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L'ONU appelle Israël à cesser ses attaques en Syrie
L'ONU a appelé samedi Israël à cesser "immédiatement" ses attaques en Syrie voisine, après une intensification de ses frappes consécutive à des affrontements confessionnels.
L'une des frappes a visé vendredi un secteur voisin du palais présidentiel à Damas. Israël a parlé d'un "message clair envoyé au régime syrien" après les attaques contre la minorité druze pour laquelle les dirigeants israéliens ont pris fait et cause.
Une "dangereuse escalade", a réagi la présidence syrienne, après que le pouvoir du président Ahmad al-Chareh a réaffirmé son engagement à protéger toutes les communautés y compris les druzes, une minorité issue d'une branche de l'islam chiite.
Les violences illustrent l'instabilité persistante en Syrie, près de cinq mois après le renversement le 8 décembre du président Bachar al-Assad par une coalition de rebelles islamistes radicaux dirigée par Ahmad al-Chareh, devenu président intérimaire.
La chute de M. Assad est intervenue après environ 14 ans de guerre civile en Syrie durant laquelle Israël a mené des centaines de frappes contre des objectifs du pouvoir syrien et de ses alliés, l'Iran et le Hezbollah libanais. Et aujourd'hui, Israël considère avec la plus grande méfiance les nouvelles autorités de Damas, issues de la mouvance jihadiste.
"Je condamne fermement les violations continues et croissantes de la souveraineté de la Syrie par Israël, y compris les multiples frappes à Damas et dans d'autres villes", a indiqué dans un communiqué l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Geir Pedersen.
Il a demandé "que ces attaques cessent immédiatement et qu'Israël cesse de mettre en danger les civils syriens et respecte le droit international".
- "Prétexte" -
Les frappes se sont encore intensifiées après des violences confessionnelles en début de semaine près de Damas entre groupes armés liés au pouvoir et combattants druzes, qui ont fait plus de 100 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Samedi avant l'aube, plus de 20 frappes ont visé des sites militaires en Syrie, "les plus violentes" cette année d'après l'ONG.
L'agence officielle syrienne Sana a fait état d'un civil tué dans l'une des frappes qui ont visé, selon l'armée israélienne, des infrastructures militaires.
Les combats à Jaramana et Sahnaya, près de Damas, où vivent des druzes et des chrétiens, et à Soueïda (sud) ont été déclenchés lundi soir par une attaque de groupes armés affiliés au pouvoir après la diffusion d'un message audio attribué à un druze et jugé blasphématoire à l'égard du prophète Mahomet.
Un calme précaire a été rétabli mercredi après des accords entre représentants des druzes et du pouvoir. Des troupes gouvernementales ont été déployées à Sahnaya et la sécurité a été renforcée autour de Jaramana.
Les autorités syriennes ont mis en cause des éléments échappant à leur contrôle dans les combats.
Pour Andreas Krieg, spécialiste de la sécurité au Moyen-Orient à King's College London, "Israël cherche à utiliser la communauté druze, comme il l'a fait avec les Kurdes ou d'autres minorités (...) afin d'affaiblir ou de déstabiliser ses voisins arabes."
"Israël utilise manifestement maintenant (la défense de la communauté druze, ndlr) comme une sorte de prétexte pour justifier son occupation militaire (...) de certaines parties de la Syrie", estime-t-il.
- Déploiement israélien -
Samedi, Israël a rappelé que son armée était déployée dans le sud syrien sans dire où exactement. Il a affirmé que ses forces étaient "prêtes à empêcher l'entrée de forces hostiles dans les villages druzes".
"Leur présence serait limitée à la province de Qouneitra (sur le plateau du Golan), où ils ont établi des positions après la chute d'Assad", a dit à l'AFP un responsable local druze à Soueïda.
Israël, techniquement en état de guerre avec la Syrie, occupe depuis la guerre israélo-arabe de 1967 une partie du Golan syrien (sud-ouest). Dans la foulée de la chute de M. Assad, Israël a annoncé le déploiement de son armée dans la zone tampon démilitarisée du Golan, à la lisière de la partie occupée de ce plateau.
Après l'installation à Damas d'un pouvoir dirigé par des islamistes, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait "exigé la démilitarisation totale du sud de la Syrie" afin de "contrer toute menace" contre son pays.
Samedi, ses ennemis jurés, l'Iran et le Hezbollah, ont condamné les frappes israéliennes en Syrie, Téhéran accusant Israël de chercher à "détruire les capacités de défense" syriennes.
O.Ortiz--AT