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Israël pilonne Gaza et dénonce une "impasse" dans les négociations avec le Hamas
L'armée israélienne bombarde samedi la bande de Gaza, le gouvernement israélien dénonçant une "impasse" dans les négociations avec le Hamas au lendemain de l'expiration d'une trêve avec le mouvement islamiste palestinien qui a permis la libération d'otages et l'acheminement d'une aide d'urgence.
Estimant que le dialogue était "dans l'impasse", les négociateurs israéliens qui poursuivaient au Qatar des discussions sur une trêve avec le Hamas à Gaza sont rentrés en Israël, a annoncé le bureau du Premier ministre israélien.
L'armée israélienne avait indiqué plus tôt avoir frappé "plus de 400 cibles" dans le petit territoire palestinien depuis la reprise des hostilités vendredi matin, dont 50 dans la région de Khan Younès (sud), où la morgue du principal hôpital était engorgée, selon un correspondant de l'AFP.
Samedi matin, l'armée israélienne a envoyé des SMS aux habitants de plusieurs zones, notamment les quartiers nord de Khan Younès, ainsi que de villages bordant la frontière avec Israël dans le centre de la bande de Gaza, leur ordonnant de "partir immédiatement".
En Israël, la Défense passive, chargé de protéger la population, a fait état de plus de quarante alertes à la roquette samedi dans le centre et le sud du pays, sans recenser de victimes.
Israël et le Hamas se renvoient la responsabilité de la fin de la trêve, qui a permis la libération d'une centaine d'otages en échange de celle de 240 prisonniers palestiniens ainsi que l'accélération de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza.
Le Hamas a dit avoir "proposé un échange de prisonniers et de personnes âgées" parmi les otages, ainsi que la remise à Israël des corps de captifs "morts dans les bombardements israéliens".
Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le mouvement islamiste d'avoir "violé l'accord" et "tiré des roquettes" vers Israël, son gouvernement promettant au Hamas "la pire des raclées".
- Combattants pro-Iran tués -
Outre Gaza, les échanges de tirs ont repris à la frontière nord d'Israël entre l'armée israélienne et le mouvement libanais Hezbollah, un allié du Hamas soutenu par l'Iran.
Le Hezbollah, qui a revendiqué des attaques contre Israël, a déploré la mort de deux de ses membres dans des bombardements israéliens dans le sud du Liban, où un civil a également été tué.
Israël a mené des frappes aériennes samedi près de la capitale syrienne Damas, a indiqué le ministère syrien de la Défense.
Quatre combattants pro-Iran ont été tués dans ces frappes israéliennes contre des sites appartenant au Hezbollah libanais, près de Damas, a indiqué à l'AFP l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé qu'Israël avait tué deux de leurs membres qui menaient une "mission de conseil" en Syrie, sans fournir plus de détails.
Interrogée samedi matin par l'AFP, l'armée israélienne n'avait pas commenté ces frappes.
La guerre entre Israël et le Hamas a été déclenchée par une attaque sans précédent menée par le mouvement islamiste palestinien en Israël le 7 octobre, qui a fait 1.200 morts, en majorité des civils, selon les autorités.
En représailles, Israël a mené des bombardements dévastateurs contre le territoire palestinien, où il a lancé le 27 octobre une offensive terrestre.
D'après le gouvernement du Hamas, plus de 15.000 personnes, dont plus de 6.150 de moins de 18 ans, ont péri dans les frappes israéliennes depuis le 7 octobre.
"Si les violences reprennent à cette ampleur et cette intensité, nous pouvons supposer que des centaines d'enfants de plus seront tués et blessés chaque jour", a alerté la directrice exécutive de l'Unicef, Catherine Russell.
- "Des êtres humains" -
La trêve avait offert un répit aux habitants de Gaza et permis une accélération de l'aide humanitaire, mais ce flot, qualifié de très insuffisant par l'ONU, a été interrompu par la reprise des hostilités.
Le Croissant-Rouge palestinien a toutefois indiqué samedi avoir "réceptionné des camions d'aide" via le terminal égyptien de Rafah, poste-frontière avec Gaza, les premiers depuis l'expiration de la trêve.
Les besoins sont immenses dans le territoire déjà soumis à un blocus israélien, où plus de la moitié des logements du territoire ont été endommagés ou détruits, et où 1,7 million de personnes --sur 2,4 millions-- ont été déplacées par la guerre d'après l'ONU.
Samedi, l'ONG Médecins sans frontières (MSF) a annoncé que l'hôpital al-Awda, l'un des rares à être encore opérationnels dans le nord de la bande de Gaza, avait été en partie touché par une frappe vendredi.
Fadel Naïm, médecin-chef à l'hôpital Ahli Arab de Gaza, a lui rapporté à l'AFP avoir reçu 30 cadavres samedi à la morgue, dont ceux de sept enfants.
"Les avions ont bombardé nos maisons: trois bombes, trois maisons détruites", a affirmé à l'AFP Nemr al-Bel, 43 ans, disant compter 10 morts dans sa famille et "13 autres encore sous les décombres".
Sur fond de frappes, la situation sanitaire continue de se détériorer dans la bande de Gaza, où l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recensé 111.000 cas d'infection respiratoire aiguë et 36.000 cas de diarrhée chez des enfants de moins de cinq ans parmi les déplacés.
"Quand est-ce que le monde va nous voir comme des êtres humains? Ma famille et moi, on est des civils, on n'a rien à voir avec cette guerre", se désespère Marwa Saleh, 47 ans, arrivée à Khan Younès (sud) après avoir été déplacée de la ville de Gaza (nord).
- "Entrevoir une chance" -
Inquiets de la reprise des hostilités, les familles et proches d'otages continuent de se mobiliser en Israël pour demander la libération des leurs après la confirmation vendredi soir par l'armée israélienne de la mort de cinq otages retenus dans la bande de Gaza.
Après la libération de 110 otages depuis le début du conflit, dont 105 pendant la trêve, en majorité des femmes et des mineurs, 136 otages restent aux mains du Hamas et d'autres groupes affiliés à Gaza, selon les autorités israéliennes.
"On nous a fait entrevoir une chance que les gens sortent, nous rejoignent et reprennent leur vie d'avant", a témoigné, ému, Ilan Zecharya, oncle de l'otage Eden Yerushalmi, âgée d'une vingtaine d'années.
"A tous, à notre pays, nous demandons un nouveau dispositif" pour la "libération de tout le monde", a-t-il imploré.
Y.Baker--AT