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A Barcelone, Pedro Sánchez réunit des dirigeants de gauche dans un front antiréactionnaire
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, fer de lance des voix s'élevant en Occident contre la guerre, rassemble samedi à Barcelone des dirigeants de gauche, dont le président brésilien Lula, avec l'idée de promouvoir une réponse commune face à la montée d'une "vague réactionnaire" dans le monde.
Parmi les principaux invités de ce sommet, qui se déroulera le même jour qu'un rassemblement de responsables européens d'extrême droite à Milan, dans le nord de l'Italie, figureront, outre le président du Conseil européen Antonio Costa, les chefs d'Etat sud-africain, colombien, uruguayen ou encore irlandais.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum est également attendue en Catalogne, une présence symbolique quelques semaines à peine après la reconnaissance par le roi Felipe VI, pour la première fois, de "nombreux abus" pendant la conquête espagnole de l'Amérique au XVIe siècle, un sujet de tensions entre Madrid et plusieurs pays d'Amérique latine, dont le Mexique.
Au côté vendredi de Lula, Pedro Sánchez a donné le ton sur l'objet de ce sommet de dirigeants progressistes "en défense de la démocratie" - le quatrième du genre - et qui a lieu cette année en pleine guerre au Moyen-Orient.
"Il est évident que la paix et les valeurs qui la soutiennent sont attaquées par cette vague réactionnaire, par les (régimes) autoritaires, par la désinformation, des fléaux qui menacent la solidité de nos institutions démocratiques", a-t-il déploré au cours d'une conférence de presse commune.
Comme à Pékin il y a quelques jours, le Premier ministre espagnol a appelé à "renouveler" et "améliorer" le système multilatéral international, face à ceux "qui, soit de façon active ou passive, le considèrent comme mort ou travaillent à saper (ses) fondements".
- "L'Espagne à l'avant-garde" -
Face aux journalistes, le président brésilien, qui avait rejeté dans un entretien publié jeudi par le quotidien El País l'idée d'un sommet "anti-Trump", a renchéri, fustigeant "l'extrémisme négationniste" et lançant un avertissement: "Lorsque la démocratie recule, un Hitler apparaît."
"Ce que nous voulons, c'est discuter pour voir si nous parvenons à trouver une solution pour renforcer le processus démocratique dans le monde afin de ne pas permettre (son) recul", a poursuivi Lula.
Parallèlement à ce rassemblement est également organisé samedi à Barcelone le forum de "Mobilisation progressiste globale" (GPM), auquel, en plus des mêmes dirigeants internationaux, des représentants d'organisations syndicales et autres chercheurs de plus de 40 pays prennent part depuis vendredi sous l'égide en particulier de l'Internationale socialiste, présidée par Pedro Sánchez.
Sur le plan diplomatique, en s'opposant fermement à la guerre livrée par les Etats-Unis et Israël à l'Iran, "il me semble que la position de l'Espagne est à l'avant-garde en Europe", a salué vendredi le président colombien Gustavo Petro à l'occasion d'un échange avec des médias espagnols.
Le chef de l'Etat colombien en a profité pour accuser le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir entraîné Donald Trump, avec qui ses relations se sont réchauffées ces derniers mois après plusieurs passes d'armes, au sein d'"un bloc très destructeur pour l'humanité".
L'affichage public d'un front international de gauche chapeauté par Pedro Sánchez coïncidera avec un rassemblement de l'extrême droite européenne à Milan auquel doivent prendre part le Français Jordan Bardella et le Néerlandais Geert Wilders, une semaine après la défaite électorale du nationaliste Viktor Orban en Hongrie.
M.White--AT