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Macron attendu à Washington pour une visite fastueuse et stratégique
Emmanuel Macron est attendu mardi soir à Washington pour une visite d'Etat qui mêlera les fastes de la Maison Blanche aux discussions stratégiques avec Joe Biden sur la guerre en Ukraine et le protectionnisme commercial des Etats-Unis.
Le président français, qui s'est envolé pour la capitale fédérale peu avant 16H00 GMT, entend évoquer avec son homologue américain le plan massif de soutien à la transition énergétique, ou Inflation Reduction Act (IRA), qui accorde de généreuses subventions aux véhicules électriques, batteries ou énergies renouvelables à condition qu'ils soient "made in America".
Concurrence déloyale, protectionnisme, peste-t-on à Paris, où l'on espère arracher des "exemptions" ciblées pour quelques industries européennes.
Juste avant de partir, Emmanuel Macron a déjeuné à l'Elysée avec le Conseil d'affaires franco-américain, qui réunit une quarantaine de grands patrons des deux pays, dont ceux de TotalEnergie, LVMH, IBM, McDonald's ou encore Goldman Sachs.
Objectif: les "inviter à poursuivre" dans la voie des "investissements" en France, a expliqué la présidence française.
Car la France redoute plus que tout que l'IRA favorise des délocalisations vers les Etats-Unis et sape en conséquence les efforts de réindustrialisation entrepris.
- "Opportunités" -
Au-delà de ces très hypothétiques exemptions, le président Macron plaide donc auprès des autres Européens pour qu'ils se dotent d'armes commerciales comparables, avec un "Buy European Act" qui donnerait, aussi, la priorité aux produits fabriqués sur le Vieux Continent.
L'IRA "va créer des opportunités pour des entreprises européennes ou françaises, ce n'est pas un jeu à somme nulle", a tenté de rassurer un haut responsable américain, avant la visite.
Ces frictions ne devraient en effet pas gâcher la fête de cette visite d'Etat, la deuxième pour Emmanuel Macron qui fut déjà l'invité d'honneur de Donald Trump en 2018.
Mercredi, après avoir parlé de coopération spatiale avec la vice-présidente Kamala Harris en présence des astronautes français Thomas Pesquet et Sophie Adenot, d'environnement avec des parlementaires américains et de nucléaire civil avec des acteurs de la filière, le chef de l'Etat s'adressera à la communauté française puis retrouvera, en compagnie de son épouse Brigitte Macron, Joe et Jill Biden pour un "dîner privé".
Ce sera l'occasion d'un premier échange dans un "cadre très informel, très franc et très amical", dit un conseiller français.
Jeudi, c'est ensuite dans un cadre beaucoup plus solennel, bien que festif, qu'Emmanuel Macron sera reçu à la Maison Blanche, fraîchement parée des riches décorations et illuminations mises en place pour les fêtes de fin d'année.
- Coups de canon -
Entre les sapins de Noël chargés de neige artificielle, les guirlandes et les figurines - dont celles représentant le chien et le chat des Biden -, il sera accueilli par le président américain lors d'une cérémonie scandée par vingt-et-un coups de canon, les hymnes et le passage en revue des troupes.
Après un entretien dans le huis clos du Bureau ovale, une conférence de presse conjointe et une réunion avec les dirigeants du Congrès américain, place au moment fastueux du dîner d'Etat.
Sous une tente dressée dans les jardins de la Maison Blanche, il sera animé par Jon Batiste, chanteur et compositeur, virtuose du melodica mais aussi personnalité engagée dans la défense des droits des Afro-Américains.
Ce jazzman qui navigue entre la pop et la soul est un pilier de la scène musicale de la Nouvelle-Orléans, la ville de Louisiane jadis française où Emmanuel Macron se rendra vendredi pour une visite dédiée à la francophonie, en présence du cinéaste Claude Lellouche et du danseur et chorégraphe Benjamin Millepied.
Au-delà des questions commerciales, le rendez-vous américain doit permettre aux présidents des deux pays alliés d'afficher leur unité dans le soutien à l'Ukraine et, peut-être, d'esquisser un message commun en faveur de l'idée de négociations, à terme, pour mettre fin à la guerre lancée par la Russie - un thème cher au chef de l'Etat français que certains, à Washington, commencent aussi à défendre.
La France veut enfin "resynchroniser les agendas de l'Union européenne et des Etats-Unis face aux crises" sur les "prix de l'énergie" et "la lutte contre l'inflation", a déclaré mardi le porte-parole du gouvernement français Olivier Véran.
A.Clark--AT