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Présidentielle: Marine Le Pen suspend sa campagne pour chasser les parrainages
La candidate du Rassemblement national Marine Le Pen a annoncé mardi suspendre sa campagne de terrain afin de se consacrer à la quête de parrainages d'élus, sur fond de craintes que des candidats majeurs à la présidentielle ne puissent pas se présenter au scrutin du 10 avril.
Marine Le Pen, qui a obtenu 393 parrainages selon la liste actualisée publiée mardi après-midi par le Conseil constitutionnel, a annulé plusieurs déplacements prévus cette semaine. Tout comme son rival Eric Zemmour ou à gauche le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, elle peine à rassembler les signatures d'au moins 500 élus nécessaires pour se présenter à l'élection.
A moins de dix jours de la clôture des parrainages le 4 mars, ce thème a fait irruption à l'Assemblée, lors des dernières questions au gouvernement de la législature.
Le Premier ministre Jean Castex a appelé les élus à "apporter leurs parrainages" aux candidats en lice, en soulignant qu'une telle démarche "n'est pas automatiquement synonyme de soutien politique".
De nombreux maires, dans les zones rurales notamment, hésitent en effet à afficher publiquement leurs parrainages.
M. Castex a indiqué qu'il recevrait jeudi matin les associations d'élus locaux afin "d'évoquer ensemble cette situation (...) parce qu'il y a un sujet profondément démocratique".
Mme Le Pen, finaliste à l'Elysée en 2017, donnée dans les sondages en deuxième position derrière Emmanuel Macron au premier tour, a multiplié dernièrement les appels aux élus.
Le candidat de Reconquête! Eric Zemmour (350 parrainages) passe également des coups de fils tous azimuts aux élus locaux. "Forcément ça nous entrave, ça nous prend beaucoup de temps, tout le monde est mobilisé", a affirmé M. Zemmour à la presse, craignant un "séisme démocratique" s'il n'obtenait pas ses parrainages.
- Sang-froid -
Pour l'instant, six candidats ont obtenu les fameux sésames : la candidate LR Valérie Pécresse, la socialiste Anne Hidalgo, le communiste Fabien Roussel, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud (LO) , ainsi que l'écologiste Yannick Jadot qui a franchi le seuil ce mardi avec 565 paraphes. Pas encore candidat, le président Emmanuel Macron a largement fait le plein des parrainages.
Proche allié de M. Macron, le président du MoDem François Bayrou, qui bataille pour que tous prétendants puissent se présenter, a revendiqué mardi une réserve de 180 élus prêts à endosser les principaux candidats en difficulté.
La démarche fait cependant l'objet de critiques, y compris chez les Insoumis pour qui "ce sont les incendiaires qui font les pompiers".
"C'est une situation qui commence à échapper à tout le monde", a déclaré M. Mélenchon tout en disant garder son "sang-froid" alors qu'il fait presque le plein avec 442 paraphes à son compteur.
Dans une tribune publiée mardi par le JDD, 50 élus ont par ailleurs annoncé parrainer Christiane Taubira, qui n'a obtenu à ce stade que 104 signatures.
- Poutine bouscule la campagne -
L'affront de Vladimir Poutine sur l'Ukraine est venu par ailleurs bousculer la campagne présidentielle, les candidats dénonçant mardi l'"instrumentalisation" d'Emmanuel Macron qui est monté en première ligne et n'a pas ménagé ses efforts pour éviter l'escalade.
Pour un président qui a lui-même lié son entrée en campagne à l'intense séquence diplomatique, l'échec est palpable et ses adversaires ne se sont pas privés pour le critiquer tout en condamnant la Russie et en appelant les Européens à faire preuve de fermeté.
A l'Elysée, on faisait valoir qu'en décidant de reconnaître l'indépendance des régions séparatistes prorusses de l'Est de l'Ukraine, le président russe "n'a pas respecté la parole donnée".
Tout en assurant ne pas "reprocher au président d'avoir tenté de dialoguer avec Poutine", Valérie Pécresse juge que "ce dialogue a été trop tardif et solitaire".
"Macron a fait son job. Simplement, il a été manipulé, instrumentalisé" par Vladimir Poutine, a renchéri Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat.
Jean-Luc Mélenchon a lui insisté sur "le bilan navrant de Macron dans cet épisode", tout en jugeant la Russie "responsable" de la crise actuelle.
"A-t-il été un leurre pour Poutine?", a-t-il cependant questionné, évoquant un "énorme gâchis".
Yannick Jadot devait protester devant l'ambassade de Russie en fin d'après-midi. Il a demandé qu'Emmanuel Macron "reçoive toutes les candidates et les candidats et les partis représentés pour discuter de la situation en Ukraine".
La candidate du Rassemblement national, elle, a jugé que "Emmanuel Macron a cherché à se servir de cette séquence diplomatique pour sa prochaine entrée en campagne" et "faire de la communication", tout en estimant que "tout doit être fait pour retrouver la voie du dialogue afin d'assurer la paix en Europe".
Sans surprise, la majorité présidentielle est à la rescousse du président, écartant à l'image du député macroniste Roland Lescure des "polémiques à deux sous".
K.Hill--AT