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La canicule s'étend, avec 53 départements en vigilance orange
La canicule s'étend vendredi en France, avec désormais 53 départements concernés par la vigilance orange - le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est -, une situation qui a conduit plusieurs municipalités à annuler la populaire Fête de la musique prévue dimanche.
L'épisode de chaleur s'annonce "étendu, durable et intense", avertit Météo-France.
Le "pic caniculaire remarquable" est attendu entre dimanche et mardi, avec des "pointes à 40°C en particulier sur l'Ouest et le Centre", prévoit l'organisme.
Emmanuel Macron a appelé à une "grande vigilance" et à "prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables" car "ce sont des jours difficiles".
La France subit "des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique", souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.
Cours annulés, emploi du temps réaménagé, regroupements dans les salles les plus fraîches: les établissements scolaires s'organisent pour faire face à la canicule. Dans l'académie de Poitiers, les épreuves de "grand oral" du bac, prévues l'après-midi du lundi 22 et mardi 23 juin, ont été reportées d'une semaine.
Deux demi-journées où les écoles resteront fermées à Tours. "C'est une bonne chose. Ma fille était indisposée par la chaleur. Il faisait 36°C dans la classe à 16H00", a déclaré à l'AFP Caroline, mère d'une fillette de 6 ans en CP.
A Sens (Yonne) des écoles fermeront dès vendredi midi. A Strasbourg, la municipalité écarte cette option mais va "demander au rectorat s'il peut autoriser les parents qui le souhaitent à ne pas emmener leurs enfants à l'école".
Le ministre de l'Education Edouard Geffray, qui se rend vendredi dans une école en Eure-et-Loir, devrait donner des précisions sur le nombre d'élèves concernés par les reports d'oraux et les éventuelles fermetures de classes.
La chaleur met également en péril la populaire Fête de la musique, tradition née il y a plus de quarante ans et prévue dimanche. Les animations ont été annulées à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), ainsi que dans plusieurs petites villes en Seine-et-Marne, Gironde, Sarthe ou Charente-Maritime.
La préfecture de police a recommandé l'annulation des événements sportifs en plein air à Paris et dans la petite couronne. Pour lutter contre la pollution, des mesures sont par ailleurs mises en place à compter de vendredi, dont la circulation différenciée dans une partie de l'agglomération parisienne ainsi que la réduction de la vitesse maximale autorisée.
Dans le monde du travail, surtout en extérieur, l'adaptation est de mise. "Il fait très chaud entre deux rangs de vigne, surtout après 11 heures le matin. On demande à nos employés d'avoir toujours une casquette pour éviter coups de soleil et insolation", explique David Latorse, qui exploite une parcelle du domaine du même nom à La Sauve (Gironde).
Mais la chaleur profite aussi à certaines activités. "Le malheur des uns fait le bonheur des autres", admet Annabelle Poinot, qui exploite des marais salants sur l'île d'Oléron en Charente-Maritime.
- Risque sanitaire -
Après une première récolte précoce en mai lors du premier épisode de chaleur, elle s'attend à une belle production avec la nouvelle poussée de thermomètre, favorable à l'évaporation.
Sous un soleil de plomb, les conditions de travail sont difficiles, mais "tu ne fais pas ce métier si tu n'aimes pas la chaleur. Il faut accepter de se faire brûler la gueule", résume son frère Simon, le co-gérant de l'exploitation.
A Paris, une portion du canal Saint-Martin a été autorisée à la baignade. Des foules en maillot de bain ont plongé à la recherche d'un peu de fraîcheur.
Les effets néfastes de la canicule se font aussi sentir la nuit. Lorsque la température ne descend pas sous les 20°C, le sommeil et les capacités de récupération en pâtissent, et "le risque sanitaire augmente", rappelle le gouvernement.
L'épisode est particulièrement difficile à traverser pour les quartiers populaires, surexposés à la précarité énergétique d'été et au phénomène des "logements bouilloires", a alerté la Fondation pour le logement des défavorisés jeudi.
"On étouffe", déplore Léria, 32 ans, femme au foyer dans les tours Nuage de Nanterre (Hauts-de-Seine). "Avant, c'était l'hiver qui était pourri, on crevait de froid, mais maintenant, j'ai peur quand l'été approche".
C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites pour le mois.
H.Thompson--AT