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Un tour en bateau sur l'Elbe pour relancer le couple franco-allemand
Des conversations "informelles", un tour en bateau, des sandwiches au poisson : en panne depuis des mois, le couple franco-allemand cherche à se réinventer lors d'un séminaire à Hambourg, lundi et mardi.
Autour du chancelier Olaf Scholz et du président Emmanuel Macron, une vingtaine de ministres côté français et l'équipe gouvernementale allemande se retrouvent dans la métropole portuaire du nord de l'Allemagne, deuxième ville du pays.
L'agenda consacré aux transformations industrielles et technologiques devrait être bousculé par la guerre entre Israël et le Hamas.
Tout en réaffirmant leur soutien sans faille à Israël, la France et l'Allemagne multiplient les consultations pour éviter un "embrasement" régional.
C'est la première fois que l'exécutif allemand, rompu à la pratique de "retraites" censées faire germer bonnes idées et consensus, invite un partenaire étranger, souligne la présidence française.
Aucune annonce immédiate n'est à attendre de ce format "intime", a-t-on prévenu des deux côtés.
- Coalition affaiblie -
"On va faire du bateau, se promener sur l'Elbe, manger des Brötchen (petits pains) au poisson et discuter de moyen, long terme", a relevé une conseillère présidentielle.
Démodés les plus officiels Conseils des ministres franco-allemands, dont le rythme a progressivement ralenti depuis leur institution en 2003 ?
La guerre en Ukraine a mis à nu plusieurs divergences de fond sur cette alliance historique, motrice de la construction européenne.
Au point de pousser les deux premières puissances européennes, en 2022, à reporter de quelques mois le dernier Conseil des ministres franco-allemand.
A cause des émeutes en France, Emmanuel Macron avait aussi dû reporter, début juillet, une visite d'Etat en Allemagne, la première d'un président français depuis plus de 20 ans.
Or, "le temps presse pour les Allemands et les Français" dont "la machine à compromis" est tombée "à son plus bas niveau en termes d'efficacité", estime Jacob Ross, politologue au centre Alfred von Oppenheim pour les questions sur l'avenir de l'Europe.
De l'énergie à la défense en passant par l'immigration, "de plus en plus de grandes questions sont sur la table et attendent des réponses", juge-t-il.
Les dissensions qui minent la coalition du chancelier social-démocrate avec ses alliés écologistes et libéraux ne facilitent pas les avancées.
Les trois partis du gouvernement ont subi une sévère défaite dimanche lors d'élections dans deux grandes régions allemandes, illustration de leur impopularité croissante.
- Alchimie -
Olaf Scholz, près de deux ans après son arrivée au pouvoir, ne semble pas non plus avoir trouvé avec Emmanuel Macron l'alchimie qui avait fait le succès de tandems précédents.
Le chancelier allemand a donc opté pour Hambourg, où il a grandi et qu'il a dirigée de 2011 à 2018, donnant à ces retrouvailles franco-allemandes une dimension plus personnelle.
La retraite débutera lundi après-midi par une visite du site industriel d'Airbus, l'un des symboles de la coopération entre les deux pays.
Place ensuite à la longue liste des contentieux: le projet de char du futur (MGCS) franco-allemand, enlisé dans les rivalités entre industriels, ou celui de bouclier antimissile européen voulu par Olaf Scholz, objet d'un désaccord stratégique avec Paris.
Quant à la réforme du marché européen de l'électricité, elle donne lieu à une bataille exposant le différend sur le nucléaire, entre Berlin qui y a renoncé et Paris qui veut pouvoir continuer d'offrir à bas prix aux ménages et à l'industrie cette source d'énergie.
La fermeture de trois sites de l'Institut Goethe en France, vitrines culturelles de l'Allemagne, devrait aussi être évoquée, Paris ayant déploré "un signal pas très heureux".
Paris arrive avec l'ambition d'un investissement commun pour faire émerger des champions européens de l'intelligence artificielle.
Pour Marie Krpata, du Comité d'étude sur les relations franco-allemandes à Paris, l'objectif de créer "une alliance de l'intelligence artificielle" s'inscrit avant tout dans "une stratégie de réduction des risques à l'égard de la Chine", dit-elle à l'AFP.
France et Allemagne partagent la volonté de ne pas dépendre de Pékin dans les secteurs économiques stratégiques, même si le changement de cap est plus risqué pour Berlin dont le géant asiatique est le premier partenaire commercial.
M.O.Allen--AT