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Alimentation: le marché de Rungis veut s'étendre au nord de Paris
Le marché de gros de Rungis, à l'étroit dans les murs qu'il occupe depuis plus de 50 ans, prévoit de construire au nord de Paris des plateformes logistiques adossées à des activités de production agricole et de transformation, selon un rapport remis lundi au Premier ministre.
Baptisé "Agoralim", le projet veut couvrir les besoins "de la terre à l'assiette". Il mise sur la création de "4.000 à 5.000 emplois directs non délocalisables".
Son épicentre ? Le triangle de Gonesse, une enclave verte de 700 hectares dans l'est du Val-d'Oise, entre les aéroports de Roissy et du Bourget, dont 280 sont potentiellement urbanisables.
C'est là que des promoteurs prévoyaient de construire le mégacomplexe de commerces et de loisirs Europacity, finalement enterré fin 2019 par Emmanuel Macron.
Le devenir du site demeure un point de crispation, des défenseurs de l'environnement s'opposant à la création d'une gare de métro du Grand Paris express et d'une zone d'activités.
La Semmaris, société gestionnaire du marché de Rungis, propose de "sanctuariser" une centaine d'hectares de terres agricoles dans le sud du triangle, là même où devait s'installer Europacity. Et de développer sur cette plaine céréalière des projets de maraîchage, d'horticulture et d'élevage "selon les principes de l'agroécologie", adaptés aux besoins locaux.
A proximité de ces terres et de la future gare, elle suggère que soient construits une légumerie ainsi que des "équipements de formation, d'innovation et de sensibilisation au bien-manger".
Autour de Gonesse, la Semmaris a identifié trois sites qui pourraient accueillir des activités de distribution et de transformation de produits frais : Goussainville, Roissy-en-France et Bonneuil-en-France.
Le marché, "aujourd'hui occupé à plus de 97%, dispose de capacités limitées pour répondre à la hausse de la consommation alimentaire et aux évolutions des besoins des professionnels. Il y a donc un besoin important de disposer de surfaces supplémentaires d'entrepôts alimentaires frais", est-il souligné dans le rapport.
"Nous ne souhaitons pas artificialiser de nouvelles terres. On intervient sur des terrains qui sont déjà classés comme constructibles. La plupart du temps ce sont des friches ou des endroits où il y a eu des projets qui ont été abandonnés", affirme à l'AFP le président de la Semmaris, Stéphane Layani.
"Si les conditions sont réunies par les pouvoirs publics on pourra commencer à construire des choses dès 2025. Dès 2027, on aura engagé la majeure partie des travaux", ajoute-t-il.
La Semmaris est prête à investir 700 millions d'euros pour "l'acquisition du foncier, la construction et l'aménagement des activités de transformation et de distribution". Le financement du projet dans sa globalité suppose que des acteurs publics et privés soient prêts à investir 700 millions d'euros supplémentaires.
E.Hall--AT