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Macron balaie "l'hypothèse" d'une hausse des impôts et d'un "désaccord" avec Le Maire
Le président Emmanuel Macron a exclu jeudi "l'hypothèse" d'une augmentation des impôts, malgré la dégradation des comptes publics, et défendu sa stratégie économique qui "produit des résultats".
Lors d'un déplacement à Bergerac (Dordogne), il a aussi balayé tout "désaccord" avec son ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, qui l'accompagnait, tout en désapprouvant l'idée d'un budget rectificatif pour 2024 évoquée par ce dernier.
"On doit répondre au choc conjoncturel" encaissé fin 2023, "plus brutal, plus rapide qu'attendu", a lancé le chef de l'Etat, en l'attribuant à la "récession allemande" ainsi qu'au "ralentissement italien et des économies européennes qui nous entourent".
Dans ce contexte, "la ligne est simple et a été réaffirmée: on garde le cap (plein emploi, réindustrialisation, réarmement de nos services publics) et on ferme tout de suite l'hypothèse de dire qu'on va régler ce choc conjoncturel par plus d'impôts, maladie française", a-t-il martelé.
Il faut répondre à ce choc de "manière appropriée et tout de suite", par de nouvelles "économies", a poursuivi le chef de l'Etat.
En déplacement au Canada, le Premier ministre, Gabriel Attal, a pour sa part assuré que "l'état des finances publiques était tenu". "Nous avons dépensé ce que nous devions dépenser et même un peu en dessous. (...) Donc on s'est adapté", a-t-il ajouté.
- "Les plus attractifs d'Europe" -
La France a indiqué mercredi anticiper désormais pour 2024 un déficit public de 5,1% du PIB, qui nécessitera de trouver encore 10 milliards d'euros supplémentaires cette année, pour un retour à 2,9% du PIB en 2027.
Le chiffre élevé du déficit 2024, initialement prévu à 4,4%, est la conséquence du fort dérapage enregistré en 2023, où il a atteint 5,5% du PIB au lieu des 4,9% prévus, en raison de recettes bien plus faibles qu'espérées, avait indiqué le ministère de l'Economie et des Finances.
"Il n'y a pas de désaccords dans la République française", a poursuivi le chef de l'Etat, interrogé sur ses dissensions présumées avec le locataire de Bercy.
"Il n'y en a jamais eu parce que ça ne marche pas comme ça et parce que ce n'est pas la manière dont on travaille depuis sept ans avec le ministre de l'Economie et des Finances", a-t-il assuré.
Emmanuel Macron a défendu également sa stratégie économique, jugeant qu'elle n'était pas "mauvaise", mais produisait au contraire "des résultats".
"On est les plus attractifs d'Europe, on a une des meilleures croissances de la zone euro, on crée des emplois et on se rapproche des autres (...) Et donc tout ça, c'est bon, il faut le garder", a-t-il insisté.
Il a aussi justifié sa décision de ne pas recourir à un budget rectificatif, qui pourrait ouvrir la voie de facto à une motion de censure de l'opposition.
"Ceux qui veulent des projets de loi de finances rectificatifs, pour beaucoup, c'est pour faire des impôts en plus, a-t-il lâché.
R.Chavez--AT