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Trêve prolongée entre Israël et le Hamas, attaque meurtrière à Jérusalem
La trêve entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas a été prolongée in extremis pour un septième jour jeudi, dont la matinée a été marquée par une attaque de Palestiniens à Jérusalem lors de laquelle trois personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées.
La pause est entrée en vigueur le 24 novembre après plus de sept semaines de bombardements israéliens sur la bande de Gaza menés en représailles à une attaque sanglante menée le 7 octobre par le Hamas sur le sol israélien lancée depuis le territoire palestinien.
Quelque 240 personnes avaient été prises en otage lors de cette attaque sans précédent et emmenées dans la bande de Gaza, selon Israël.
A quelques minutes de l'expiration de la trêve jeudi, l'armée israélienne a annoncé sur X (ex-Twitter) que "la pause opérationnelle va continuer à la lumière des efforts des médiateurs".
Le Hamas a annoncé aussi que la trêve allait continuer pour un "septième jour", ce qu'a confirmé le Qatar, principal médiateur avec le soutien des Etats-Unis et de l'Egypte.
La trêve, débutée vendredi pour quatre jours puis prolongée déjà une première fois pour deux jours, a déjà permis la libération de 70 otages israéliens et de 210 prisonniers palestiniens.
Vingt-sept étrangers ou bi-nationaux, en majorité des Thaïlandais travaillant en Israël, ont également été libérés hors du cadre de l'accord.
Signe de la fragilité de ce cessez-le-feu temporaire, avant l'annonce de sa prolongation, les brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, et l'armée israélienne s'étaient déclarées prêtes à reprendre le combat.
Ajoutant à la volatilité de la situation, trois personnes ont été tuées jeudi matin et plusieurs autres blessées dans une attaque menée par deux Palestinien affiliés au Hamas contre un arrêt de bus dans l'ouest de Jérusalem, selon la police israélienne.
"Deux terroristes venus en voiture et armés l'un d'un M-16 et l'autre d'un pistolet" ont ouvert le feu vers 07h40 (05h40 GMT), a déclaré le directeur de la police de Jérusalem, Doron Torgeman sur les lieux de l'attentat.
Le Magen David Adom (Mada), équivalent israélien de la Croix-Rouge, a identifié l'un des morts comme étant "une jeune femme de 24 ans". Les deux assaillants "ont été tués", a précisé la police.
Des équipes de police ont formé un cordon sécuritaire, emmenant les corps des victimes et des attaquants présumés, et inspectant les lieux.
- Nouvelles libérations -
La trêve Israël-Hamas "a donné des résultats", dont la libération des otages, et devrait se poursuivre, a déclaré le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, arrivé jeudi tôt en Israël, où il rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant de se rendre en Cisjordanie occupée.
Le sixième échange de prisonniers palestiniens contre des otages du Hamas a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi.
Dix otages israéliens, dont cinq binationaux (un Néerlandais, trois Allemands et un Américain), ainsi que deux Russes et quatre Thaïlandais ont été remis par le Hamas au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), avant d'être conduits en Israël.
En échange, trente Palestiniens (16 mineurs et 14 femmes) détenus dans plusieurs prisons israéliennes ont ensuite été libérés.
Dans la nuit, le Hamas avait affirmé avoir proposé de libérer sept femmes et enfants et de rendre les corps de trois otages tués, selon lui, dans des bombardements sur Gaza en échange d'une prolongation de la trêve, mais qu'Israël avait refusé.
L'armée israélienne avait déclaré mercredi vérifier l'annonce par le Hamas de la mort d'un bébé de dix mois, le plus jeune des otages, de sa mère et de son frère de 4 ans.
Parmi les palestiniens libérés dans la nuit figurent Ahed Tamimi, une militante de 22 ans, icône de la lutte contre l'occupation israélienne.
Elle avait été arrêtée le 6 novembre pour une publication sur Instagram qui, selon des sources israéliennes, appelait au massacre des Israéliens et faisait référence à Hitler.
Sa mère Narimane, dont le mari a également été arrêté, a nié qu'Ahed soit l'auteure de cette publication, ses comptes sur les réseaux sociaux étant systématiquement bloqués par Israël.
Parmi les autres prisonniers libérés, Souheir Al-Barghouti a déclaré à l'AFPTV: "nous avons été libérés grâce au sang versé" à Gaza.
Tout juste relâchée également, Lama Khater a assuré à l'AFPTV que l'officier israélien qui l'avait libérée lui avait dit "nous pouvons vous arrêter à nouveau et la peine sera plus sévère".
- Un Palestinien tué en Cisjordanie -
Si les prisonniers libérés ont été accueillis dans la joie, des affrontements ont éclaté dans la nuit entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes à l'extérieur de la prison d'Ofer, près de Ramallah, en Cisjordanie occupée.
Un Palestinien a été tué, selon le ministère palestinien de la Santé.
Depuis le début de la guerre, selon le ministère palestinien de la Santé, près de 250 Palestiniens ont été tués par des soldats ou des colons en Cisjordanie.
La guerre a commencé le 7 octobre quand des commandos du Hamas ont lancé une attaque en Israël, d'une ampleur inédite. Environ 1.200 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées, selon Israël.
En représailles, Israël a promis d'"anéantir" le Hamas, au pouvoir depuis 2007 à Gaza, pilonnant le territoire palestinien et lançant le 27 octobre une offensive terrestre jusqu'au début de la trêve. D'après le gouvernement du Hamas, 14.854 personnes, dont 6.150 âgées de moins de 18 ans, ont été tuées dans les frappes israéliennes.
L'accord de cessez-le-feu temporaire a accéléré l'entrée de l'aide humanitaire, qui arrivait auparavant au compte-gouttes, mais le volume d'aide "est toujours totalement insuffisant", a dénoncé mercredi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.
"Nous pensons que nous avons besoin d'un véritable cessez-le-feu humanitaire", a-t-il plaidé, décriant "une catastrophe humanitaire monumentale".
Déjà soumis à un blocus israélien depuis 2007, la bande de Gaza a été placée le 9 octobre en état de siège total par Israël.
Selon l'ONU, 1,7 million de ses 2,4 millions d'habitants ont été déplacés par la guerre, et plus de la moitié des logements ont été endommagés ou détruits.
- "J'aurais souhaité mourir" -
Des milliers de déplacés ont profité de la trêve pour rentrer chez eux dans le nord de la bande de Gaza, partie du territoire la plus dévastée, ignorant l'interdiction de l'armée israélienne qui y a pris le contrôle de plusieurs secteurs.
"Si j'avais su que la vie dans le sud serait ainsi, je ne serais pas partie, j'aurais préféré mourir", confie à l'AFP Waed Taha, une Palestinienne qui a quitté au bout de deux semaines de guerre son logement dans "une zone considérée comme très dangereuse" dans le nord de la bande de Gaza.
"Après mon arrivée à Khan Younès et au camp, je suis restée toute une journée en état de choc, sans parler, après avoir vu les tentes. Nous voyions les photos et les images de la Nakba de 1948 à la télévision, mais (maintenant) je les vois pour de vrai", poursuit-elle.
La "Nakba" ("Catastrophe") fait référence aux 760.000 Palestiniens poussés à l'exil après la création d'Israël en 1948.
R.Garcia--AT