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L'UE craint un Poutine "affaibli" et redit son soutien à l'Ukraine
Les dirigeants européens réunis en sommet se sont inquiétés jeudi des risques induits par un Vladimir Poutine affaibli après la rébellion qui a déstabilisé le pouvoir russe, et ont réitéré leur soutien à long terme à l'Ukraine.
Le président russe a été "affaibli" par la rébellion du groupe Wagner ce qui fait de lui "un plus grand danger", a affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, à son arrivée à Bruxelles. "Il faut que nous soyons très attentifs aux conséquences".
"Jusqu'à présent, nous considérions la Russie comme une menace pour sa force déployée en Ukraine. Aujourd'hui, nous devons considérer la Russie comme un risque en raison de son instabilité interne", a-t-il poursuivi.
Cette mutinerie a montré de "profondes fissures" dans le système mis en place par Poutine et "elle aura des conséquences pour nous", a également averti la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
L'Ukraine était jeudi au coeur des discussions des dirigeants européens, avec une intervention prévue du président Volodymyr Zelensky en visio-conférence.
L'UE a martelé son engagement sur la durée au côté de Kiev. "Il est important que nous doublions le soutien à l'Ukraine, pour la capacité militaire et l'aide financière", a plaidé Mme von der Leyen.
Elle a proposé le 20 juin aux Etats membres d'approuver un paquet d'aide de 50 milliards d'euros pour soutenir l'Ukraine jusqu'en 2027, dans le cadre d'une rallonge du budget pluriannuel de l'UE.
- "Tenir longtemps" -
Le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement européens est "l'occasion de nous mettre d'accord sur la manière dont nous allons continuer à organiser ensemble notre soutien à l'Ukraine", a souligné le chancelier allemand Olaf Scholz.
"Nous devons nous préparer à ce que cela dure longtemps", a-t-il expliqué.
Le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, invité du sommet, a également plaidé pour une aide durable à l'Ukraine, qui ambitionne d'adhérer à l'Alliance atlantique et à l'UE.
"Il faut continuer à soutenir l'Ukraine pour qu'elle reste un pays souverain et indépendant, sinon les débats sur l'adhésion n'auront plus lieu d'être", a-t-il averti.
Kiev a réclamé jeudi de la clarté concernant la perspective de rejoindre l'Otan après la guerre. "L'Ukraine continue de travailler activement avec tous les alliés de l'Otan pour les convaincre que le moment est venu pour de la clarté sur (son) adhésion à l'Alliance", a déclaré le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba.
Mercredi, Volodymyr Zelensky avait réclamé que l'Otan s'engage sur des éléments "concrets" lors de son sommet prévu les 11 et 12 juillet prochains à Vilnius (Lituanie).
L'Union européenne, de son côté, doit se préparer à l'adhésion de l'Ukraine et aborder le sujet sensible des réformes à mener pour être en mesure d'intégrer ce pays, géant agricole, a averti le président du Conseil européen, Charles Michel.
"Le débat sera difficile", a-t-il reconnu dans un entretien à l'AFP. "Mais nous ne devons pas attendre le dernier moment si, en décembre, le rapport de la Commission européenne recommande d'ouvrir les négociations d'adhésion avec l'Ukraine".
Volodymyr Zelensky réclame l'ouverture des négociations d'adhésion dès la fin de l'année 2023. Cette décision requiert l'approbation unanime des 27 Etats membres.
En juin 2022, l'UE a accordé à l'Ukraine le statut de candidat à l'adhésion dans un geste hautement symbolique à la suite de l'invasion du pays par la Russie. Neuf autres pays, dont la Serbie, le Kosovo, la Moldavie et la Turquie, frappent à la porte de l'UE.
L'élargissement sera au coeur des discussions lors des prochains sommets européens de Grenade en Espagne et de Bruxelles à la fin de l'année.
A.Moore--AT