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Israël-Hamas: de nouvelles libérations d'otages et de prisonniers attendues
De nouvelles libérations d'otages du Hamas et de prisonniers palestiniens sont attendues samedi, au deuxième jour de la trêve entre le mouvement islamiste et Israël qui offre un fragile répit aux habitants de Gaza après sept semaines de guerre.
Cette trêve de quatre jours renouvelable, obtenue mercredi par le Qatar avec l'appui des Etats-Unis et de l'Egypte, prévoit la libération de 50 otages retenus dans la bande de Gaza et de 150 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.
Vendredi, les 24 premiers otages relâchés par le Hamas (13 Israéliens, dix Thaïlandais et un Philippin) sont arrivés en Israël via l'Egypte, et 39 Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes sont rentrés chez eux, où ils ont souvent été accueillis dans la liesse.
Le Qatar doit annoncer samedi combien d'otages et de prisonniers doivent être libérés dans la journée. Les autorités israéliennes ont indiqué avoir reçu la liste des otages qui pourront quitter Gaza samedi, mais n'en a précisé ni le nombre ni l'heure prévue de leur libération.
- "De retour à la maison" -
A Tel-Aviv, des visages souriants d'otages libérés étaient projetés vendredi soir sur la façade du musée d'Art, avec les mots: "Je suis de retour à la maison". Et près d'un hôpital de Petah Tikva, dans la banlieue de Tel-Aviv, des personnes ont applaudi et brandi des drapeaux israéliens à l'approche des deux hélicoptères transportant des otages libérés.
"Je vis à côté d'ici, nous sommes venus soutenir les enfants et les adultes qui sont arrivés, nous sommes très émus", commente Noa Halpern, venue avec sa famille. "Nous souhaitons que tout le monde rentre chez soi sain et sauf".
L'armée israélienne estime à environ 240 le nombre de personnes enlevées par le Hamas lors de l'attaque sanglante de commandos islamistes en territoire israélien le 7 octobre, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est dit déterminé à tous les ramener en Israël.
"Je suis heureux d'avoir retrouvé ma famille. Ressentir de la joie est permis et il est permis de verser une larme. C'est humain", déclare Yoni Asher, qui vient de retrouver son épouse Doron et ses deux filles de deux et quatre ans, dans une vidéo diffusée par le Forum des familles d'otages.
Son épouse Doron a perdu sa mère lors de l'attaque, et son frère et le compagnon de sa mère sont toujours otages à Gaza. "Des jours difficiles m'attendent encore", dit-il.
- Liesse en Cisjordanie -
En Cisjordanie occupée, des scènes de liesse ont accompagné le retour des prisonniers palestiniens libérés par Israël en application de l'accord, comme à Beitunia ou plus au nord, dans le camp de réfugiés de Naplouse.
Sous les slogans, au milieu des feux d'artifice, dans une nuée de keffieh, de drapeaux palestiniens et des différents mouvements dont l'étendard vert du Hamas, les détenus libérés embrassent leurs familles et pleurent dans les bras de parents émus.
A Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis 1967, toute célébration a en revanche été interdite. Dans la maison familiale du quartier de Beit Hanina, Marah Bakir, 24 ans dont huit passés en prison pour tentative de meurtre sur un garde-frontière israélien, enchaîne les interviews.
"Je suis heureuse mais ma libération s'est faite au prix du sang des martyrs", affirme-t-elle, évoquant les milliers de Palestiniens tués dans les bombardements sur Gaza. "J'ai passé la fin de mon enfance et mon adolescence en prison, loin de mes parents et de leurs câlins, mais c'est comme ça avec un Etat qui nous oppresse et ne laisse aucun de nous tranquilles", ajoute-t-elle.
Selon les autorités israéliennes, 1.200 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées le 7 octobre, lors de l'attaque du Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.
En représailles, Israël a bombardé sans relâche le territoire palestinien et y a lancé le 27 octobre une offensive terrestre afin "d'éliminer" le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.
Dans la bande de Gaza, 14.854 personnes, parmi lesquelles 6.150 enfants, ont été tuées par les frappes israéliennes lancées sans discontinuer depuis les airs, la terre et la mer, selon le gouvernement du Hamas.
- Embouteillages à Gaza -
La trêve offre un fragile moment de répit aux Gazaouis. Mais le fracas de la guerre a été remplacé par les klaxons des embouteillages et les sirènes des ambulances qui tentent de se frayer un chemin au milieu des déplacés quittant en masse des hôpitaux et des écoles où ils avaient trouvé refuge pour "rentrer chez eux".
Plus de la moitié des logements du territoire ont été endommagés ou détruits, selon l'ONU, et 1,7 million de personnes ont été déplacées, sur les 2,4 millions que compte la bande de Gaza.
A Khan Younès, dans le sud du territoire, un homme âgé passe, un sac sur l'épaule. La voix enrouée, il dit avoir "confiance car c'est la trêve" et rentre enfin "au village", à Khouzaa, le long de la frontière avec Israël.
Autour, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants marchent, s'entassent dans des voitures ou se laissent porter sur des carrioles.
Mais des tracts lancés depuis les airs par l'armée israélienne préviennent: "la guerre n'est pas encore finie".
L'armée considère que le tiers nord du territoire, où se trouve la ville de Gaza, est une zone de combat et ordonne à tous les civils d'en sortir. "Revenir dans le Nord est interdit et très dangereux!!!", prévient le tract.
Malgré cet avertissement d'Israël, plusieurs milliers de Palestiniens ont tenté de rejoindre le nord de Gaza vendredi, selon l'agence des Nations unies chargée de la coordination humanitaire (Ocha).
Toujours d'après l'Ocha, au moins une personne a été tuée et plusieurs dizaines blessées dans des incidents avec les forces israéliennes, qui ont ouvert le feu et lancé des gaz lacrymogènes sur des Palestiniens se dirigeant vers le nord.
La trêve doit en outre permettre l'entrée d'un plus grand nombre de convois d'aide humanitaire dans la bande de Gaza, soumise à un blocus israélien depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas en 2007 et en état de "siège complet" depuis le 9 octobre, Israël ayant coupé l'approvisionnement en eau, en nourriture, en électricité, en médicaments et en carburant.
Vendredi, 200 camions chargés d'aide sont entrés à Gaza, selon le service du ministère de la Défense israélien chargé des affaires civiles à Gaza. Il s'agit du "plus gros convoi humanitaire" depuis le début de la guerre, a souligné l'Ocha.
T.Perez--AT