Rafah "torpillerait" tout accord pour une libération des otages.
Mais Benjamin Netanyahu s'est dit déterminé à vaincre le Hamas dans son "dernier bastion" de Rafah. "La victoire est à portée de main", a-t-il affirmé dimanche sur la chaîne américaine ABC News.
Israël assurera "un passage sécurisé à la population civile pour qu'elle puisse quitter" la ville, a-t-il ajouté, sans préciser où les civils pourraient se réfugier.
- "Nulle part où aller" -
La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent de commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
En représailles, Israël a juré de "détruire" le mouvement islamiste, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne.
L'offensive israélienne a fait 28.340 morts dans la bande de Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas, qui a dénombré lundi 164 morts en 24 heures.
"Je ne sais pas où nous irons" en cas d'offensive sur Rafah, a témoigné Farah Mohammad, qui a fui la ville de Gaza, dans le nord du territoire. "Il n'y plus d'endroit pour fuir", dit cette mère de famille de 39 ans.
"Dans les conditions actuelles", Washington "ne pourrait pas soutenir une opération militaire à Rafah en raison de la densité de la population", a prévenu un haut responsable américain, soulignant que la population n'a "nulle part où aller".
Environ 1,7 million de personnes, d'après l'ONU, sur un total de 2,4 millions d'habitants, ont fui leur foyer depuis le 7 octobre dans le territoire palestinien dévasté, assiégé par Israël et plongé dans une crise humanitaire majeure. Beaucoup ont été déplacées plusieurs fois, fuyant toujours plus vers le sud à mesure que les combats s'étendaient.
Rafah, devenue un gigantesque campement, est le dernier centre urbain où l'armée israélienne n'a pas encore lancé d'assaut terrestre et le principal point d'entrée de l'aide humanitaire, insuffisante pour répondre aux besoins de la population menacée en plein hiver par la famine et les épidémies.
A.Ruiz--AT