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Délinquance: le Japon met fin à son partenariat avec une émission controversée de Netflix
Le ministère japonais de la Justice a annoncé vendredi qu'il mettrait fin à sa collaboration sur une émission de rencontres controversée de Netflix mettant en scène d'anciens délinquants juvéniles, à la suite d'une vague de critiques dénonçant ce que certains qualifiaient de "glorification du crime".
Plus tôt ce mois-ci, le ministère avait lancé un partenariat inhabituel avec la série "Badly in Love" du géant du streaming, en publiant une affiche mettant en avant les acteurs de la saison 2, parmi lesquels figuraient des hommes couverts de tatouages.
"Badly in Love" met en lumière la sous-culture japonaise dite des "yankii" (délinquants) en réunissant sous le même toit des jeunes hommes et femmes au passé tumultueux et souvent criminel, notamment d'anciens membres de la mafia japonaise (yakuza) et de gangs de motards.
Depuis sa sortie en décembre, la série s'est révélée être un succès mondial inattendu. Netflix a indiqué que la saison 1 s'était maintenue pendant plusieurs semaines dans le top 10 de ses programmes les plus populaires en Corée du Sud, à Taïwan et à Hong Kong.
Le bureau de la réinsertion du ministère avait justifié cette collaboration en arguant que la manière dont la série dépeint l'enfance difficile des participants, leur rédemption et leur évolution personnelle correspondait à sa conviction selon laquelle "une personne peut changer".
Le ministère a fait la promotion de cette émission dans le cadre de cette coopération, et l'émission continuera d'être diffusée sans le soutien du gouvernement.
"Cette collaboration n'a jamais eu pour but d'encourager la criminalité ou la délinquance, ni de glorifier ou de banaliser ces actes commis par quelqu'un dans le passé", a déclaré le ministère dans un communiqué publié vendredi.
"Mais nous avons reçu de nombreux témoignages d'inquiétude et critiques selon lesquelles cela pourrait mettre mal à l'aise les personnes victimes d'actes criminels", a-t-il déclaré, ajoutant que ce partenariat allait prendre fin.
La saison 2 de "Badly in Love" a essuyé de vives critiques après la diffusion d'un épisode dans lequel l'un des participants a avoué avoir été arrêté, lorsqu'il était adolescent, pour avoir mis le feu à quelqu'un afin de prouver qu'il "ne se défilait pas".
L'annulation du partenariat "ne vise toutefois pas à remettre en cause les efforts visant à aider à la réinsertion des personnes ayant commis des crimes par le passé", a précisé le ministère.
Le producteur exécutif de "Badly in Love", Dai Ota, avait déclaré à l'AFP en avril qu'avant la diffusion de la saison 1, l'équipe de production avait mené "de longues discussions internes" afin de s'assurer que la série ne soit pas perçue comme "cautionnant la violence".
"Notre objectif était de montrer que ces jeunes — qui ont souvent été marginalisés ou qualifiés de "parias" — sont tout simplement des adolescents qui s'inquiètent, rencontrent des difficultés mais qui grandissent véritablement", a-t-il déclaré.
Ch.Campbell--AT