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Vers une trêve et la libération d'otages à Gaza
La trêve entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza doit débuter vendredi matin, suivie par la libération de 13 otages, premiers signes de répit après des semaines de guerre.
Le Qatar, médiateur clé avec l'Egypte et les Etats-Unis, avait obtenu mercredi un accord portant sur une trêve de quatre jours renouvelable, doublée d'un échange de 50 otages retenus à Gaza contre 150 détenus palestiniens.
L'entrée en vigueur de cette trêve, initialement prévue jeudi, a été repoussée à vendredi matin, a annoncé le Qatar. A quelques heures de cette échéance, les combats se poursuivaient dans la bande de Gaza.
"La pause humanitaire débutera à 07H00 (05H00 GMT) vendredi", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, indiquant que 13 otages femmes et enfants retenus dans la bande de Gaza seraient libérés "aux alentours de 16H00 (14H00 GMT) le même jour".
Les autorités israéliennes doivent recevoir la veille au soir de chaque libération la liste des otages devant être relâchés le lendemain.
Maayan Zin a appris jeudi que ses deux filles ne faisaient pas partie des personnes devant être libérées vendredi.
"C'est incroyablement difficile pour moi", a-t-elle écrit sur X (ex-Twitter), bien que "soulagée pour les autres familles".
A Jérusalem-Est occupée, la Palestinienne Samira Douayyat a évoqué la possible libération de sa fille Shourouk, 26 ans, qui aura purgé la moitié de sa peine de 16 ans de prison. "Je pleure, je ris, je tremble", dit-elle à l'AFP.
- "Par ordre d'ancienneté" -
Israël a diffusé une liste de 300 Palestiniens susceptibles d'être libérés au total, comptant 33 femmes et 267 jeunes de moins de 19 ans. Parmi ces détenus, 49 sont membres du Hamas.
"Nous avons posé comme condition que (...) les prisonniers femmes et enfants palestiniens" soient libérés "par ordre d'ancienneté" en détention, a déclaré Bassem Naïm, haut cadre du Hamas.
La plupart des prisonniers sont originaires de Cisjordanie occupée mais cinq sont de Gaza, a précisé pour sa part le responsable israélien.
Les Gazaouis "vont être renvoyés chez eux", entrant "probablement" dans Gaza par un point de passage israélien dans le sud du territoire, a-t-il poursuivi.
- Retour à la guerre ? -
La communauté internationale a salué l'accord de trêve, y voyant un premier pas vers un éventuel cessez-le-feu durable.
Disant "travailler à une solution politique à long terme à cette crise", le chef de la diplomatie britannique David Cameron a rencontré jeudi Benjamin Netanyahu, et doit s'entretenir vendredi avec des responsables palestiniens.
"Nous n'arrêtons pas la guerre. Nous continuerons jusqu'à la victoire", a affirmé le chef d'état-major israélien, le général Herzi Halevi.
"Prendre le contrôle du nord de la bande de Gaza est la première étape d'une longue guerre et nous nous préparons pour les prochaines phases", a précisé le porte-parole de l'armée Daniel Hagari.
Mais cette trêve "ne peut pas seulement être une pause", a déclaré l'ambassadeur palestinien à l'ONU, Riyad Mansour, appelant à l'utiliser pour empêcher la reprise des combats dans la bande de Gaza.
La guerre a été déclenchée par l'attaque d'une ampleur et d'une violence inédites dans l'histoire d'Israël menée le 7 octobre par le Hamas sur le sol israélien.
Selon les autorités, 1.200 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées et environ 240 personnes enlevées le jour de l'attaque.
En représailles, Israël, qui a promis "d'anéantir" le Hamas, bombarde sans relâche la bande de Gaza, où 14.854 personnes ont été tuées, dont 6.150 enfants, selon le gouvernement du Hamas.
- Frappes avant la trêve -
Au moins 27 personnes ont été tuées et 93 autres blessées dans une frappe sur une école de l'ONU du nord de la ville de Gaza, a affirmé sous couvert d'anonymat un médecin de l'hôpital al-Awda du camp de Jabaliya.
L'AFP n'était pas en mesure de confirmer l'origine de la frappe. L'armée israélienne n'a pas commenté ce cas précis mais a confirmé jeudi des frappes dans le secteur de Jabaliya.
Dans le sud, des frappes ont visé la région de Khan Younès, d'où s'élevaient d'immenses colonnes de fumée noire, éclairées par les explosions des bombes.
"Je pense qu'il y a encore une vingtaine de personnes sous les décombres", a déclaré à l'AFP un Palestinien à la recherche de survivants dans un bâtiment détruit à Bani Souheila, à l'est de la ville.
L'armée israélienne a affirmé avoir tué Amar Abou Jalalah, un commandant local des forces navales du Hamas, dans ces frappes aériennes sur Khan Younès.
- Trêve insuffisante -
Les bombardements ont dévasté le territoire palestinien et provoqué une grave crise humanitaire selon l'ONU, avec notamment le déplacement d'environ 1,7 million des 2,4 millions d'habitants de Gaza, où l'aide entre au compte-gouttes.
La trêve permettra l'entrée d'un "plus grand nombre de convois humanitaires et d'aide, y compris du carburant" qu'actuellement, selon le Qatar.
Mais elle reste "insuffisante" pour faire entrer l'aide nécessaire à Gaza, ont souligné des ONG internationales, réclamant un véritable cessez-le-feu.
"Une trêve pour faire entrer de l'aide, nous n'en voulons pas. Nous voulons rentrer chez nous", a lancé Maysara Assabagh, 42 ans, qui a trouvé refuge à Khan Younès.
A.Williams--AT