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Le feu "stable" pour l'heure dans les Landes, priorité donnée aux attaques au sol
Après trois jours de lutte intense, le feu de forêt dans les Landes est "stable" actuellement, et les pompiers privilégient dimanche les attaques au sol, pour fixer d'abord les lisières.
"Pour l'heure le feu est stable. Aujourd'hui l'objectif est de l'attaquer au sol pour fixer les lisières dans un premier temps", a expliqué dimanche à l'AFP Ramuntxo Recarte, président de l'Union départementale des sapeurs-pompiers landais.
"Mais il va falloir être chirurgical et attaquer la moindre fumerolle si on veut être efficaces", a-t-il prévenu. Ensuite seulement "il faudra s'attaquer à l'intérieur du feu. Ça demande beaucoup d'énergie".
La situation évolue "plutôt favorablement", l'incendie n'ayant pas connu de "reprise majeure" dans la nuit de samedi à dimanche, a aussi souligné le préfet des Landes Gilles Clavreul dans son point-presse matinal.
Le retour de l'humidité ainsi que la baisse des températures (28°C attendus dans l'après-midi contre 40°C au début de l'incendie jeudi) facilite aussi désormais le combat contre les flammes, selon M. Clavreul.
La surface parcourue par les flammes a été réévaluée à 1.700 hectares, contre près de 1.600 samedi. Mais "ça ne traduit pas une évolution nette, c'est nous qui avons réévalué l'enveloppe", grâce au travail de cartographie effectué dans la nuit par des drones, a-t-il expliqué.
Dans la salle des fêtes de Luglon, transformée en base arrière des pompiers, le moral semble meilleur que les jours précédents. L'organisation y est millimétrée pour nourrir les 550 pompiers mobilisés et des dizaines de bénévoles.
"On travaille de 06H30 à 13H00, puis une autre équipe prend le relais, sourit Laetitia, une bénévole à la protection civile, qui a fait 1H30 de route pour "venir aider, par solidarité".
- "Pourvu que ça tienne" -
Aux abords d'une maison isolée en forêt, des bénévoles de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI), des agents communaux et des élus des villages voisins noient les reprises du feu sur les lisières encore chaudes, à bord de pick-up chargés de citernes d'eau.
Ailleurs, bottes au pied et béret sur la tête, Gérard Uriona, un habitant qui a refusé d'évacuer pour "sauver (sa) maison" léchée jeudi par les flammes, sort d'une parcelle brûlée en bordure de Luglon. "On a bossé comme des monstres toute la nuit", souffle-t-il.
"Ça fait trois jours qu'on ne dort pas. Notre mission c'est de pister le feu et d'éteindre les reprises. Le sol est encore chaud, il peut repartir à tout moment", s'inquiète ce retraité de 75 ans, bénévole de la DFCI.
"Y a du mieux ce matin. On respire. Pourvu que ça tienne". Devant le camping de Sabres où sont accueillis des évacués de Luglon et Garein, les deux villages les plus proches des incendies, une femme âgée fait partager son optimisme au gérant de l'établissement. Mais "les gens commencent à s'impatienter, à s'agacer", glisse le gérant, "épuisé" de la situation et des sollicitations de la presse.
Alors que deux Dash, quatre Canadair et le mégahélicoptère Chinook, prêté par l'Australie, s'étaient relayés incessamment samedi dans le ciel, "il y aura sans doute beaucoup moins de rotations" aériennes dimanche, mais "c'est plutôt bon signe", a encore déclaré M. Clavreul.
Mais "il y a encore beaucoup de travail devant nous", et il est encore trop tôt pour autoriser le retour des 650 évacués, principalement à Luglon, a-t-il prévenu.
- Lecornu en Gironde lundi -
Il s'agit du troisième incendie majeur cet été dans l'immense massif des Landes de Gascogne, majoritairement peuplé de pins maritimes desséchés par les vagues de chaleur favorisées par le changement climatique, après ceux fin juillet de Biscarrosse (Landes, 3.700 hectares) et Saumos (Gironde, 42.000 hectares).
Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit se rendre lundi en Gironde avec plusieurs ministres pour lancer le chantier de la reconstruction après le mégafeu qui avait nécessité l'évacuation de 220.000 personnes.
En France, 2026 bat déjà le record de surfaces brûlées en 20 ans de mesures satellitaires, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), qui recense près de 100.000 hectares brûlés.
Dans les Ardennes, un feu de forêt a parcouru une centaine d'hectares depuis samedi matin mais la situation est désormais "plus favorable", a indiqué dimanche la préfecture du département.
La sécheresse favorise aussi les départs de feu ailleurs en Europe, notamment en Belgique, confrontée à l'un des plus grands incendies de son histoire, avec désormais près de 3.000 hectares brûlés dans un parc naturel proche de l'Allemagne.
H.Romero--AT