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Entre présidentielle et législatives, un 1er-Mai très politique
Plusieurs dizaines de milliers de personnes défileront dimanche pour la traditionnelle Journée internationale du travail, à l'appel de nombreux syndicats et associations, qui espèrent faire entendre une semaine après le second tour de la présidentielle leur souhait d'une politique plus sociale et plus écologique.
"Il faut que la mobilisation du 1er-Mai soit la plus massive possible... Les citoyens, au-delà des syndicats, doivent aller dans la rue pour que les exigences sociales et environnementales soient portées haut et fort", a déclaré le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez dans Le Parisien samedi.
Sur France Inter, M. Martinez a noté qu'il s'agissait d'un "rendez-vous assez exceptionnel, une semaine après l'élection du président de la République". "Il faut qu'il y ait du monde", a-t-il insisté.
Deux cent cinquante-cinq points de rassemblement sont prévus dans le pays, selon la secrétaire confédérale CGT Céline Verzeletti, "vingt de plus" que l'année dernière. La dirigeante syndicale s'attend à une bonne mobilisation, même si ce 1er mai tombe un dimanche et pendant les vacances scolaires pour les zones A et C.
La manifestation parisienne partira à 14H30 de la place de la République, en direction de la place de la Nation.
De nombreuses figures politiques de gauche sont attendues, au premier rang desquelles Jean-Luc Mélenchon (LFI). Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou devrait également défiler dans la capitale, de même, sans doute, que son homologue du PS Olivier Faure. Le candidat PCF à la présidentielle, Fabien Roussel, sera à Lille.
Dans le contexte de négociations difficiles pour parvenir à un accord de toute la gauche en vue des législatives, M. Bayou a évoqué vendredi la possibilité pour la gauche de défiler sous une "bannière commune", "en soutien aux syndicats". Mais M. Mélenchon a un peu douché ces ardeurs dans le JDD samedi: "La photo de famille du 1er Mai, ce n'est pas le sujet! Le sujet, c'est le contenu du programme social qu'on appliquera".
En 2021, les organisateurs avaient revendiqué plus de 170.000 manifestants, dont 25.000 à Paris. Le ministère de l'Intérieur avait quant à lui fait état de 106.650 manifestants en France, dont 17.000 dans la capitale.
- La réforme des retraites en ligne de mire -
Au premier rang des revendications de l'intersyndicale CGT-Unsa-FSU-Solidaires, auxquelles se sont jointes les organisations étudiante et lycéennes Unef, VL, MNL et FIDL, "les questions des salaires, des services publics, de protection sociale et de transition écologique", selon un communiqué du 7 avril.
Contrairement à l'année dernière, la confédération Force Ouvrière n'a pas signé cet appel national. En revanche, l'Union régionale Île-de-France FO a cosigné un tract commun avec ces organisations et le secrétaire général de FO Yves Veyrier participera au point presse en amont de la manifestation parisienne.
Dans la matinée, M. Veyrier ira comme à l'accoutumée rendre hommage aux combattants de la Commune, devant le mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise.
La CFDT, premier syndicat de France, fait sans surprise bande à part, en organisant de son côté un "1er mai engagé pour le climat".
Dans la ligne de mire des organisations syndicales, la réforme des retraites, alors que le président Emmanuel Macron a fait du recul de l'âge légal de départ à 64 puis 65 ans un point cardinal de son programme.
Leur inquiétude est d'autant plus vive que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire n'a pas exclu lundi d'utiliser l'arme du 49-3 pour faire adopter la réforme.
Les associations et ONG mobilisées sur les questions environnementales seront également de la partie, à l'appel du collectif Plus jamais ça.
Les autorités seront par ailleurs attentives aux appels de l'ultra-gauche et de l'ultra-droite, alors que les dernières manifestations du 1er-Mai ont été émaillées d'incidents.
L'an dernier, des militants et des véhicules syndicaux avaient été pris pour cibles place de la Nation.
Cette année, la police attend à Paris quelque 300 activistes et "jusqu'à un millier de Gilets jaunes".
J.Gomez--AT