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Panasonic supprime 10.000 emplois pour se renforcer face à une conjoncture incertaine
Le géant japonais de l'électronique Panasonic a annoncé vendredi engager des restructurations entraînant des liquidations d'activités et visant 10.000 suppressions d'emplois dans le monde, soit 4% de ses effectifs totaux, afin de "renforcer sa productivité" face à l'assombrissement de la conjoncture économique.
L'entreprise va "optimiser ses effectifs à l'échelle mondiale", une opération "ciblant 10.000 employés (5.000 au Japon, et 5.000 à l'étranger) dans les entreprises consolidées", "principalement" sur l'exercice décalé 2025-26 entamé début avril, a-t-elle indiqué.
Panasonic comptait fin mars quelque 228.400 employés. Ces suppressions d'emplois seront mises en oeuvre "conformément aux lois, règles et réglementations du travail de chaque pays et région", précise-t-il dans un communiqué.
Dans le cadre de sa restructuration, le groupe "examinera en profondeur l'efficacité opérationnelle" de chaque branche et filiale, "réévaluera le nombre d'organisations et d'effectifs nécessaires", et "encouragera la cessation d'activités déficitaires sans perspective d'amélioration des bénéfices, ainsi que l'intégration et la fermeture de sites".
Pionnier dans le domaine des appareils électroniques, des cuiseurs à riz aux magnétoscopes, le groupe nippon est devenu un géant mondial des appareils ménagers dans la seconde moitié du XXe siècle.
Il étend aujourd'hui ses activités au secteur de l'énergie et aux batteries automobiles (c'est le fournisseur de l'américain Tesla), un créneau où il se renforce vigoureusement à coups d'importants investissements.
Son horizon économique reste cependant complexe: sur l'exercice décalé 2024-2025 achevé fin mars, Panasonic reconnaît avoir dû affronter "un ralentissement progressif de l'économie mondiale".
Face à une reprise poussive en Europe et au Japon, la Chine, un marché essentiel, voyait son économie "souffrir d'une faiblesse persistante, principalement en raison de l'essoufflement du marché immobilier".
Panasonic a vu son chiffre d'affaires reculer en 2024-25 de 0,5% sur un an, à 8.458 milliards de yens (51,7 milliards d'euros), tandis que son bénéfice net fondait de 17,5% à 366 milliards de yens, le groupe expliquant ces contre-performances notamment par la liquidation de sa branche écrans à cristaux.
Dans un entretien au journal Nikkei le mois dernier, le PDG de Panasonic, Yuki Kusumi, avait jugé des réductions d'effectifs nécessaires pour appliquer les réformes destinées à accroître l'efficacité et la rentabilité du groupe.
"Pour rester compétitifs nous n'aurons d'autres choix que d'optimiser nos effectifs", avait-il commenté, faisant état de "jugements sévères" de la part d'investisseurs institutionnels suite à l'échec de restructurations engagées dans le passé.
Panasonic supprime des emplois quand il est déficitaire, mais les augmente progressivement quand la rentabilité revient, avait-il assuré.
-"Essoufflement de la demande"-
Grâce à ces nouveaux efforts de restructuration, Panasonic entend améliorer son bénéfice d'au moins 150 milliards de yens (918 millions d'euros), dont 70 milliards via "l'optimisation de ses effectifs".
Mais dans l'immédiat, la réforme s'annonce douloureuse: le bénéfice d'exploitation devrait se contracter de 13% en 2025-26 et le bénéfice net devrait plonger de 15%, notamment en raison du coût des restructurations, estimé à 130 milliards de yens (800 millions d'euros).
Panasonic mise par ailleurs sur une nouvelle chute de 7,8% du chiffre d'affaires sur l'exercice 2025-2026.
Son horizon ne s'éclaircit guère, à l'heure de l'offensive douanière lancée par le président américain Donald Trump qui bouleverse les chaînes de production du secteur électronique à travers l'Asie et cible fortement l'industrie automobile.
"L'impact des droits de douane", objet de négociations en cours, "n'est pas pris en compte dans ces prévisions, le groupe continuant de surveiller la situation et s'efforçant de minimiser ses conséquences", précise le communiqué.
Plus que jamais, Panasonic entend accélérer sur le secteur des batteries automobiles, qualifié de "domaine d'investissement prioritaire", mais il reconnaît "surveiller de près la demande, dans un contexte de changements continus de l'environnement commercial" avec "l'essoufflement de la demande de véhicules électriques".
T.Sanchez--AT