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Rétrospective 2022: quand la sécurité des JO-2024 de Paris devient enjeu national
Le fiasco de la finale de la Ligue des champions 2022, cumulé aux inquiétudes des services de sécurité autour de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris, et de la gestion de la délinquance pendant l'évènement, confèrent à la question sécuritaire une importance cruciale.
Le 28 mai, date de la finale de Ligue des champions remportée par le Real Madrid contre Liverpool (1-0), aura sans doute eu une vertu, "celle de réveiller un peu tout le monde, notamment pour les JO", avait confié à l'AFP une source proche des organisateurs.
Les scènes de violence, de vols, la gestion calamiteuse du public par les forces de l'ordre, cet "immense bordel" selon une source proche des arcanes sportives, lors de cette finale organisée au Stade de France à Saint-Denis, dans un département qui va accueillir une partie des épreuves des Jeux de Paris, ont frappé les esprits, au-delà de l'Hexagone.
"Sur un seul évènement, les services mobilisés ce soir-là ont perdu dix ans de légitimité, de travail, de reconnaissance", alors "qu'au quotidien, ils gèrent des centaines d’opérations de sécurisation qui se passent plutôt bien", regrette une source policière.
- "Sparadrap" -
C'est "un sparadrap qui va nous coller jusqu'au JO", avait résumé quelques semaines plus tard une source gouvernementale auprès de l'AFP. La question de savoir si finalement la France était capable de sécuriser un événement planétaire comme les JO est alors brusquement apparue.
"Il y a eu un certain nombre de loupés. Nous allons tout faire pour vraiment être en ordre de marche pour que la fête soit la fête et que la France soit à la hauteur", a assuré vendredi sur RTL le procureur général près la cour d’appel de Paris, Rémy Heitz.
"Ce sont deux évènements qui n'ont rien à voir, qui n'ont pas le même public. Mais si certains avaient oublié qu'il y avait un léger souci de délinquance en Seine-Saint-Denis, cela leur a servi de piqûre de rappel", estime de son côté un haut fonctionnaire proche de Beauvau.
Ce coup de semonce a sans aucun doute joué dans la reprise en main qui a suivi, "clairement venue de l'Elysée", assure ce haut-fonctionnaire. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est emparé pleinement du dossier, multipliant les sorties en assurant que la sécurité des JO était bien une, voire LA priorité de son ministère, appuyé par le nouveau préfet de police de Paris Laurent Nunez, en remplacement de Didier Lallement.
"Darmanin joue son avenir, lui qui a de l'ambition sait désormais que son futur est conditionné à la réussite sécuritaire des JO", analyse une source politique.
L'arrivée de Laurent Nunez à la PP a également redonné sa place aux JO au sein des services franciliens. "Ce n'est plus la même approche", assure une source policière, le préfet Lallement "était plus focalisé sur les Gilets Jaunes, le maintien de l'ordre, ce genre de choses, que sur les JO, qui étaient lointains pour lui."
En octobre 2022, le ministre a détaillé son plan d'attaque, et notamment pour cette cérémonie d'ouverture hors norme, sur la Seine, la première hors d'un stade: 35.000 policiers mobilisés pour la cérémonie, une jauge fixée à 600.000 spectateurs, 30.000 policiers et gendarmes mobilisés par jour, et un plan +zéro délinquance+ sur les sites accueillant les JO...
- "One shot" -
La cérémonie d'ouverture, avec 160 bateaux attendus et plus de 10.000 athlètes pour naviguer sur près de 6 km, constitue un enjeu majeur, "un challenge énorme", avec notamment la "gestion des flux au bord de l’eau", qui n'est pas encore calée, selon cette source policière.
La philosophie des organisateurs se confronte toujours à celle des services de sécurité sur cette question, les premiers souhaitant laisser les spectateurs libres de circuler sur les quais hauts de la Seine, les autres désirant les "fixer", et mettre en place une billetterie gratuite, selon plusieurs sources. Les quais bas de la Seine accueilleront eux des tribunes avec des places assises (environ 100.000).
Les services de la PP "n’ont encore jamais travaillé sur des scénarios comme celui-là". "Quand c’est répétitif, ils peuvent faire des +debriefs+, s’améliorer, pérenniser ce qui n’a pas marché. Là ce sera un +one shot+".
A.Clark--AT