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L'assaut des Bolsonaristes au Brésil: un air de déjà-vu aux Etats-Unis
Un charismatique dirigeant de droite qui refuse de reconnaître sa défaite électorale, boycotte la cérémonie d'investiture de son successeur et s'abstient d'intervenir quand ses partisans attaquent le siège du gouvernement: le Brésil a suivi dimanche à la lettre l'exemple des Etats-Unis.
Lorsqu'il était au pouvoir, Jair Bolsonaro s'est inspiré directement de Donald Trump, adoptant volontiers le surnom de "Trump des Tropiques".
Comme l'ancien président américain, le dirigeant brésilien s'est appuyé sur la droite religieuse conservatrice, la défense du port d'armes, le dédain pour la communauté LGBT+, le rejet du discours politique traditionnel et des médias, ainsi que l'amour du drapeau et des bains de foules.
Ce n'est donc pas une surprise si après sa défaite le 30 octobre face au candidat de gauche Luiz Ignacio Lula da Silva, M. Bolsonaro a suivi la voie tracée par Donald Trump après la sienne face à Joe Biden en 2020.
Après avoir semé pendant des mois le doute sur la légitimité du décompte électoral, il n'a jamais reconnu avoir perdu l'élection et a assisté sans réagir au saccage du siège du gouvernement par ses partisans avant de publier avec réticence un appel au calme.
Même les dates des insurrections sont quasiment identiques: le 6 janvier à Washington et le 8 janvier à Brasilia, bien que dans le cas brésilien, M. Bolsonaro était déjà remplacé, tandis que Donald Trump était encore président.
Le parallèle va jusqu'aux institutions: comme les Etats-Unis, le Brésil a une Cour suprême, un Sénat, une Chambre des représentants, une présidence dotée de pouvoirs importants, un système fédéral avec des Etats dirigés par des gouverneurs et une capitale qui n'est contrôlée par aucun Etat fédéré.
"Nous sommes passés de l'Amérique phare de la liberté et de la démocratie, à l'Amérique inspiratrice et exportatrice d'insurrections", a regretté sur MSNBC le commentateur politique conservateur américain Charlie Sykes.
"Ce n'est pas une vue de l'esprit. Le rôle que le trumpisme a joué dans tout ceci est évident", a-t-il ajouté.
- La Floride en commun -
L'impression de déjà-vu était frappante dimanche.
Comme lors de l'assaut contre le Capitole américain il y a deux ans, les forces de l'ordre ont été débordées par des insurgés qui, le drapeau national en écharpe, ont saccagé les bureaux de hauts dirigeants et les symboles du pouvoir, se filmant les uns les autres avec délectation.
Et les similitudes vont encore au-delà.
Lorsqu'ils étaient tous les deux au pouvoir, Jair Bolsonaro a été reçu par Donald Trump à la Maison Blanche, mais surtout dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.
C'est d'ailleurs dans cet Etat du sud-est des Etats-Unis que l'ex-président brésilien s'est rendu, deux jours avant la fin de son mandat, pour s'installer dans la propriété d'un ex-champion d'arts martiaux, José Aldo, à Orlando.
Selon plusieurs médias, M. Bolsonaro, qui garde de graves séquelles de l'attentat à l'arme blanche qui a failli lui coûter la vie en septembre 2018, y a été hospitalisé lundi après avoir ressenti de fortes douleurs abdominales.
Comme Donald Trump, qui promeut sa famille pour attirer un électorat plus jeune, Jair Bolsonaro met en avant son fils Eduardo, qui a été invité à s'exprimer dans des meetings ultra-conservateurs aux Etats-Unis et, selon le Washington Post, a même rencontré M. Trump à Mar-a-Lago après la défaite de son père.
Les liens entre les deux hommes se sont maintenus après le départ de Donald Trump de la Maison Blanche. Steve Bannon, l'ex-éminence grise du milliardaire américain, condamné à quatre mois de prison pour avoir refusé de coopérer avec l'enquête parlementaire sur l'assaut du Capitole, a été étroitement associé aux campagnes de désinformation du clan Bolsonaro sur les résultats de l'élection présidentielle brésilienne.
Affirmant qu'il n'y a "pas de meilleure personne en ce monde" qu'Edouardo Bolsonaro ou son père, Steve Bannon a ainsi déclaré en novembre que les machines de vote utilisées au Brésil serviraient à "voler l'élection". Dimanche, il a fait l'éloge des insurgés sur les réseaux sociaux.
Un autre proche de Trump, son conseiller Jason Miller, a été brièvement arrêté à l'aéroport de Brasilia en 2021 après avoir rencontré M. Bolsonaro et participé à l'édition brésilienne de la Conférence d'action politique conservatrice (CPAC), un forum d'abord créé aux Etats-Unis.
"Ce qui se passe au Brésil est un événement mondial", avait déclaré Steve Bannon au Washington Post après la défaite électorale de M. Bolsonaro. C'est un mouvement qui "dépasse les Bolsonaro, qui dépasse Trump".
B.Torres--AT