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Après la gifle, Macron et le gouvernement en quête d'une voie de passage sur l'immigration
Malgré la gifle reçue à l'Assemblée nationale, l'exécutif semble décidé à poursuivre le parcours chaotique du projet de loi immigration et à faire au moins adopter ses mesures les plus fermes, excluant le retrait du texte demandé par la gauche alors que le RN réclame une dissolution de l'Assemblée nationale.
Emmanuel Macron a réuni mardi matin Elisabeth Borne et les principaux ministres concernés pour décider d'une voie de passage pour un texte brutalement retoqué par les députés. Un déjeuner avec la Première ministre était également prévu.
Après avoir reconnu son "échec" lundi et présenté sa démission à Emmanuel Macron, refusée par le président, M. Darmanin a voulu montrer qu'il restait à la manoeuvre lors d'un déplacement mardi à l'aube au commissariat de Maisons-Alfort (Val-de-Marne).
"Quel que soit le chemin que nous emprunterons, je veux très rapidement pour les policiers, pour les magistrats, pour les préfets, des mesures de fermeté" contre "l'immigration irrégulière" et la "délinquance des étrangers", a-t-il déclaré, en souhaitant qu'elles soient "adoptées d'ici la fin de l'année".
"Je regrette que nous perdions du temps pour protéger les Français", a-t-il insisté en appelant la droite à une "pause dans la politique politicienne".
M. Darmanin n'a pas évoqué l'autre partie de son projet de loi, la régularisation de certains travailleurs dans les métiers en tension, qui cristallise l'opposition de la droite et du RN mais dont la suppression provoquerait une crise au sein de la majorité.
Le volet intégration, "nous y tenons", a rappelé le président du groupe Renaissance à l'Assemblée Sylvain Maillard sur France inter.
Face "à cette crise politique majeure", le Rassemblement national a appelé à une dissolution de l'Assemblée nationale. "Il faut revenir au peuple", a déclaré son président Jordan Bardella sur BFMTV.
La veille, dans un moment parlementaire sous haute tension, les votes cumulés des députés de gauche, des LR et du RN, avaient conduit au rejet du projet de loi, avant même le début de son examen dans l'hémicycle.
L'exécutif peut dès lors renvoyer le texte au Sénat pour une nouvelle lecture ou le soumettre à une Commission mixte paritaire (CMP).
Un nouveau passage devant le Sénat serait l'assurance de ressortir avec un texte encore durci. La chambre haute avait largement fait pencher la copie du gouvernement à droite lors de la première lecture, en supprimant par exemple l'Aide médicale d'Etat (AME) qui permet aux étrangers sans papiers de bénéficier de soins de santé.
Néanmoins, c'est l'Assemblée nationale, qui avait profondément réécrit le texte du Sénat en commission, qui aura le dernier mot. Le gouvernement devrait alors repartir à la chasse aux voix ou prendre le risque d'un 49.3 qui l'exposerait à une motion de censure.
- Isoler Darmanin -
Une CMP, qui réunit à huis clos sept députés et sept sénateurs pour tenter de s'accorder sur une mouture du texte, permettrait peut-être d'aboutir à une version commune, mais la majorité devrait passer sous les fourches caudines de LR pour arriver à un accord. Cette version commune devrait encore être votée au Sénat et à l'Assemblée.
"Institutionnellement, le texte est désormais possiblement en CMP", a souligné Gérald Darmanin, suggérant sa préférence pour cette option.
Eclaboussé lui-même par cette lourde défaite politique de son gouvernement, Emmanuel Macron a appelé ses ministres à lever les "blocages" pour "aboutir à un texte de loi efficace", selon l'Elysée.
Lundi soir après une première réunion de crise à Matignon, rien n'a été tranché entre les différentes options qui s'offrent au gouvernement.
Côté LR, on se sent en position de force et on veut isoler Gérald Darmanin. "Comment discuter avec quelqu'un qui nous insulte en permanence ? Je suis ouvert à la discussion sur la suite de ce texte, mais je le ferai avec la Première ministre. Nous avons échangé d'ailleurs hier soir", a déclaré Eric Ciotti sur Europe1/CNews.
A gauche les députés écologistes à l'origine de la motion de rejet ont appelé le gouvernement à tirer les conséquences de sa défaite en renonçant "définitivement" à son texte, à l'instar du groupe socialiste. "Abandonnons cette mauvaise loi !", a insisté le président du groupe Boris Vallaud.
"Si le gouvernement décide de passer en force, on aura franchi un cap dans l'autoritarisme", a prévenu sur RTL le coordonnateur de LFI Manuel Bompard selon qui "dans une démocratie normale, le ministre serait parti avec son texte".
E.Hall--AT