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Fleuve Silala: la justice de l'ONU tranche le différend Chili-Bolivie
La plus haute juridiction de l'ONU rend son verdict jeudi sur un litige entre le Chili et la Bolivie concernant l'utilisation d'un petit mais crucial fleuve transfrontalier, une querelle alimentée par le changement climatique.
Le Chili a amené son voisin sud-américain devant la Cour internationale de justice (CIJ) en 2016, demandant au tribunal de déclarer le Silala "cours d'eau international" et de lui donner des droits égaux sur ses eaux.
Il s'agit du dernier d'une série de différends entre le Chili asséché et la Bolivie enclavée, qui se disputent l'accès à l'océan Pacifique depuis près de 150 ans.
Le Silala prend sa source dans les zones humides de haute altitude de la Bolivie et traverse la frontière avec le Chili, s'écoulant sur environ huit kilomètres.
La Bolivie considère que le Silala a été dévié artificiellement par le Chili grâce à un système de canaux construits pour recueillir l'eau des sources et réclame une compensation financière à son voisin.
Les juges de la CIJ, qui siège à La Haye, rendront leur verdict à 15h00 (14h00 GMT).
Les deux pays ont une longue histoire de litiges devant la CIJ, créée en 1946 pour régler les disputes entre Etats.
L'ancien président bolivien Evo Morales avait cherché à utiliser la controverse sur le fleuve comme monnaie d'échange dans une affaire distincte devant la CIJ, dans laquelle La Paz avait exigé de contraindre Santiago à négocier un accès souverain à l'océan Pacifique.
La CIJ avait en 2018 douché les espoirs de La Paz de retrouver un accès à la mer, qu'il a perdu lors de la guerre du Pacifique de 1879-1884.
À l'époque, M. Morales avait menacé de réduire le débit du Silala dans le désert aride d'Atacama au Chili et d'imposer des frais pour son utilisation.
- Changement climatique -
Les relations entre les deux pays sont suspendues depuis 1978 en raison du différend frontalier sur l'accès à la mer.
Lors des dernières audiences sur l'affaire Silala en avril, la représentante du Chili, Ximena Fuentes, a déclaré que la demande de La Paz à Santiago de payer pour l'utilisation de la rivière Silala était "absurde".
Face aux conséquences du changement climatique mondial et à la raréfaction de l'eau douce, "les pays sont appelés à coopérer dans la gestion efficace des ressources en eau partagées", avait ajouté Mme Fuentes.
La Bolivie a riposté, affirmant que le cas de Santiago était "hypothétique" et qu'elle n'avait "jamais" fait quoi que ce soit pour bloquer le flux du Silala sur le territoire chilien.
Les arrêts de la CIJ sont contraignants et sans appel, bien que la cour n'ait aucun moyen réel de les faire appliquer.
L'eau est un enjeu majeur au moment où le changement climatique a des effets de plus en plus graves.
Le Chili traverse actuellement une "méga sécheresse" de 13 ans, la plus longue depuis au moins 1.000 ans, qui menace les ressources en eau douce du pays.
En Bolivie, le Pantanal - la plus grande zone humide du monde qui s'étend également sur le Brésil et le Paraguay - connaît sa pire sécheresse en 47 ans.
B.Torres--AT