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Biden et Zelensky, le duo qui n'avait rien d'évident
Entre Joe Biden et Volodymyr Zelensky, cela avait mal commencé, mais depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les deux hommes forment un véritable duo de guerre, soudé à force de déplacements et visites spectaculaires.
Avant que le président ukrainien ne soit reçu pour la troisième fois mardi à la Maison Blanche, retour sur ses précédentes rencontres avec son homologue américain.
- Mauvais départ -
Le 1er septembre 2021, Joe Biden reçoit pour la première fois le jeune président ukrainien - 36 années les séparent. La rencontre dans le Bureau ovale est très fraîche.
Le président américain promet de soutenir l'Ukraine face à la Russie mais se garde bien de promettre une entrée, ardemment souhaitée par son homologue, dans l'Otan.
La priorité de Kiev doit être d'éradiquer la corruption et de remettre son économie d'équerre, estime la Maison Blanche.
L'ancien comédien devenu président n'a pas digéré que Joe Biden lève les sanctions contre un projet de gazoduc cher à Moscou, et il lui en veut d'avoir rencontré le président russe Vladimir Poutine en juin, avant lui.
Le chef d'Etat ukrainien et son pays "ont reçu autant d'attention de cette administration, et peut-être même plus d'attention, que tout autre pays européen", rétorque à l'époque un haut responsable américain.
"Biden n'avait pas une très haute opinion de son homologue", écrit Franklin Foer, dans un livre récent consacré au démocrate. Et d'affirmer que lors de leur conversation privée, Volodymyr Zelensky avait franchement "gonflé" le président américain.
- "Vous ne serez jamais seuls" -
Sa venue a été tenue secrète jusqu'à la dernière minute: le 21 décembre 2022, un 4x4 noir arrive à la Maison Blanche, Volodymyr Zelensky en descend, il a troqué le costume de ville contre un pull et un pantalon kakis, il est chaussé de lourdes bottines, son visage est marqué.
"Vous ne serez jamais seuls", lui promet Joe Biden, devenu le chef d'orchestre du soutien occidental à l'Ukraine après l'invasion par la Russie, en février.
Les deux hommes déambulent sous les colonnades de la Maison Blanche, posent dans le Bureau ovale, donnent une conférence de presse.
Plus trace de froideur: "Ce gars, au fond de son âme, il est ce qu'il dit être. (...) Il est prêt à donner sa vie pour son pays", déclare le président américain.
Sans toutefois accéder complètement aux demandes de son homologue, qui veut des armements plus lourds, plus perfectionnés.
L'aide américaine est un "investissement dans la sécurité mondiale et la démocratie", et "pas de la charité", déclare Volodymyr Zelensky devant le Congrès américain, qui le reçoit en héros.
- Biden à Kiev -
C'est la première fois qu'un président américain se rend dans une zone de guerre qui ne soit pas sous le contrôle de sa propre armée: le 20 février 2023, presque un an jour pour jour après l'invasion de la Russie, Joe Biden est à Kiev, au terme d'un voyage secret en avion et en train que ne renieraient pas les meilleurs scénaristes d'Hollywood.
"C'est bon d'être de retour", dit le démocrate, qui était déjà venu dans la capitale ukrainienne en qualité de vice-président.
L'appui américain signifie que la Russie "n'a aucune chance de gagner", assure Volodymyr Zelensky.
Quelques mois plus tard, les images des deux hommes marchant dans Kiev, alors que retentit une sirène d'alerte aérienne, seront utilisées dans une vidéo de campagne de Joe Biden.
- La crainte de la lassitude -
Volodymyr Zelensky, accompagné cette fois de son épouse, pose aux côtés du couple présidentiel américain devant l'entrée de la Maison Blanche, puis aux côtés de Joe Biden dans le Bureau ovale. Nous sommes le 21 septembre 2023.
Les images rappellent sa visite de décembre 2022, mais l'ambiance a complètement changé, l'exaltation a cédé le pas aux divisions politiques.
Le président ukrainien veut convaincre le Congrès, divisé, de continuer à financer l'aide à l'Ukraine.
"Nous restons avec vous", lui promet Joe Biden.
Mais déjà, le président américain avertit sur le risque d'essoufflement du soutien à l'Ukraine, en Amérique et ailleurs: "La Russie croit que le monde va se lasser et la laisser brutaliser l'Ukraine sans conséquence", a-t-il averti à la tribune des Nations unies, peu avant de recevoir son homologue.
R.Chavez--AT