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Elections locales britanniques: lourdes pertes pour Johnson à Londres
Le parti conservateur de Boris Johnson a perdu des conseils locaux clés à Londres lors des élections locales britanniques, selon les premiers résultats vendredi d'un scrutin qui a valeur de test pour le Premier ministre et s'annonce historique en Irlande du Nord.
L'opposition travailliste a remporté à Londres les conseils locaux de Westminster, dans les mains des Tories depuis sa création en 1964, Barnet ainsi que Wandsworth, "conseil favori" de l'ex-Première ministre Margaret Thatcher. Le maire travailliste de Londres Sadiq Khan a salué une victoire "historique".
Le Labour a également remporté Southampton (sud de l'Angleterre), mais en dehors de la capitale, le parti travailliste n'obtient pour l'heure que des gains limités, tandis que de plus petits partis, Libéraux-démocrates et Verts, décrochent de bons résultats.
Bien que marqués traditionnellement pas des enjeux très locaux et une faible participation, ces élections qui se sont tenues jeudi doivent notamment permettre de jauger l'étendue des dégâts du scandale des fêtes à Downing Street pendant les confinements, une affaire au long cours qui a valu à Boris Johnson d'être sanctionné par une amende.
Au pouvoir depuis 12 ans, les conservateurs se voient aussi reprocher leur soutien insuffisant à des ménages étranglés par l'inflation, qui devrait culminer cette année à plus de 10% selon la banque centrale.
Sur Twitter, l'ancien chef de cabinet de l'ex-Première ministre conservatrice Theresa May, Gavin Barwell a qualifié de "catastrophique" et de "coup de semonce" la perte de Wandworth et Westminster.
- "Partygate" contre "Beergate" -
Le président du parti conservateur, Oliver Dowden, s'est efforcé de tempérer, mettant ces "résultats difficiles" dans la droite ligne de ce que l'on peut attendre d'un scrutin qui intervient à mi-mandat.
Si un mauvais résultat risque de conduire certains députés de sa majorité à retirer leur confiance à Boris Johnson, le responsable du parti a estimé sur Sky News que les conservateurs devraient garder Boris Johnson à leur tête.
La popularité de Boris Johnson, 57 ans dont bientôt trois à Downing Street, s'est effondrée après le "partygate". Il a pour l'instant traversé la tempête, mettant en avant son rôle moteur dans le soutien occidental à l'Ukraine, et se dit déterminé à rester au pouvoir et mener la bataille des prochaines législatives en 2024.
Le Labour, principal parti d'opposition, espère bien tirer profit de ses faiblesses, même si son chef, Keir Starmer, 59 ans, a lui-même été accusé d'avoir enfreint les règles sanitaires pour avoir partagé bières et currys avec son équipe l'an dernier.
Pour l'heure, les résultats d'un peu plus d'un tiers des 200 conseils locaux en jeu sont tombés.
Attendu dans la matinée en Ecosse et au Pays de Galles, le décompte des voix a commencé en Irlande du Nord, où sont renouvelés les 90 élus de l'assemblée locale de Stormont. Les premiers résultats sont attendus vendredi après-midi, mais le décompte des voix dans le complexe système nord-irlandais doit se poursuivre samedi voire au-delà.
En Irlande du Nord s'annonce un séisme politique: les sondages donnent le Sinn Fein en tête de l'Assemblée locale pour la première fois en cent ans d'histoire de la province britannique, sous tensions depuis le Brexit.
Une victoire du Sinn Fein, l'ex-vitrine politique de l'organisation paramilitaire Armée républicaine irlandaise (IRA), propulserait sa vice-présidente Michelle O'Neill au poste de cheffe du gouvernement local, qui doit être dirigé conjointement par nationalistes et unionistes en vertu de l'accord de paix de 1998.
Elle amorcerait une possible redéfinition du Royaume-Uni: le parti prône une réunification avec la République d'Irlande, même s'il a relégué cette revendication au second plan au profit des questions sociales face à des unionistes ultraconservateurs.
Mais le risque d'une paralysie politique plane. Après avoir voté jeudi à Belfast, le chef des unionistes du DUP, Jeffrey Donaldson, a répété que sa formation refuserait de participer à un nouvel exécutif si le gouvernement britannique refusait d'agir face aux difficultés posées par les contrôles douaniers post-Brexit, qui selon les unionistes menacent la place de la province au sein du Royaume-Uni.
N.Walker--AT