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Visite surprise de Biden à Kiev qui promet plus d'aide militaire
Le président américain Joe Biden a effectué une visite surprise à Kiev lundi, promettant de nouveaux armements et un soutien "indéfectible" à son allié ukrainien, à quelques jours du premier anniversaire de l'invasion russe.
C'est dans le plus grand secret, que le dirigeant américain est parti dans la nuit de dimanche à lundi des Etats-Unis. La Maison Blanche n'a pas précisé comment il était allé à Kiev mais tous les dirigeants occidentaux prennent le train en Pologne pour rejoindre la capitale ukrainienne.
Une fois à Kiev, il a annoncé que les Etats-Unis allaient une fois encore accroître leur aide à l'Ukraine.
Au cours d'un point presse avec son homologue Volodymyr Zelensky, il a évoqué 500 millions de dollars d'assistance supplémentaire dont les détails seront annoncés dans les jours à venir.
"J'ai pensé qu'il était essentiel qu'il n'y ait aucun doute sur le soutien des Etats-Unis à l'Ukraine", a-t-il encore dit.
M. Biden a quitté la capitale ukrainienne en début d'après-midi. Il est attendu pour une visite mardi en Pologne, l'un des principaux soutiens européens de l'Ukraine.
Ce dernier pays a un besoin crucial de munitions de longue portée et de chars pour s'opposer à une nouvelle offensive russe et pour reprendre les territoires occupés par l'armée de Moscou dans l'est et le sud.
M. Zelensky a ainsi salué les livraisons attendues de chars américains Abrams, annoncés il y a quelques semaines après de longues tergiversations et insisté sur les besoins de son armée pour des munitions d'artillerie d'une portée supérieure à 100 kilomètres. Washington en a promis mais leur nombre et le calendrier de leur envoi reste incertains.
- Alertes antiaériennes -
Le chef de l'Etat ukrainien a aussi confirmé avoir discuté avec M. Biden d'armements de longue portée, un sujet "très important" car l'Ukraine a besoin de tels systèmes hautement précis pour frapper les lignes d'approvisionnement russes et surmonter son manque d'hommes et d'armements.
"Cette conversation (avec le président américain) nous rapproche de la victoire", a dit M. Zelensky.
Cette première visite à Kiev de M. Biden et la première d'un président américain en Ukraine depuis 2008 suit celles de nombre de dirigeants européens dans la capitale ukrainienne et celle de M. Zelensky à Washington en décembre.
Le président ukrainien y a vu un "signe extrêmement important de soutien", relevant que les deux dirigeants voulaient discuter de "comment gagner (la guerre dès) cette année".
Selon lui, le soutien militaire américain à l'Ukraine démontre que la Russie "n'a aucune chance de gagner".
Le président américain a quant à lui martelé que "la guerre de conquête" du président russe Vladimir Poutine était "en train d'échouer".
"Poutine a cru que l'Ukraine était faible et l'Occident divisé", a-t-il noté, "il a juste eu tout faux".
Les alertes antiaériennes ont par ailleurs retenti à un moment où Joe Biden était aux côtés du président Zelensky, sortant d'une église, sans provoquer de panique.
Ils se sont aussi recueillis aussi devant un mémorial dédié aux soldats ukrainiens tués.
Le président américain a exprimé son admiration pour la résilience des Ukrainiens : "C'est plus qu'héroïque".
De son côté, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a estimé que le déplacement de M. Biden montrait que "plus personne n'a peur" de la Russie.
L'Ukraine fait face ces dernières semaines à une intensification des combats dans l'est de son territoire, la Russie espérant percer le front pour reprendre l'initiative après d'humiliants revers à l'automne.
- Discours de Poutine et Biden -
Vladimir Poutine doit pour as part prononcer mardi un grand discours annuel devant l'élite politique russe, un évènement qui devrait être largement consacré à la guerre en Ukraine.
M. Biden sera quant à lui à Varsovie et doit aussi s'exprimer.
Le maître du Kremlin a déclenché le 24 février 2022 l'invasion de l'Ukraine, prétendant que celle-ci voulait orchestrer un "génocide" des populations russophones de ses régions orientales.
Mais l'offensive, qui devait être éclair, s'est rapidement enlisée et, dès le printemps 2022, M. Poutine a dû renoncer à prendre Kiev, retirant ses forces du nord de l'Ukraine.
A la fin de l'été, face à une armée ukrainienne renforcée par une aide militaire occidentale très importante, les Russes ont dû abandonner le nord-est, puis en novembre la ville de Kherson dans le sud.
Depuis, le front est largement stable, même si les forces russes ont redoublé leurs efforts dans l'est, notamment en vue de prendre la ville de Bakhmout, aujourd'hui largement détruite.
Observateurs et experts considèrent que l'Ukraine et la Russie veulent déclencher de grandes offensives à la fin de l'hiver ou au début du printemps.
Les forces russes ont enregistré de lourdes pertes, même si celles-ci n'ont pas été reconnues officiellement et Moscou présente désormais la guerre comme un conflit par procuration orchestré par les Occidentaux contre la Russie.
Enfin, la Chine, une alliée de la Russie, a été accusée par le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken d'envisager de fournir des armes aux Russes.
Des déclarations qualifiées de "fausses informations" lundi par Wang Wenbin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, relevant que ce sont les Américains qui "envoient constamment des armes sur le champ de bataille".
H.Romero--AT