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Kosovo: la Serbie ramène "à la normale" le niveau de ses troupes à la frontière
Mise en garde par Washington, la Serbie a affirmé lundi avoir ramené "à la normale" le niveau de ses troupes le long de la frontière avec le Kosovo, qui l'accuse d'avoir planifié d'"annexer" ses territoires dans le nord, une semaine après un regain de violences.
Les Etats-Unis, principal allié international du Kosovo, avaient alerté vendredi sur un "important déploiement militaire serbe le long de la frontière avec le Kosovo", appelant la Serbie à "retirer (ses) troupes".
L'Otan a annoncé dimanche de son côté que sa mission militaire au Kosovo, forte de 4.500 soldats, serait renforcée par 600 militaires britanniques, dont 400 sont déjà sur place, dans le cadre d'un exercice.
Face à cette pression, le chef d'état-major de l'armée serbe a tenu à rassurer sur les intentions de Belgrade.
"Le régime de fonctionnement des unités (...) dans la zone de sécurité" le long de la "ligne administrative avec le Kosovo a été ramené à la normale", a dit le général Milan Mojsilovic dans une déclaration à la presse à Belgrade.
Il a précisé que le nombre de militaires a été réduit de 8.350 à 4.500, une semaine après les dernières violences dans le nord du Kosovo.
Les dirigeants de la Serbie, qui ne reconnaît pas l'indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province majoritairement albanaise, qualifient la frontière avec le Kosovo de "ligne administrative".
Le nord du Kosovo, une zone à majorité serbe, a été le théâtre le 24 septembre d'affrontements musclés entre les forces spéciales de la police kosovare et un commando paramilitaire lourdement armé, qui aurait été mis en place par un responsable politique des Serbes du Kosovo, Milan Radoicic.
Dans un premier temps, un policier kosovar a été tué et un autre blessé sur une barricade dressée à l'entrée du village de Banjska, à 15 km de la frontière serbe.
La police kosovare a alors lancé une opération d'envergure contre ce groupe, qui s'était retranché dans un monastère de l'Eglise orthodoxe serbe. Trois de ses membres ont été tués, trois autres arrêtés. Les autres ont fui, dont Milan Radoicic, qui a déclaré à Belgrade, par la voie de son avocat, avoir organisé et équipé le groupe à l'insu de Belgrade.
Il s'agit d'une des plus graves escalades survenues dans le nord du Kosovo, secoué ces derniers temps par des incidents fréquents.
- Privilégier la paix -
Le général Mojsilovic s'est déclaré "surpris" par la "profonde inquiétude de certains" au sujet du déploiement des forces serbes, moins important, selon lui, que d'habitude dans des "crises sécuritaires similaires".
Il a précisé que l'armée serbe avait déployé 14.000 soldats dans la même région en décembre 2022 et en mai 2023. Par ailleurs, a-t-il souligné, les forces serbes n'avaient pas été placées cette fois-ci en "état d'alerte maximale", comme les fois précédentes.
De son côté, le ministre serbe de la Défense Milos Vucevic a dénoncé une "campagne (...) irresponsable" contre l'armée serbe et ses déploiements, mais il a aussi laissé entendre que les forces serbes étaient en mesure d'envahir le Kosovo si le président serbe Aleksandar Vucic venait à l'ordonner.
"Si l'armée serbe reçoit un tel ordre du président de la Serbie, qui est son commandant suprême, à savoir que ses unités entrent sur le territoire du Kosovo, en tant que partie intégrante de la Serbie, l'armée serbe accomplira cette tâche de façon efficace, professionnelle et réussie", a déclaré M. Vucevic.
Plus tôt dans la journée, le Premier ministre kosovar Albin Kurti a accusé la Serbie d'avoir eu l'intention d'"annexer" le nord du Kosovo.
"Sur la base de documents saisis, la police du Kosovo a confirmé que l'attaque terroriste faisait partie d'un plan plus vaste visant à annexer le nord du Kosovo par le biais d'une attaque coordonnée sur 37 positions" au total, a écrit M. Kurti sur le réseau social "X", anciennement Twitter.
Le plan était, selon lui, de "mettre en place un corridor vers la Serbie" pour "permettre l'approvisionnement en armes et en troupes".
Un tiers des quelque 120.000 Serbes du Kosovo (1,8 million d'habitants) vivent dans le nord du Kosovo, région frontalière de la Serbie où Pristina souhaite asseoir sa souveraineté. Soutenus par Belgrade, ils refusent toute allégeance au gouvernement du Kosovo.
Le jour même de l'attaque, les autorités de Pristina avaient affirmé que Belgrade était derrière le groupe armé, des accusations que les autorités serbes rejettent.
L.Adams--AT