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Défilé du 14-Juillet: neuf minutes pour un ballet aérien millimétré
Moins de neuf minutes pour 65 avions. Du haut de l'Arc de Triomphe, les organisateurs du défilé du 14-Juillet s'assurent du complexe ordonnancement du ballet aérien, répété par les équipages depuis plusieurs jours.
Dès l'apparition du panache bleu, blanc, rouge de la Patrouille de France au-dessus de l'Arche de la Défense à l'Ouest de Paris, les aviateurs du "PC Etoile", juchés en haut de l'Arc de Triomphe, scrutent l'alignement des appareils jusqu'à la tribune présidentielle située sur la place de la Concorde et chronomètrent les temps de passage.
"C'est comme à l'habitude, sauf que ça n'est jamais l'habitude", philosophe le général Xavier Buisson, commandant la partie aérienne du défilé militaire, qui rassemble au total plus de 7.000 participants.
A la suite de la PAF, 12 tableaux représentent les différentes missions de l'aviation militaire française: défense aérienne, projection, supériorité aérienne ou encore le groupe aéronautique naval. Le tout en moins de neuf minutes.
Les "blocs", qui ont tourné sur une douzaine d'hippodromes d'attente s'étendant jusqu'à une centaine de kilomètres à l'Ouest de la capitale, se succèdent toutes les 40 secondes, soit une distance de 6 kilomètres entre les avions de chasse, 3,6 kilomètres pour ceux de transport, plus lents.
A partir du top départ, donné quand le chef de l'Etat s'assied à la tribune présidentielle, il faut neuf minutes aux avions pour arriver des hippodromes les plus éloignés.
"Aujourd'hui, les conditions de vol sont claires et on a également un vent qui est favorable et pas trop de turbulences, ce qui est essentiel pour la tenue de nos avions", observe le général Buisson.
- Drone et ravitaillement en vol -
Les turbulences peuvent être provoquées par le vent, la "convection thermique", c'est-à-dire la chaleur venue du sol, ou encore le sillage des appareils précédents.
Le passage du tableau "projection de forces" avec ses 4 énormes avions de transport A400M, dont un Espagnol, est à ce titre scruté avec attention.
Deux d'entre eux traînent des perches de ravitaillement en vol, illustrant une nouvelle capacité de l'appareil mise en service depuis quelques semaines.
Il n'y aura cependant pas de ravitaillement en vol lors du défilé, à 300 mètres du sol. "Sur Paris, ça peut être un peu compliqué, donc on ne va pas jouer à ça", sourit-il.
L'édition 2025 du défilé aérien marque également la dernière apparition en vol du KC-135, une des composantes de la dissuasion nucléaire aéroportée. Cet avion de ravitaillement en vol était entré en service en 1964 pour accompagner les Mirage IV, puis les Mirage 2000 et Rafale dans leur mission nucléaire.
Les trois derniers ont été retirés du service le 30 juin et laissent maintenant la place à 12 et bientôt 15 ravitailleurs A330 MRTT.
L'armée de l'air américaine continue elle d'exploiter 375 KC-135, sur les plus de 700 qu'elle avait reçu à la fin des années 1950.
Le drone de reconnaissance et d'attaque MQ-9 Reaper participe également pour la deuxième fois au défilé, piloté par un aviateur depuis sa base de Cognac, à plusieurs centaines de kilomètres de là.
Avant l'entrée en piste des 34 hélicoptères, un bombardier d'eau Dash-8 clôt le défilé des avions.
Mais avec la multiplication des feux dans le sud de la France, "on traitera en conduite comme on dit dans le jargon militaire", explique le général Buisson: "s'il y a des besoins (...), il interviendra sur les incendies et on ne le verra malheureusement pas".
T.Wright--AT