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Frappes israéliennes sur Gaza, la guerre a fait des milliers de morts
De nouveaux raids israéliens ont frappé mercredi la bande de Gaza, en partie transformée en champ de ruines, en riposte à l'attaque sanglante lancée par le Hamas, qui a traumatisé Israël et déclenché une guerre dont les morts se comptent déjà par milliers.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a qualifié l'offensive massive, d'une ampleur sans précédent déclenchée depuis Gaza contre Israël le 7 octobre à l'aube, de "sauvagerie jamais vue depuis la Shoah", promettant que son pays allait "vaincre avec de la force, énormément de force"
Cette attaque a provoqué la sidération dans le pays, où au moins 169 soldats ont été tués en quatre jours, selon l'armée, et où se multiplient les récits de rescapés ou de témoins racontant des scènes d'extrême violence.
Israël a riposté en pilonnant sans relâche l'enclave palestinienne, mobilisé 300.000 réservistes et déployé des dizaines de milliers de soldats autour de Gaza et à sa frontière nord avec le Liban.
Dans la nuit de mardi à mercredi, des bombardements ont fait au moins 30 morts dans l'enclave palestinienne, touchant des dizaines d'immeubles, des usines, des mosquées et des magasins, a annoncé le gouvernement du Hamas. Selon l'armée israélienne, plusieurs cibles du mouvement islamiste ont été touchées.
Mercredi matin, des femmes, leurs enfants dans les bras, fuyaient entre les décombres des immeubles effondrés, dans des rues dévastées de la ville de Gaza.
Des avions de combat israéliens ont aussi bombardé une université islamique de la bande de Gaza liée au Hamas, soulevant dans le ciel d'épais nuages de poussière lorsque les bâtiments se sont effondrés, selon un correspondant de l'AFP.
Israël avait annoncé mardi avoir repris en partie le contrôle de sa frontière avec la bande de Gaza. A la frontière nord, l'armée israélienne a frappé une nouvelle fois mercredi le sud du Liban en riposte à des tirs de roquettes revendiqués par le Hezbollah pro-iranien, allié du Hamas.
L'offensive a suscité de multiples condamnations internationales, ainsi que des inquiétudes face à l'éventualité d'un assaut terrestre sur Gaza.
- Menaces pour les otages -
Le bilan des attaques en Israël est passé à plus de "1.200 morts", a annoncé mercredi l'armée israélienne, qui a fait état par ailleurs de 169 soldats tués. Plus de 2.700 personnes ont été blessées et des dizaines d'autres sont officiellement recensées comme "otages ou disparues".
Du côté palestinien, 900 personnes sont mortes et plus de 4.500 ont été blessées, selon les autorités locales. Le Hamas a annoncé que deux de ses hauts responsables avaient été tués par des frappes israéliennes.
L'armée israélienne a annoncé en outre mardi avoir récupéré les corps de 1.500 combattants du Hamas dans les zones voisines de Gaza dont elle a repris le contrôle.
Les forces aériennes israéliennes ont par ailleurs indiqué mercredi que "des dizaines d'avions de combat ont récemment attaqué plus de 200 cibles dans le quartier d'Al Furkan", dans la ville de Gaza.
Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, menace de son côté d'exécuter des otages enlevés en Israël. Parmi eux se trouvent des jeunes capturés pendant un festival de musique, où des combattants ont fait irruption samedi, tuant 250 personnes selon une ONG.
- "Deux enfants assassinés" -
Dans le kibboutz de Beeri, où une autre attaque a fait une centaine de morts, les combattants "tiraient sur tout le monde", "ils ont assassiné de sang-froid des enfants, des bébés, des gens âgés, tout le monde", a témoigné Moti Bukjin, le porte-parole de Zaka, une ONG qui a participé à la collecte des corps.
"Je n'avais jamais rien vu de pire. J'ai craqué quand j'ai vu les corps de deux enfants assassinés", raconte encore un officier israélien de 24 ans, Omer Barak, dans le kibboutz de Kfar Aza où 100 personnes ont été tuées.
Samedi à l'aube, après avoir franchi la barrière frontalière qu'Israël considérait infranchissable, des centaines de combattants du Hamas s'étaient engouffrés depuis la bande de Gaza dans des localités du sud du pays, allant de maison en maison, abattant des citoyens ou les enlevant.
L'offensive terrestre, aérienne et maritime a surpris Israël en plein Shabbat, le repos juif hebdomadaire, et au dernier jour des fêtes de Souccot.
Le président américain Joe Biden a promis mardi qu'il aiderait son allié à se défendre face au "mal à l'état pur".
Le Hamas a dénoncé des propos "incendiaires", jugeant que le président américain tentait de "dissimuler les crimes d'Israël".
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken est attendu en Israël jeudi.
- Les hôpitaux débordés -
Dans les hôpitaux de la bande de Gaza, la situation est catastrophique. L'hôpital al-Chifa de la ville de Gaza déborde de blessés. "Certains meurent bien avant" d'avoir pu être soignés, raconte un médecin.
L'ONU a affirmé que le siège total de la bande de Gaza, où plus de 263.000 personnes ont déjà été déplacées par la guerre, était "interdit" par le droit international humanitaire.
L'offensive du Hamas a été lancée 50 ans et un jour après la guerre qui avait pris Israël par surprise et fait 2.600 morts côté israélien en trois semaines.
Les Brigades Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont annoncé avoir déclenché cette offensive pour "mettre fin aux crimes de l'occupation", en référence à l'occupation israélienne des territoires palestiniens.
Israël avait retiré ses troupes et évacué les colons de la bande de Gaza en 2005 après avoir occupé ce territoire depuis 1967.
Mais il a gardé le contrôle de l'espace aérien et des eaux territoriales et imposé un blocus depuis 2007, contrôlant strictement le passage des biens et des personnes entre Israël et l'enclave.
R.Lee--AT