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Nouvelle-Zélande: démission surprise de la Première ministre Jacinda Ardern
La Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a annoncé jeudi sa démission, prenant son pays par surprise en assurant n'avoir "plus assez d'énergie" pour continuer à gouverner après cinq ans et demi au pouvoir et à neuf mois des élections législatives.
"Je suis humaine. Nous donnons autant que nous le pouvons et aussi longtemps que nous le pouvons, et puis c'est le moment. Et pour moi, ce moment est arrivé", a dit Mme Ardern lors d'une réunion de son Parti travailliste.
"Je n'ai tout simplement plus assez d'énergie pour quatre ans supplémentaires", a-t-elle ajouté, précisant qu'elle quitterait ses fonctions le 7 février.
Jacinda Ardern, 42 ans, était devenue Première ministre dans un gouvernement de coalition en 2017, avant de conduire le Parti travailliste de centre-gauche vers une victoire écrasante lors de l'élection suivante, trois ans plus tard.
Durant son mandat, elle a été confrontée à la pandémie de Covid-19, à une éruption volcanique meurtrière et au pire attentat jamais perpétré dans le pays, le meurtre de 51 fidèles musulmans dans une mosquée de Christchurch par un suprémaciste blanc en 2019.
Très populaire à l'étranger, où elle a fait la couverture des magazines Vogue et Time, elle a longtemps bénéficié d'un taux d'approbation record en Nouvelle-Zélande également, où les médias ont parfois même parlé de "Jacindamania". Mais elle a récemment vu son parti et sa cote de popularité personnelle chuter dans les sondages, alors que la situation économique se détériore et que l'opposition de droite reprend des forces.
"Il est grand temps. Elle a détruit l'économie et les prix des denrées alimentaires sont montés en flèche", se plaignait jeudi Esther Hedges, une habitante de Cambridge, sur l'île nord de la Nouvelle-Zélande.
"Je ne suis pas heureuse avec elle et je ne connais personne qui le soit", a ajouté cette femme de 65 ans.
Pour Christina Sayer, 38 ans, Mme Ardern est au contraire "le meilleur Premier ministre que nous ayons eu". "J'aime le type de personne qu'elle est et elle se soucie des gens. Je suis désolée de la voir partir".
- Elections le 14 octobre -
Le mois dernier, le stress de Mme Ardern était apparu évident quand elle a été involontairement surprise au micro en train de traiter un responsable de l'opposition de "connard arrogant".
Lors de sa première apparition publique depuis que le Parlement a entamé ses vacances d'été il y a un mois, Mme Ardern a expliqué jeudi qu'elle avait espéré profiter de cette pause pour trouver l'énergie nécessaire pour continuer à gouverner.
"Mais je n'ai pas été en mesure de le faire", a-t-elle reconnu.
Elle a annoncé que les prochaines élections se tiendront le 14 octobre prochain, et que d'ici-là, elle continuerait à exercer son mandat de députée.
Les récents sondages donnent l'avantage, pour cette élection, à une coalition de centre-droit au détriment du Parti travailliste. Mais Mme Ardern a assuré qu'il ne s'agit pas là de la raison de son départ.
"Je ne pars pas parce que je crois que nous ne pouvons pas gagner les prochaines élections, mais parce que je crois que nous le pouvons et que nous le ferons", a-t-elle affirmé.
Elle a indiqué que sa démission prendrait effet au plus tard le 7 février, et le caucus travailliste voterait pour désigner un nouveau chef dans trois jours.
Le vice-Premier ministre, Grant Robertson, a aussitôt fait savoir qu'il ne serait pas candidat à la succession de Mme Ardern.
La Première ministre sortante a assuré qu'il n'y avait aucune raison secrète derrière sa démission. "Je pars parce qu'un poste aussi privilégié s'accompagne d'une grande responsabilité. La responsabilité de savoir quand vous êtes la bonne personne pour diriger, et aussi quand vous ne l'êtes pas", a-t-elle dit.
Jacinda Ardern a été en 2018 le deuxième Premier ministre au monde à avoir accouché en cours de mandat, après la Pakistanaise Benazir Bhutto en 1990. Elle s'est dite impatiente de passer plus de temps avec sa fille Neve, qui doit commencer l'école plus tard cette année, et de se marier avec son compagnon, la star de la télévision Clarke Gayford.
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a salué en Mme Ardern une cheffe de gouvernement qui a "montré au monde comment diriger avec intelligence et avec force".
A.Taylor--AT