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Biden se félicite du "succès" de frappes "défensives" contre les Houthis au Yémen
Joe Biden s'est félicité jeudi du "succès" de frappes menées par les Etats-Unis et le Royaume-Uni au Yémen contre un certain nombre de cibles des rebelles houthis, proches de l'Iran.
Le président américain a précisé que cette opération "défensive", menée en réponse aux attaques des Houthis contre des navires marchands transitant en mer Rouge, avait bénéficié du "soutien" de l'Australie, du Bahreïn, du Canada et des Pays-Bas.
Il a averti, dans un communiqué, qu'il "n'hésiterait pas" à "ordonner d'autres mesures" si nécessaire.
Un haut responsable gouvernemental américain a assuré jeudi que les frappes américaines et britanniques contre les Houthis au Yémen avaient visé "spécifiquement" des "infrastructures de missiles, de radars et de drones".
Il a répété que selon les Etats-Unis, l'Iran était "l'un des principaux sinon le principal soutien" du groupe rebelle, et que Téhéran lui avait fourni à la fois les armements et des renseignements utilisés pour les frappes.
Les Etats-Unis ont, selon ce haut responsable qui a requis l'anonymat, une "responsabilité historique particulière dans la défense" des grandes voies maritimes du commerce international.
Il a indiqué que Joe Biden avait demandé le 1er janvier à son équipe de sécurité nationale de préparer des options militaires, et ajouté que le président avait décidé de mener les frappes après une attaque particulièrement lourde des Houthis le 9 janvier.
- "Précision" -
Un haut responsable militaire américain a pour sa part affirmé, lors d'un entretien avec la presse: "Nous avons visé des capacités très précises dans des endroits très précis avec des munitions de précision", de manière à "réduire le risque de dommage collatéral" pour des civils.
Les frappes sont "une réponse directe aux attaques sans précédent des Houthis", a estimé Joe Biden, en évoquant au total "27 attaques" ayant touché "plus de 50 nations", et ayant "forcé plus de 2.000 bateaux" à changer de route pour éviter la zone.
A Washington, des élus démocrates comme républicains ont affiché leur soutien à ces frappes.
Le sénateur démocrate Jack Reed a ainsi évoqué des actions militaires "nécessaires et proportionnées", en écho au vocabulaire du Premier ministre britannique Rishi Sunak.
Pour le sénateur républicain Roger Wicker, elles devraient servir d'"avertissement aux Houthis et autres entités affiliées à l'Iran qu'elles subiront des conséquences catastrophiques face à une escalade dans la région".
Il exhorte l'administration Biden à ce que l'opération soit menée "en consultant de près nos partenaires saoudiens", alors que Riyad a exprimé son "inquiétude" et a appelé à la retenue.
Tout en affirmant soutenir les frappes, l'élu démocrate Gregory Meeks a lui appelé l'administration Biden à "continuer ses efforts diplomatiques pour éviter une escalade vers un conflit régional plus large".
- "Avertissement" -
Le président américain a insisté sur le fait que l'action militaire avait été précédée, selon lui, d'intenses efforts diplomatiques.
Il a rappelé qu'avec d'autres pays, les Etats-Unis avaient lancé la semaine dernière un "avertissement sans équivoque" aux rebelles, et rappelé que mercredi, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté une résolution leur demandant de cesser leurs attaques.
"Notre objectif reste la désescalade des tensions et de rétablir la stabilité en mer Rouge", affirme un communiqué commun publié après les frappes, et impliquant Etats-Unis, Australie, Bahreïn, Canada, Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud, et Royaume-Uni.
En réponse aux attaques des Houthis, les Etats-Unis avaient déjà déployé des navires de guerre et mis en place en décembre une coalition internationale pour protéger le trafic maritime dans cette zone où transite 12% du commerce mondial.
Certains armateurs contournent désormais la zone, ce qui fait grimper les coûts de transport entre l'Europe et l'Asie.
Le haut responsable gouvernemental américain cité plus haut a indiqué que Washington ne "serait pas surpris" que les rebelles yéménites ripostent aux frappes.
La mer Rouge n'est pas, loin de là, le seul point chaud dans la région pour les Etats-Unis, qui soutiennent fermement Israël depuis l'attaque sanglante du Hamas le 7 octobre dernier.
Depuis octobre, les forces américaines en Irak et en Syrie ont ainsi été attaquées à 130 reprises, selon le Pentagone.
Les Etats-Unis ont environ 2.500 militaires en Irak, et 900 en Syrie, déployés dans le but d'empêcher une reconstitution du groupe jihadiste Etat islamique.
La semaine dernière, le chef d'une faction pro-iranienne a été tué à Bagdad par une frappe américaine, ce qui a suscité l'indignation du gouvernement irakien, lui-même soutenu par des partis proches de l'Iran.
Ch.P.Lewis--AT