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Pour le chef de l'Otan, pas d'alternative : il faut continuer à aider l'Ukraine
L'équation est claire : il n'y a pas d'autre option qu'une poursuite de l'aide à l'Ukraine face à l'invasion russe, a affirmé lundi le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg dans un entretien avec l'AFP au siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles.
La situation compliquée sur le champ de bataille pour les forces ukrainiennes et les difficultés des Occidentaux - en particulier des Américains - à poursuivre leur soutien militaire à Kiev nourrissent les doutes et les inquiétudes quant à une victoire possible de l'Ukraine, près de deux ans après le début de l'invasion russe, le 24 février 2022.
La situation est "difficile", y compris sur le terrain, a reconnu M. Stoltenberg. Néanmoins, les Occidentaux n'ont pas le choix, il en va de la "responsabilité" des dirigeants politiques mais aussi "des citoyens dans nos pays", a-t-il assuré.
"Nous n'avons pas d'autre alternative. Celle consistant à laisser le président (Vladimir) Poutine gagner serait une tragédie pour les Ukrainiens et dangereuse pour nous tous", a affirmé le patron de l'Otan, à la veille d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'Alliance à Bruxelles
Des voix s'élèvent dans certaines capitales pour suggérer une forme de négociation pour l'Ukraine au moment où la ligne de front semble figée, avec l'idée d'une renonciation de certains territoires actuellement aux mains des Russes contre une adhésion de ce pays à l'Otan.
Mais, là encore, M. Stoltenberg se refuse à l'envisager, estimant qu'il appartient à l'Ukraine - et à elle seule - de prendre des décisions à ce sujet.
"C'est à l'Ukraine de décider quel type de conditions elle est prête à accepter", a-t-il affirmé, soulignant que Vladimir Poutine avait d'ores et déjà commis une "énorme erreur stratégique" en envahissant l'Ukraine.
- Mark Rutte ? "Un ami" -
Le secrétaire général de l'Otan, reconduit à son poste cet été pour un an de plus, aura dirigé cette organisation pendant dix ans à la fin de son dernier mandat.
Et s'il se refuse à juger de sa prestation, il souligne les progrès accomplis par l'Alliance que le président français Emmanuel Macron avait jugée en état de "mort cérébrale" avant la guerre en Ukraine.
"Depuis 2014, nous avons été capables de mettre en oeuvre le plus gros renforcement de l'Otan en une génération", a-t-il dit. L'Alliance atlantique "a changé et s'est adaptée à un monde plus dangereux et "nous sommes capables de faire face à n'importe quelle crise à l'avenir".
Interrogé sur son éventuel successeur, et en particulier sur celui dont le nom revient avec insistance, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, Jens Stoltenberg, un ancien économiste reconverti à l'art de la diplomatie, a botté en touche.
"Mark Rutte est un ami, un politicien capable avec beaucoup d'expérience en tant que Premier ministre", a-t-il répondu. Mais, a-t-il aussitôt souligné, "il ne m'appartient pas" de désigner "mon successeur".
Ce Norvégien de 64 ans laisse aussi une Alliance plus étendue avec l'entrée de la Finlande, qui l'a rejointe peu après l'invasion russe de l'Ukraine, après des décennies de neutralité.
Il n'est en revanche toujours pas parvenu à obtenir de la Turquie et de la Hongrie qu'elles ratifient l'adhésion de la Suède à l'Otan, en dépit de mois de tractations.
"Le processus avance mais je voudrais le voir avancer plus vite", a-t-il déclaré, se réjouissant toutefois que le parlement turc ait commencé à examiner cette adhésion, qui requiert l'unanimité des 31 membres de l'Alliance atlantique.
H.Romero--AT