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Brésil: A l'assaut du Congrès, les bolsonaristes crient "intervention militaire"
"Intervention militaire"! hurlent des bolsonaristes qui ont envahi par centaines et saccagé dimanche le Congrès brésilien, une marée jaune et verte de radicaux violents qui refusent d'accepter le résultat de l'élection présidentielle.
"Nous, les patriotes, avons été volés dans les urnes par Lula", affirme à l'AFP Isabella Silva, fonctionnaire de 49 ans. "Je demande aux forces armées de prendre le pouvoir et de nettoyer le Congrès, de faire un nettoyage général".
Ces partisans de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro, défait d'une courte tête par le candidat de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, réclamaient depuis le second tour le 30 octobre l'intervention de l'armée.
Inlassablement, ils ont manifesté devant des casernes militaires, ne pouvant admettre un retour au pouvoir Lula pour un troisième mandat, après ceux de 2003 à 2010.
Sarah Lima, ingénieure de 27 ans, est sur la Place des Trois pouvoirs avec ses jumelles de 19 mois: "Je suis venue pour l'histoire, pour mes filles". "Il faut qu'on rétablisse l'ordre, après cette élection frauduleuse", dit-elle à l'AFP.
Elles sont toutes trois habillées du maillot jaune de la Seleçao, la sélection de football du Brésil, un symbole que se sont approprié les bolsonaristes.
Elle a fait le déplacement de Goianesia, à 300 km de Brasilia, dans l'Etat voisin de Goias, car elle souhaite un recomptage des voix pour "savoir si c'était vraiment ça ou non".
"Nous ne reconnaissons pas ce gouvernement parce qu'il est illégitime", renchérit à l'AFP Victor Rodrigues, qui, comme des centaines d'autres partisans pro-Bolsonaro, campe depuis le résultat des élections devant le commandement de l'armée, à Brasilia, pour demander une "intervention militaire".
Certains d'entre eux avaient également bloqué des axes routiers pendant plus d'une semaine après l'élection.
Ce cri de ralliement d'"intervention militaire" a continué de s'élever de la foule restée aux abords du Congrès des heures durant, malgré les fumées des gaz lacrymogènes ou les canons à eau de la police.
- "Nous reviendrons" -
Après plus de quatre heures, les forces de l'ordre sont parvenues à évacuer le Congrès, où les dégâts sont nombreux, les manifestants brisant tout ce qu'il pouvaient dans ce bâtiment moderniste qui abrite le Sénat et la Chambre des députés.
Ils ont escaladé la rampe menant au toit d'où ils ont été délogés par des grenades assourdissantes lancées par les forces de l'ordre depuis un hélicoptère, a constaté l'AFP.
Contrairement à l'assaut du Congrès américain à Washington en janvier 2021, survenu un jour de semaine, les bâtiments gouvernementaux envahis à Brasilia, dont le palais présidentiel de Planalto et le siège de la Cour suprême, étaient vides en ce dimanche.
Selon la chaîne CNN, des manifestants ont mis le feu au tapis d'un salon du Congrès, qui a dû être inondé pour éteindre l'incendie.
Sur les fenêtres de la façade qui n'ont pas été brisées étaient inscrites certaines des revendications: "Intervention maintenant", "Suppression des trois pouvoirs", exécutif, législatif et judiciaire.
Sur la place, deux voitures de police ont été vandalisées et au moins une a été incendiée.
À la tombée de la nuit, la police a finalement évacué les trois bâtiments et procédé à des arrestations. Jair Bolsonaro lui-même a condamné "les déprédations et invasions de bâtiments publics". Mais il a dans le même temps "rejeté les accusations, sans preuve" de Lula, qui a déclaré que le discours. de son prédécesseur avait "encouragé" les "vandales fascistes".
Victor Rodrigues, affirme qu'il n'abandonnera pas la lutte : "Nous ne reculons pas, nous allons partir d'ici mais nous reviendrons".
K.Hill--AT