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Trump fait dépendre l'aide à l'Argentine de la survie politique de Milei
"S'il ne gagne pas, nous partons": Donald Trump a menacé mardi de couper les vivres à l'Argentine si son allié, le président ultralibéral Javier Milei, était défait lors des élections législatives à la fin du mois.
"Je soutiens cet homme parce que sa philosophie est la bonne", a dit le président américain pendant une visite de son homologue argentin à la Maison Blanche.
"Je pense qu'il va gagner", a encore dit le dirigeant républicain en référence au scrutin du 26 octobre en Argentine, en assénant: "S'il gagne nous restons avec lui et s'il ne gagne pas, nous partons."
"Nos soutiens sont d'une certaine manière liés à qui remporte l'élection", a aussi déclaré le président américain.
Le message est on ne peut plus clair, alors que les Etats-Unis viennent de donner une bouffée d'oxygène à la troisième économie d'Amérique latine, malmenée sur les marchés financiers.
Le Trésor américain a annoncé jeudi un échange bilatéral de devises, dit "swap", pour 20 milliards de dollars, et une intervention directe sur le marché des changes, pour acheter et soutenir un peso sous pression, soulageant ainsi les réserves de la Banque centrale argentine.
L'annonce chiffrée est intervenue alors même que les Etats-Unis commencent à sentir les effets d'une paralysie budgétaire qui entre dans sa troisième semaine, en raison d'un blocage parlementaire qui ne semble pas près de se dénouer.
Elle contraste aussi avec la décision du gouvernement Trump de tailler massivement dans l'aide internationale au nom de la doctrine "America First" ("l'Amérique d'abord"). Cette approche diplomatique s'avère en effet compatible avec le soutien de gouvernements étrangers jugés idéologiquement proches de Donald Trump.
- Peso -
Le coup de pouce de la première puissance mondiale a soutenu le peso argentin, qui avait dégringolé la semaine dernière.
Vers 19H20 GMT, le peso lâchait 0,54% face au dollar, à 1.356 pesos pour un dollar. Il a perdu 23% depuis le début de l'année, bien qu'il ait légèrement atténué ses pertes depuis un mois du fait du coup de pouce de Washington.
Le soutien américain intervient à un moment critique pour le dirigeant argentin. Le 26 octobre, il fera face à des élections législatives de mi-mandat indécises, qui vont déterminer sa marge de manœuvre parlementaire et sa capacité à gouverner pour ses deux ans restants de présidence.
L'incertitude liée au scrutin - et au maintien ou non du cap d'austérité de Javier Milei - avait mis l'économie argentine à la merci de turbulences financières ces dernières semaines.
"Les Etats-Unis ont perçu cette attaque contre l'Argentine, contre les idées de liberté, contre un allié stratégique, et c'est pourquoi ils nous ont apporté leur soutien", a estimé M. Milei lundi.
Pour l'économiste et ancien président de la Banque centrale Martin Redrado, il s'agit purement "d'une assistance financière, une nouvelle passerelle", venant après l'aide du FMI en avril (prêt de 20 milliards).
"Mais l'Argentine ne peut pas aller de passerelle en passerelle", estime-t-il, d'où l'importance, après l'élection, "d'armer un programme législatif s'attaquant aux problèmes de production et d'emploi", dans un pays à plus de 40% d'emploi informel, et où le formel ne croit plus depuis 2011.
- Bolivie -
Au-delà de l'Argentine, le président américain s'est félicité de voir un certain nombre de pays d’Amérique latine se rapprocher des Etats-Unis.
"Il y a tellement de pays qui viennent vers nous", s'est-il réjoui.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a abondé dans son sens, en parlant de "8 ou 9, 10 pays, l'Argentine en tête, qui se sont alignés sur les Etats-Unis sur un sujet après l'autre lors d'événements internationaux". Il a mentionné spécifiquement le Costa Rica et le Salvador.
Le ministre, qui participait à la réunion avec le président argentin, a jugé que "l'une des évolutions les plus prometteuses" selon lui était la tenue dimanche d'une élection présidentielle en Bolivie. Elle verra s'affronter deux candidats de droite, après 20 ans de gouvernements de gauche dans le pays.
Donald Trump et Javie Milei n'ont pas évoqué devant la presse de possibles contreparties à l'aide américaine.
Javier Milei a nié à plusieurs reprises que les Etats-Unis aient demandé la fin de l'accord d'échange de devises existant déjà entre l'Argentine et la Chine, et renouvelé en 2024.
L'ambassade de Chine en Argentine a elle averti ce week-end que les Etats-Unis "devaient comprendre que l'Amérique latine et les Caraïbes n'étaient le jardin de personne".
M.King--AT