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TotalEnergies tient son assemblée générale des actionnaires à distance des militants du climat
TotalEnergies et son PDG Patrick Pouyanné se préparent, vendredi, à une nouvelle assemblée générale de ses actionnaires, plus tranquille qu'à l'accoutumée, mais contestée à distance par les militants du climat qui ont tenté de s'introduire au siège parisien de la banque BNP Paribas en l'accusant de soutenir les activités du groupe dans les hydrocarbures.
Pour la 2e année consécutive, le groupe français tient sa grand-messe des actionnaires à domicile à 14H00 dans sa tour du quartier d'affaires de La Défense, plus facile à sécuriser, et non dans un lieu de la capitale.
TotalEnergies, 4e entreprise pétrogazière au monde, avait expliqué l'an dernier vouloir éviter d'"immobiliser un quartier de Paris", comme en 2023, une édition émaillée d'échauffourées entre les forces de l'ordre et militants du climat.
Après deux éditions "marquées par de grands blocages sévèrement réprimés", les militants ont donc prévu une mobilisation à distance pour cette assemblée générale à la tonalité très classique, sans enjeu de taille pour le groupe qui doit tout de même jongler cette année avec la baisse de ses profits et la dégringolade des cours du pétrole.
Dans la matinée, une dizaine de militants de l'organisation écologiste XR, certains en costume de ville, ont brièvement franchi les grilles du siège de BNP Paribas, au coeur de Paris, avant d'en être violemment repoussés par des policiers, échouant à rentrer dans les locaux, à constaté un journaliste de l'AFP. Ils ont déversé de l'huile sur les escaliers, lancé des faux billets en l'air et collé des affiches à l'effigie de Patrick Pouyanné clamant "On tape sur Total et ses partenaires".
"BNP Paribas continue à financer les énergies fossiles, comme la SG (Société générale), la BPCE, les fonds d'investissement du CA (Crédit agricole). Aucune banque n'est complètement vertueuse, mais certaines sont quand même pires que les autres", a déclaré un porte-parole de XR. "Le bas carbone, c’est le futur de la banque", s'était défendu le directeur général de la banque Jean-Laurent Bonnafé lors d'une audition au Sénat en mai 2024 sur les obligations climatiques de TotalEnergies.
A l'heure de l'AG, "des centaines" de militants de diverses organisations prévoient de tenir une "contre-assemblée générale" dans Paris.
- "Clair" sur sa stratégie clame TotalEnergies -
Dans la rue ou devant les tribunaux, le groupe reste donc sous le feu des critiques, les défenseurs du climat lui reprochant d'aggraver le réchauffement climatique et de nuire à la biodiversité et aux droits humains, du fait de ses activités dans le gaz et le pétrole.
Le 5 juin, il affronte à Paris pour la première fois un procès pour "publicités mensongères", accusé par plusieurs ONG d'induire le consommateur en erreur en se présentant plus vertueux qu'il ne l'est au sujet de ses ambitions climatiques.
Le groupe répète que le pétrole et le gaz sont encore nécessaires pour répondre à la demande d'énergie mondiale et financer les investissements dans les renouvelables.
Mais au milieu des revirements sur la transition énergétique annoncés par les majors européennes Shell et BP, le groupe s'emploie à se démarquer en montrant qu'il est "devenue la société la plus engagée dans la transition énergétique parmi les majors" et qu'il "maintient le cap".
TotalEnergies prévoit d'ajuster ses investissements dans les énergies bas carbone, qui représenteront sur la période 2026-2030 environ un quart du total, selon son dernier rapport sur le climat, contre environ un tiers auparavant.
La stratégie est "claire", souligne-t-on dans le groupe, raison pour laquelle TotalEnergies ne soumettra pas au vote sa stratégie climat. Mais les ONG y ont vu une illustration "de la marche en arrière décomplexée de l'industrie fossile sur ses engagements humains et environnementaux", selon XR.
La tendance n'est pas propre à TotalEnergies pour cette nouvelle saison d'assemblées générales, qui s'annonce avec un nombre de résolutions sur le climat en recul, selon des spécialistes interrogés par l'AFP.
Dans un souci de "dialogue actionnarial", TotalEnergies a "décidé d'inscrire cette année à l'ordre du jour (...) un point formel pour débat", sans vote.
L'an dernier, plus d'un actionnaire sur cinq avait voté contre le bilan et la stratégie climatique du groupe, une proportion en hausse.
T.Perez--AT