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L'UE ouvre la porte à l'Ukraine, Orban poursuit le bras de fer sur l'aide
Les dirigeants de l'Union européenne ont donné leur feu vert aux négociations d'adhésion avec l'Ukraine mais le Premier ministre hongrois Viktor Orban a menacé vendredi de bloquer dans la durée toute avancée budgétaire en faveur de ce pays en guerre.
Après une longue nuit de tractations à Bruxelles, qui n'a pas permis de lever le veto de la Hongrie à une nouvelle aide de 50 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine, le dirigeant nationaliste a enfoncé le clou en conditionnant l'aide à Kiev au déblocage de la totalité des fonds européens pour son pays.
"J'ai toujours dit que si on procédait à un amendement du budget de l'UE (...), la Hongrie saisirait l'occasion pour revendiquer clairement ce qu'elle mérite. Pas la moitié, pas un quart, mais la totalité", a-t-il lancé sur la radio d'Etat.
Budapest a obtenu mercredi le déblocage de dix milliards d'euros de fonds européens, après une décision de la Commission européenne qui a provoqué la colère de certains eurodéputés. Au total, 21 milliards de fonds européens destinés à la Hongrie sont toujours gelés par l'UE, dans le cadre de différentes procédures, en raison des manquements à l'Etat de droit reprochés à Budapest.
Un nouveau sommet des chefs d'Etat et de gouvernement a d'ores et déjà été annoncé pour début 2024 par le président du Conseil européen Charles Michel.
"Nous sommes 26 pays à avoir donné notre feu vert. Il n'y a pas d'accord avec la Hongrie pour l'heure, mais je suis confiant que nous y parviendrons l'an prochain", a souligné le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.
Mais la quête d'un compromis s'annonce particulièrement difficile.
L'UE avait prévu d'accorder à l'Ukraine une aide de 50 milliards d'euros, 33 milliards de prêts et 17 milliards d'euros de dons, sur quatre ans à compter de l'an prochain.
Cette nouvelle aide est jugée cruciale à Kiev au moment où une aide américaine de plus de 60 milliards de dollars reste bloquée au Congrès en raison de réticences d'élus républicains.
- Pas dans la salle -
Les dirigeants européens avaient pourtant réussi quelques heures plus tôt à se mettre d'accord sur l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'Ukraine.
M. Orban avait cette fois accepté de s'abstenir, pour ne pas avoir à endosser une décision qu'il n'a cessé de juger désastreuse pour l'avenir de l'UE.
Le dirigeant hongrois "n'était pas dans la salle quand le texte a été adopté, c'était convenu avec lui", a expliqué à l'AFP un diplomate européen ayant requis l'anonymat. "C'est une solution pragmatique (…) Le signal politique est donné", a-t-il poursuivi.
Dans une vidéo publiée sur Facebook, Viktor Orban a ensuite expliqué que son pays ne voulait pas "partager la responsabilité" de ce choix "insensé" des 26 autres Etats et s'est donc "abstenu".
"C'est une victoire pour l'Ukraine, pour toute l'Europe, une victoire qui motive, inspire et rend plus fort", a en revanche lancé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, tandis que la Maison Blanche saluait une "décision historique".
Si le processus sera long, la symbolique est forte pour ce pays en guerre depuis le 24 février 2022, date du début de l'invasion russe.
Le chancelier allemand Olaf Scholz a salué "un signe fort de soutien" à l'Ukraine qui offre "une perspective" à ce pays. Le président français Emmanuel Macron a évoqué une "réponse logique, juste et nécessaire" aux aspirations de son peuple.
- Signal d'encouragement -
Volodymyr Zelensky attendait, tout comme des millions d'Ukrainiens, un signal d'encouragement des Européens, au moment où les signaux négatifs venus de Washington se multiplient.
Depuis des semaines les nuages s'accumulent au-dessus de l'Ukraine: sa contre-offensive militaire n'a pas produit de percée décisive et l'aide occidentale, indispensable à l'effort de guerre, est bloquée.
Au moment même où débutait le sommet crucial de Bruxelles, Vladimir Poutine affichait par contraste sa confiance dans une victoire de Moscou. "Pratiquement sur toute la longueur de la ligne de contact, nos forces armées améliorent leurs positions", a affirmé le président russe.
"Si Poutine gagne en Ukraine, il y a un risque réel que son agression ne s'arrête pas là", avait averti de son côté le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, à l'unisson de plusieurs dirigeants européens.
L'UE a également décidé d'accorder le statut de pays candidat à la Géorgie et d'ouvrir, sous conditions, des négociations d'adhésion avec la Bosnie-Herzégovine.
Th.Gonzalez--AT