-
Inaction climatique: une ONG espère l'ouverture d'un procès historique en Suède en 2027
-
Colombie: un haut lieu touristique menacé par un incendie, partiellement contrôlé
-
Pékin confirme la visite de Xi aux Etats-Unis, en quête de "stabilité stratégique"
-
"L'avenir plutôt que les coupes sombres": les salariés de l'auto allemande refusent le déclin
-
Carburants, gaz pour l'hiver: l'exécutif sur tous les fronts
-
Wall Street ouvre en hausse, veut croire à la diplomatie
-
Ligue 1: au PSG, encore des imperfections
-
Trois civils tués en Afghanistan dans des frappes pakistanaises
-
Exclus de la Maison Blanche par Trump, trois médias américains saisissent la justice
-
Real Madrid: les mêmes maux, et toujours pas de remède
-
Les radios s'unissent pour pouvoir continuer à être écoutées dans les voitures
-
La ministre Catherine Chabaud dans le Sud pour rencontrer à nouveau des pêcheurs
-
Loi intégrale contre les violences sexuelles: les députés ouvrent les débats
-
Afghanistan: trois morts dans des frappes pakistanaises, selon les autorités talibanes
-
Crise automobile: des milliers de salariés mobilisés en Allemagne
-
Etats-Unis: un blessé par balle au Texas dans un nouvel incident impliquant la police de l'immigration
-
Législatives en Russie: le parti de Poutine remporte un nombre record de sièges
-
Assurances: face aux sinistres plus fréquents et plus coûteux, les tarifs grimpent
-
Allemagne: après un "désastre" électoral pour Merz, l'extrême droite évoque son "crépuscule"
-
Samlingen Haupt: Vad pengar avslöjar om oss människor
-
Haupt Koleksiyonu: Paranın Biz İnsanlar Hakkında Anlattıkları
-
हॉप्त् कलेक्शन: पैसा हमारे बारे में एक इंसान के रूप में क्या प्रकट करता है
-
Συλλογή Haupt: Τι αποκαλύπτει το χρήμα για εμάς τους ανθρώπους
-
Surf: Tya Zebrowski, la prodige des vagues
-
UE: 403 millions d'euros d'amende contre Google pour le traitement des données de géolocalisation
-
L'Indonésie peine à maîtriser des incendies, les fumées affectent la région
-
ハウプト・コレクション:お金が人間について明かすこと
-
Décès à 27 ans du mannequin Presley Gerber, fils de Cindy Crawford
-
하우프트 컬렉션: 돈이 우리 인간에 대해 드러내는 것
-
Колекція Гаупта: Що гроші розповідають про нас, людей
-
Après un "désastre" électoral, le chancelier allemand joue sa survie
-
Sbírka Haupt: Co o nás lidech prozrazují peníze
-
Dette française: il faut "faire des choix" pour éviter "une spirale", dit Roland Lescure
-
Chine: le président Xi se rend aux Etats-Unis en quête de "stabilité stratégique", confirme Pékin
-
La Bourse de Paris en hausse grâce à la baisse du pétrole
-
Carburants: "pas d'enjeu d'approvisionnement à ce stade" en France, assure Lescure
-
مجموعة هاوبت: ما يكشفه المال عنا نحن البشر
-
Sur l'internet pakistanais, 1,5 million d'enfants victimes de violences sexuelles
-
豪普特收藏:金錢如何揭露人類的本質
-
Colecția Haupt: Ce ne dezvăluie banii despre noi, oamenii
-
Kolekcja Haupta: Co pieniądze mówią o nas, ludziach
-
Collection Haupt : ce que l'argent révèle sur nous, les êtres humains
-
Gironde: après la "guerre du feu", l'urgente réparation des engins anti-incendie
-
Les Bourses européennes en hausse à l'ouverture, portées par la baisse du pétrole
-
En Syrie, une bibliothèque de textes islamistes cachée sous Assad sort de l'ombre
-
L'Indonésie peine à maîtriser des incendies qui noient toute la région dans la fumée
-
Trois blessés dans une explosion de mine dans la Zone démilitarisée en Corée
-
En Colombie, un village touristique menacé par le feu dans les Andes
-
Syrie: des explosions sur un site militaire près d'Alep font quatre blessés
-
Bornéo: la femme qui murmurait à l'oreille des éléphants
En Centrafrique, le défi de la réintégration des enfants soldats
Sur les bancs d’une école de Bria, dans l’est instable de la Centrafrique, des adolescents apprennent à manier le fil et l'aiguille pour laisser derrière eux la violence des groupes armés qui a marqué leur enfance.
"Ce n'est pas facile de leur donner cours. Il y en a qui ont gardé la violence, d’autres qui sont toujours très stressés", observe Christophe Yonaba, leur professeur.
Agés de 14 à 17 ans, ses apprentis couturiers sont d'anciens enfants soldats.
"Parfois ils restent là, muets, puis brusquement, ils s’agitent. Comme si quelque chose se bloquait", poursuit-il.
- Diamants "scintillants" -
Dans l'est du pays, fracturé par des années de conflits armés, ces adolescents tentent, avec l'aide d'une ONG locale, de surmonter leurs traumatismes pour construire leur avenir en dehors de la violence.
"Ils ont tous, à un moment donné, été capturés par des groupes armés", explique l'instructeur de 53 ans, qui leur donne cours depuis trois ans.
Avec ses 75.000 habitants, Bria, surnommée "la scintillante", à cause de son sous-sol riche en diamants, est le chef lieu de la préfecture de la Haute-Kotto, une région marquée par la présence persistante de groupes rebelles.
Le nombre de groupes armés a reculé en Centrafrique depuis le pic de la crise, passant d’une vingtaine à 14 reconnus par les autorités. Notamment grâce à une dizaine d'accord de paix et programmes de désarmement successifs depuis 2012 dont le dernier en date signé en juillet 2025.
Certaines factions et milices continuent cependant de contrôler de vastes zones, surtout dans l’est du pays, à la frontière avec le Soudan et le Soudan du Sud.
Depuis fin 2025, les combats entre l'armée et les rebelles s'y sont intensifiés, entraînant le déplacement de dizaines de milliers de civils, majoritairement des femmes et des enfants, à l'intérieur du pays et vers la République démocratique du Congo voisine.
- Violence du passé -
Au premier rang de la classe, où les bancs classiques ont laissé place à des machines à coudre, Awa (tous les prénoms des mineurs ont été modifiés, NDLR), n'avait que 14 ans lorsqu'elle a été enlevée par les membres de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), l’un des groupes rebelles les plus importants du pays.
Elle a été séquestrée pendant environ trois mois. De ses conditions de captivité, elle ne souhaite pas parler et préfère évoquer le présent : "aujourd’hui, je me sens bien. J’aime ce que je fais ici. Il y a d’autres enfants qui ont la même histoire que moi. On s'entraide dans le travail", confie la jeune fille à l'AFP, "heureuse", de pouvoir profiter "d'une sorte de normalité".
A 16 ans, Amadou, formé au métier de boulanger par l'ONG, fabrique chaque matin du pain et des beignets au four artisanal dans son village. Il a passé un an et demi dans les rangs de l'UPC : "On ne nous demandait pas de prendre les armes, mais on était là. Comme des domestiques. On faisait les tâches ingrates, sans repos. Et en plus, ils nous parlaient mal, avec des mots durs", raconte-t-il, laissant remonter des souvenirs douloureux.
Pour ces enfants, évoquer la violence du passé reste un exercice difficile.
Rachelle, qui apprend l'élevage avec Espérance, tient aussi à raconter son histoire. Pendant un an, alors qu’elle n’avait que 14 ans, elle a été utilisée comme esclave sexuelle. "Ils me forçaient à faire des choses. À la fin, je devais le faire, sinon les conséquences étaient graves" confie-t-elle avec courage.
De cette expérience, Rachelle ne dira pas plus. "Les pensées sont encore là. J’ai du mal à ne pas les voir", d'autant plus qu'elle demeure sans nouvelles de sa mère, kidnappée en même temps qu'elle.
- Demande en hausse -
En 2025, 52 élèves ont été accompagnés par l'ONG Espérance pour une réinsertion professionnelle.
En activité depuis 2016, l'association centrafricaine financée en partie par l'Unicef propose aux bénéficiaires un suivi psychosocial, en plus des formations.
Et les récentes opérations de désarmement ont contribué à une hausse de la demande: "Avant, on recevait peut-être un appel par mois. Aujourd’hui, c'est chaque semaine", explique Karl Malone, chargé de recenser les nouveaux cas d'enfants soldats dans la région de Bria.
"Cette année, on a reçu assez de financements pour aider 100 enfants", indique-t-il. Mais, "il y en a au moins 117 (au total) qui ont besoin d’aide. Et on ne peut pas les prendre en charge", souffle l'humanitaire.
Comme d’autres secteurs de l’aide humanitaire, l'ONG a été affectée par la baisse des financements internationaux, notamment ceux l’USAID, l'agence de développement américaine démantelée peu après le retour de Donald Trump au pouvoir aux Etats-Unis.
Selon le dernier rapport annuel du Secrétaire général des Nations unies, le recrutement et l’utilisation d’enfants par les forces et groupes armés restent la violation des droits de l’enfant la plus fréquente en Centrafrique, représentant 65 % des cas signalés.
D’après l’UNICEF, environ 2.000 enfants centrafricains seraient encore utilisés par des groupes armés.
P.A.Mendoza--AT