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Rishi Sunak en position de force pour accéder à Downing Street, peut-être dès lundi
L'ancien ministre des Finances britannique Rishi Sunak voit affluer les soutiens et renforce sa position pour remporter, peut-être dès lundi, les clés de Downing Street et remplacer Liz Truss en tant que Premier ministre, après le renoncement spectaculaire de Boris Johnson.
L'ancien chef du gouvernement a affirmé dimanche soir dans un communiqué qu'il disposait des 100 soutiens de députés nécessaires pour se présenter dans ce processus interne au parti conservateur, mais qu'il y renonçait en raison des divisions au sein de la majorité.
"Vous ne pouvez pas gouverner efficacement si vous n'avez pas un parti uni au Parlement", a-t-il estimé.
Son renoncement ouvre la voie à la victoire de Rishi Sunak, 42 ans, candidat malheureux cet été contre Liz Truss, Première ministre éphémère qui a démissionné après seulement 44 jours au pouvoir, victime de la tempête financière provoquée par ses projets de baisses d'impôts massives.
Petit-fils d'immigrés d'origine indienne au parcours classique de l'élite britannique, Rishi Sunak, richissime ancien banquier, serait alors le premier non-blanc à diriger le gouvernement britannique.
Il continue lundi à engranger des soutiens, notamment de fidèles de Boris Johnson, comme l'ex-ministre de l'Intérieur Priti Patel, et est soutenu par plus de la moitié des 357 députés "tories".
- Mordaunt s'accroche -
Au cours d'un intense week-end de tractations, M. Sunak a annoncé dimanche sa candidature. "Je veux redresser notre économie, unir notre parti et agir pour notre pays", a-t-il déclaré sur Twitter, promettant dans un tacle à Boris Johnson "intégrité, professionnalisme et responsabilité".
Il est pour l'instant le seul candidat à avoir franchi le cap des 100 parrainages. L'autre candidate, la ministre des Relations avec le Parlement Penny Mordaunt, en est loin. Il ne lui reste que quelques heures, avant 13H00 GMT, pour espérer remonter la pente, mais ses soutiens affichent leur optimisme quant aux chances de celle qui se présente comme source d'unité pour le parti.
Elle a salué lundi la "décision difficile" de Boris Johnson, qui "a placé le pays avant le parti, et le parti avant lui-même".
Si elle parvient à se qualifier, les adhérents devront les départager par un vote en ligne d'ici à vendredi.
- Johnson prend date -
Sinon, Rishi Sunak pourrait être couronné dès lundi soir, en pleine fête hindoue de Diwali, pour devenir le cinquième Premier ministre depuis le référendum du Brexit de 2016, qui a ouvert une page de turbulences économiques et politiques inédites au Royaume-Uni.
L'ancien Chancelier, gardien de l'orthodoxie budgétaire et bourreau de travail, séduit une grande partie de son camp alors que le pays traverse une sévère crise économique et sociale, avec une inflation à plus de 10% et des grèves qui se multiplient. La situation n'a cessé de se dégrader ces derniers mois alors que le gouvernement était paralysé par les soubresauts successifs agitant la majorité et a été encore aggravée par les errements de Liz Truss qui ont déstabilisé les marchés et fait chuter la livre.
M. Sunak avait régulièrement dénoncé cet été le plan économique de Liz Truss et il apparaît comme une figure rassurante pour les marchés britanniques.
Toujours sûr de lui, Boris Johnson, 58 ans, s'est lui dit convaincu qu'il aurait eu, s'il avait choisi d'être candidat, "une bonne chance (...) de retourner à Downing Street". Il avait annoncé sa démission en juillet, acculé par des dizaines de démissions dans son gouvernement, dont celle de M. Sunak.
Rentré samedi de vacances dans les Caraïbes pour engranger des soutiens, Boris Johnson a revendiqué 102 parrainages de députés nécessaires pour se présenter, un chiffre accueilli avec prudence tant il dépasse les ralliements publiquement exprimés. Il s'est dit "bien placé" pour mener son camp, au pouvoir depuis 12 ans, lors des prochaines législatives prévues dans deux ans.
Largement en force dans les sondages, l'opposition travailliste appelle sans relâche à des élections anticipées.
"Les Tories sont sur le point de donner à Rishi Sunak les clés du pays sans qu'il n'ait dit un mot de la manière dont il gouvernerait", a tweeté la cheffe adjointe du Labour Angela Rayner, "personne n'a voté pour ça".
Mais selon le ministre de l'Intérieur Grant Shapps, l'un des soutien de Rishi Sunak, celui-ci entend s'en tenir au programme conservateur de fin 2019, promettant notamment un rééquilibrage pour les zones défavorisées.
A.Moore--AT